Coronavirus : les transports au ralenti

Transports scolaires à l'arrêt, transports longue distance réduits drastiquement mais transports en commun locaux maintenus, avec toutefois des modifications de service : depuis ce 16 mars, l'offre de transport s'adapte pour limiter la propagation du coronavirus.

Alors que le confinement pourrait prochainement se durcir, les transports ont déjà dû s'adapter pour limiter la propagation du coronavirus. Fermeture des établissements scolaires oblige, les transports scolaires sont totalement à l'arrêt depuis ce 16 mars.
Les transports "longue distance" en trains, cars ou avions seront "progressivement réduits" dans les jours à venir, a déclaré la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, au cours d'une conférence de presse ce 15 mars. L'objectif est de "limiter au strict nécessaire les déplacements de longue distance, pour freiner la diffusion du virus", même si "tout le monde pourra retourner à son domicile" et qu'il "n'y aura pas d'arrêt brutal", a précisé la ministre de la Transition écologique. Après le passage de l'épidémie au stade 3, "chacun doit renoncer aux déplacements non essentiels, aux déplacements d'agrément", et se limiter à ceux liés à "la santé, l'alimentation", et au "travail, lorsque le télétravail est impossible", a souligné Élisabeth Borne.
Pour le transport aérien, alors que les réservations auprès des compagnies aériennes sont en chute libre, seuls "quelques vols à destination des États-Unis, de l'Afrique, quelques vols domestiques, et à destination de l'outre-mer" seront assurés, a précisé le secrétaire d'État aux transports, Jean-Baptiste Djebbari. Les aéroports resteront ouverts mais certains terminaux vont fermer : Orly 2 mercredi, et deux terminaux de Roissy dont le 2G, en "fin de semaine".

Trafic ferroviaire longue distance réduit progressivement

À la SNCF, "le trafic longue distance sera progressivement ramené à un train sur deux et celui des TER à deux trains sur trois", a-t-il dit. En revanche les transports en commun en agglomération tout comme les transports en taxi et VTC "seront maintenus, pour permettre aux Français d’accomplir les déplacements strictement nécessaires", a souligné le ministère de la Transition écologique. Les transports de marchandises sont aussi maintenus pour assurer le ravitaillement des commerces essentiels. "L’approvisionnement des stations-services est maintenu comme à son habitude", ajoute aussi le ministère.
À Paris et dans son agglomération, la RATP a toutefois annoncé à l'AFP ce 16 mars qu'elle allait réduire son offre de transports en commun à compter de demain mardi après avoir déjà observé une chute de moitié de la fréquentation ce lundi par rapport à la normale en semaine. Deux métros sur trois seront en circulation, 70% des bus et tramways, 60% des RER B et la moitié des RER A. Pour ces deux lignes de RER, les interconnexions seront maintenues. Mais ces prévisions restent "évolutives" a précisé le groupe.

Adaptation de l'offre en régions

En régions, les réseaux de transports urbains adaptent aussi leur offre pour faire face à la chute de la demande qui peut varier de 25 à 50% selon les territoires et même beaucoup plus en fonction des zones desservies (universités, par exemple) et des horaires (en soirée, vers les lieux culturels), indique, à Localtis, Claude Faucher, délégué général de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP). "Dans le cadre de leurs plans de continuité d'activité, nos entreprises, qui sont soumises à des obligations de service public, mettent chaque jour en place des plans de transport adaptés, qui sont absolument nécessaires pour que les personnels soignants notamment puissent se déplacer", souligne-t-il. "Mais elles ont à faire face à une double contrainte : avoir suffisamment de personnels disponibles, certains étant obligés de garder leurs enfants, et faire évoluer leur organisation pour limiter les risques de contagion parmi les personnels, en mettant en place des roulements dans les ateliers de maintenance, par exemple", explique Claude Faucher.

Gestes barrières

Les réseaux mettent aussi en œuvre les recommandations du gouvernement pour le respect des gestes barrières par les usagers en diffusant des informations dans les stations, les gares, etc. Certaines autorités organisatrices ont demandé à leurs réseaux de privilégier le paiement par carte bleue des titres de transport, voire de ne pas faire de vente à bord. Le réseau Astuce, de la métropole Rouen Normandie, a ainsi suspendu les ventes de titres de transport à bord des véhicules ainsi que la montée et la descente par l'avant.
Côté transports interurbains, la région Nouvelle-Aquitaine a demandé à l'ensemble de ses transporteurs d'appliquer, à partir de ce 16 mars, des mesures exceptionnelles comme la gratuité temporaire pour éviter le plus possible les contacts entre le conducteur et les usagers, la montée des voyageurs par la porte arrière des cars pour garantir la distanciation sociale et le renforcement du nettoyage des véhicules.

 

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