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Santé - Des mesures pour améliorer la sécurité et les conditions d'exercice des professionnels de santé libéraux

Après celui consacré à l'hôpital en décembre dernier, Marisol Touraine a présenté le volet ambulatoire de la stratégie nationale d'amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé. Il s'agit en l'occurrence de "répondre aux attentes exprimées par les professionnels et aux enjeux du système de santé", en proposant "une stratégie nationale forte et volontariste, pour faire de la qualité de vie au travail une priorité politique". En l'occurrence, il s'agit aussi de renforcer l'attractivité de l'exercice libéral en répondant à un certain nombre d'inquiétudes des professionnels libéraux, notamment en matière de sécurité.

Les maisons de santé font partie de la réponse

Le lancement de ce plan en décembre dernier, d'abord pour les professionnels de santé hospitaliers, a déjà donné lieu à la création d'une mission nationale pour la qualité de vie des professionnels de santé, opérationnelle depuis le 1er février 2017, ainsi qu'à l'intégration d'un module "qualité́ de vie au travail" dans les maquettes de formation initiales médicales et paramédicales.
Le volet ambulatoire de cette stratégie nationale se compose de trois axes. Le premier consiste à améliorer les conditions de travail des professionnels libéraux. Il se traduit essentiellement par l'intégration de ces derniers au dispositif mis en place ou annoncé pour les professionnels de santé hospitaliers : intégration de la dimension ambulatoire à la mission qualité de vie au travail, amélioration de la connaissance sur les conditions d'exercice en ambulatoire, poursuite du soutien au développement de l'exercice coordonné dans les territoires (exercice en équipe à travers notamment les maisons de santé)...
Ce premier axe prévoit également d'adapter les formations initiales et continues à la prise en compte de la qualité de vie au travail, mais aussi - plus original - d'améliorer l'accès à la prévention et le suivi médical des professionnels de santé libéraux, avec en particulier une campagne à destination des étudiants et des professionnels de santé pour les inciter à prendre leur propre médecin traitant et à éviter les tentations de l'autodiagnostic.

Sécurité et prévention des risques psychosociaux

Le second axe est plus spécifique à l'exercice ambulatoire, puisqu'il vise à renforcer la sécurité des professionnels de santé libéraux. Sont notamment prévus à ce titre des actions de sensibilisation du grand public, un renforcement des accords santé-sécurité-justice de 2011 (avec en particulier l'instauration d'une conférence départementale annuelle), ou encore la diffusion et la généralisation des bonnes pratiques en matière de sécurité des soignants grâce à des actions d'information, de prévention et de formation. Le plan prévoit notamment la diffusion d'un "guide de prévention des violences en milieu de santé" et des actions développées avec les ordres professionnels.
Enfin, le troisième axe entend développer la prévention et la prise en charge des situations de souffrance au travail, avec un renforcement de l'information des professionnels de santé ambulatoires sur leurs propres risques psychosociaux, mais aussi le déploiement d'un dispositif d'écoute téléphonique accessible par un numéro national. Dans le même esprit, il est prévu de renforcer l'enseignement à la spécificité de soigner un professionnel de santé, comme l'illustre la récente création d'un diplôme universitaire sur les soins aux soignants, mis en place par les facultés de Paris-Diderot et de Toulouse.

 

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