Décentralisation de la politique du logement, planification écologique : Christophe Béchu donne des gages aux intercos

Lors des voeux d'Intercommunalités de France, le ministre Christophe Béchu a assuré vouloir faire des CRTE l'outil opérationnel de la planification écologique et de les doter de moyens financiers pluriannuels. Il maintient aussi le cap de la décentralisation des politiques de logement tracé par son ancien ministre délégué Patrice Vergriete. En pleine crise agricole, le président d'Intercommunalités de France, Sébastien Martin, a proposé un programme de "Territoires d'agriculture", sur le modèle des Territoires d'industrie.

Ce n'est plus un portefeuille, mais un "attaché-case". C'est sur le ton de cette plaisanterie que le président d'Intercommunalités de France, Sébastien Martin, a accueilli le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu, récemment reconduit (voir notre article), lors des voeux de l'association dans les locaux du Cnam à Paris, mercredi 31 janvier. Et dans cet attaché-case, il y a le chantier de la décentralisation de la politique du logement laissé par son ancien ministre délégué Patrice Vergriete. "Ce sera un rendez-vous extrêmement important", a appuyé Sébastien Martin. "Nous disons banco", à condition de trouver une bonne articulation entre l'intercommunalité et le pouvoir régalien du maire, "une bonne intelligence territoriale". Une délégation d'Intercommunalités de France sera reçue dès jeudi à l'hôtel de Roquelaure pour avancer sur ce dossier, a indiqué le ministre, défendant le principe de cette décentralisation : "Il n'y a pas de sens que tout soit réglé depuis Paris", a-t-il dit, évoquant des "tensions insupportables" sur le marché du logement qui vont obliger à prendre des décisions sur les meublés de tourisme ou sur les bureaux vacants, 3,5 millions de mètres carrés rien qu'en Île-de-France... Autant de sujets qui nécessitent de s'adapter à la situation locale.

"Il faut faire cette décentralisation de la politique du logement", a insisté Sébastien Martin, prenant l'exemple de la plateforme "Mieux chez moi" mise en place à Angers, l'ancienne ville de Christophe Béchu, pour apporter conseils et accompagnement sur la rénovation énergétique et l’adaptation des logements au vieillissement et au handicap…

Doter les CRTE de moyens financiers pluriannuels

Le ministre est également revenu sur la planification écologique et les "COP régionales" auxquelles les intercommunalités se plaignent de ne pas avoir été suffisamment associées alors qu'elles avaient travaillé précédemment aux contrats de relance et de transition écologique (CRTE). "Dans les prochains jours, je réunirai les préfets pour évoquer la suite des CRTE", a indiqué Christophe Béchu. Surtout, il souhaite faire de ces contrats les outils opérationnels de la planification dotés de "moyens financiers pluriannuels". Une des difficultés des CRTE est qu'ils n'étaient pas dotés financièrement, a-t-il reconnu. Avec les CRTE, "on a fait le boulot de définir nos orientations (…) il est nécessaire de s'appuyer sur ces documents", a insisté Sébastien Martin, ironisant sur le questionnaire en "183" points qui a été envoyé aux élus dans le cadre des COP régionales.

Ces vœux se déroulaient à l'occasion de la journée Finances organisée par Intercommunalités de France en partenariat avec la Gazette des communes. En ouvrant ces rencontres, Sébastien Martin s'en est pris aux "injonctions contradictoires" voire "schizophrènes" d'un État qui demande de "dépenser moins mais d'investir plus", sachant que la transition écologique va nécessiter pour les intercommunalités de passer de 16 à 32 milliards d'euros en investissements. "On ne pourra jamais doubler sans avoir recours à l'emprunt", a-t-il dit, demandant que les dépenses "vertes" soient, sinon sorties des comptes, du moins calculées différemment.

Lors de ses vœux, Sébastien Martin est également revenu sur la crise agricole. Il a suggéré de lancer un programme "Territoires d'agriculture" conçu avec les agriculteurs, sur le modèle des "Territoires d'industrie", une "magnifique réussite", récemment reconduite (voir notre article).