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"Comme à la maison", un lieu de répit et de ressources pour les salariés à horaires discontinus

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C.M. avec AFP / Localtis
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Emploi

Social

Hauts-de-Seine

Ce serait une première en France. Un lieu municipal d'accueil dédié aux salariés à horaires discontinus a été inauguré le 11 octobre à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Ces salariés (aide à domicile notamment) pourront s'y installer durant leurs heures de coupure pour se reposer, s'informer... Une réponse aux journées à "trous" et à l'éloignement domicile-travail. Et donc aussi au manque d'attractivité de certains métiers.

"Comme à la maison", lieu d'accueil inédit à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), sert désormais de havre de paix aux employés à horaires discontinus, travaillant notamment dans le secteur de l'aide à domicile. La mairie a transformé un espace municipal en centre-ville de 600 m2 (300 m2 dans un premier temps) en lieu où les personnes ayant des "trous" dans leur journée de travail pourront se reposer, prendre leur repas ou une douche, se former, se connecter (ordinateurs et wifi sont mis à leur disposition) ou encore se faire aider ou conseiller par un psychologue ou Pôle emploi.
Leur employeur - entreprise ou association d'aide à domicile - paye son écot (entre 12 et 25 euros par salarié et par an) pour que ses salariés puissent accéder à ce lieu, ouvert de 10h à 18h, aussi souvent qu'ils le souhaitent. Pour l'instant, quelque 160 salariés (sur les 380 potentiels recensés par la mairie dans la commune) peuvent accéder à "Comme à la maison", leurs employeurs ayant déjà signé une convention avec la mairie.
Progressivement les salariés à horaires discontinus des communes environnantes, puis ceux travaillant dans l'entretien ou la restauration pourront intégrer le dispositif, a expliqué à l'AFP le maire de la ville, Pierre-Christophe Baguet. "C'est le premier espace d'accueil pour les salariés à horaires discontinus en France. Avec ce lieu, on satisfait à la fois l'humain et l'économie. On améliore autant le bien-être des employés que des employeurs", s'est félicité l'élu LR en inaugurant le lieu vendredi 11 octobre.
La ville a investi 350.000 euros dans le projet. Département et région notamment aideront à son fonctionnement, à hauteur de 50.000 euros chacun. Le projet est porté par Seine Ouest entreprise et Emploi, l’agence de développement économique du territoire Grand Paris Seine Ouest.

Un élément pour recruter et fidéliser

La ville est partie d'un constat : "De nombreux salariés du secteur des services à la personne exercent un emploi à Boulogne-Billancourt mais n’y vivent pas : aides à domicile, gardes d’enfants, prestataires de ménage ou de restauration. Ils travaillent souvent à horaires discontinus, parfois à temps partiel. Entre deux séquences de travail, ces employés ne disposent pas toujours d’un lieu où effectuer leur coupure."
"82% des salariés à horaires discontinus n’ont pas la possibilité de rentrer chez eux pendant leur coupure et doivent trouver le moyen de s’abriter pour patienter parfois plusieurs heures (...). Comme à la maison apporte une solution innovante aux problématiques d’éloignement domicile-travail et de fragmentation du temps de travail. Les temps de pause ou d’inter-mission sont mis à profit pour se ressourcer, s’informer et se former", corrobore Seine Ouest entreprise et Emploi.
Boulogne-Billancourt mise sur le fait que ce dispositif incitera les salariés à "rester dans leur emploi" et pourra contribuer aux recrutements dans ce secteur de l'aide à domicile sur la ville, où les besoins devraient aller croissant.
Marcella, une Roumaine de 59 ans, qui est venue en France pour compléter sa pré-retraite d'expert-comptable (400 euros) en étant garde de nuit chez une nonagénaire, semble heureuse de pouvoir être accueillie dans ce lieu. "Je vais pouvoir venir chercher des conseils ici pour trouver d'autres emplois à faire pendant la journée", explique-t-elle à l'AFP. Armand Nseke, 58 ans, "premier inscrit à Comme à la maison" et lui aussi aide à domicile pour six personnes âgées ou fragilisées, se félicite de son côté de pouvoir "venir décompresser ici". Entre deux missions, il dit en avoir "marre de traîner dans les parcs ou sous les hangars ou dans les bouches de métro quand il pleut, on nous prend pour des clochards". "Là on pourra se reposer et ensuite être plus productif, plus à l'écoute", explique cet ancien professeur d'anglais.

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