Bourgogne-Franche-Comté

Lucas Boncourt pour Localtis

Dijon accueille une chaire universitaire dédiée à la smart city 

Infrastructures numériques, données

Smart city

La métropole de Dijon vient d’ajouter une brique à son projet ON Dijon en participant à la création d’une formation universitaire spécialisée dans le domaine de la smart city et de la gouvernance de la donnée. Principal élément de différenciation par rapport aux offres existantes :  la possibilité d’offrir des travaux pratiques in situ aux étudiants.

A la rentrée 2019, l’université de Bourgogne ouvrira une chaire universitaire consacrée à la smart city et à la gouvernance de la donnée. Son objet ? "Produire et transmettre de nouvelles connaissances juridiques, économiques, politiques... relatives à la smart city, avec la volonté d’aider à une meilleure compréhension des enjeux à venir et de soutenir indirectement le développement économique des acteurs impliqués par ces enjeux". Ce nouveau pôle d’enseignement et de recherche s’appuie sur des partenariats avec la chaire Entrepreneuriat territoire innovation de l’IAE Paris-Sorbonne business school, l’école urbaine de Sciences-Po Paris et son antenne dijonnaise et, enfin, le centre interdisciplinaire des études montréalaises de l'université MC GILL (Montréal). 

Une formation connectée au projet ON Dijon

Le programme comprend un axe "recherche" et un axe "formation". Il proposera un semestre dédié à l'enseignement (300 à 350 heures) et un semestre consacré à un stage et /ou à la rédaction d'un travail personnel encadré. La formation prépare à un diplôme de type master 2 ouvert aux candidats en formation continue comme aux jeunes diplômés et aux alternants. La particularité de cette formation à vocation internationale est d’être directement connectée au projet de smart city dijonnais ON Dijon (lire notre article). Les membres du consortium d’industriels du partenariat public-privé (Keolis, EDF et Enedis) participent ainsi directement à son financement à hauteur de 40.000 euros sur trois ans, la métropole apportant pour sa part 10 000 euros "pour contribuer au lancement du cursus". Les promoteurs du projet soulignent "l’ancrage dans le réel" de la formation et son caractère "unique, aucun projet de recherche comparable n'existant à ce jour dans cette envergure pluridisciplinaire". Concrètement, les étudiants et chercheurs pourront travailler sur des cas et notamment les "défis" lancés par la métropole autour de l’exploitation des données énergétiques, environnementales ou encore liées à la mobilité. Est du reste annoncé comme première production, "la réalisation d'un ouvrage collectif pluridisciplinaire consacré à la gouvernance de la donnée dans la smart city".

Les cursus smart city  essaiment sur le territoire

Si l’approche bourguignonne se singularise donc par les "travaux pratiques" qu’elle ouvrira aux étudiants, cette formation est loin d’être la seule sur le domaine de la smart city. Plusieurs grandes écoles d’ingénieurs telles que l’école nationale des ponts Paris Tech, Grenoble INP, Poly tech Lille ou encore l’école centrale de Nantes proposent des masters spécialisés. Le cursus de l’école des Ponts, conçu en partenariat avec l'École des Ingénieurs de la Ville de Paris (EIVP), propose par exemple une formation continue destinée à faire émerger des "ensembliers de la ville", capables de développer des offres intégrées et d’accompagner, partout dans le monde, la mise en œuvre de projets innovants de smart cities. Le MBA du pôle universitaire Léonard de Vinci (Paris) a cette même idée de former des spécialistes du "décloisonnement et de la coproduction" en proposant comme thèmes centraux les écoquartiers et le BIM (modélisation numérique du bâtiment). S’ajoutent à ces cursus les initiatives des industriels pour créer des cursus autour du "big data" qui est au cœur de la smart city. On citera le partenariat entre Cisco, Vinci Energies et le CESI ou encore les 11 écoles dédiées à l’intelligence artificielle que Microsoft va ouvrir cette année en partenariat avec Simplon (Issy-les-Moulineaux, Castelnau-Le-Lez…).  
Il restera à savoir si, en dehors des grandes métropoles, les collectivités pourront s’offrir ces profils qui sont également très prisés des grands groupes internationaux.

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