Élections de mars : et l'interco dans tout ça ?

Intercommunalités de France lance une campagne de communication grand public pour rappeler que les 15 et 22 mars prochain, les Français éliront leurs conseillers municipaux... mais aussi leurs conseillers communautaires. Pour redire, aussi, le rôle de l'interco dans la vie quotidienne de chacun. L'association publie en outre un sondage sur les paramètres qui vont orienter le choix des électeurs.

Les élections municipales, c'est dans deux mois. Municipales… et intercommunales. Aurait-on un peu trop tendance à l'oublier ou du moins à ne pas assez en parler ? L'association d'élus Intercommunalités de France entend en tout cas valoriser le fait que ce scrutin "compte double", à travers une vaste campagne de communication grand public qui va se déployer via un canal TV (TF1+), la presse en ligne et les réseaux sociaux – les adhérents de l'association étant en outre invités à démultiplier les messages via leurs propres réseaux. Le contenu qui pourra être diffusé : des posts, un bref spot animé de 20 secondes, deux vidéos pédagogiques de 2 minutes 30 sur le fonctionnement du scrutin et des intercos, ainsi que deux vidéos notamment destinées aux jeunes et réalisées en partenariat, l'une avec Brut, l'autre avec le youtubeur Jamy (@JamyEpicurieux). Toutes deux montrant et expliquant concrètement combien l'intercommunalité est présente et agit dans la vie quotidienne de chacun : ordures ménagères, transports, petite enfance, équipements sportifs et de loisirs, emploi…

Cette campagne ne sera sans doute pas superflue dans le sens où si le rôle de l'intercommunalité semble généralement plutôt bien identifié, à peine un tiers (31%) des Français interrogés dans le cadre d'un sondage Ifop réalisé par Intercommunalités de France disent savoir que les habitants des communes de plus de 1.000 habitants élisent les conseillers intercommunaux en même temps que les conseillers municipaux (les deux listes figurent sur le même bulletin). En rappelant que pour les communes de moins de 1.000 habitants en revanche, c'est toujours une seule liste et "l’ordre du tableau" qui vaut. Sébastien Miossec, le président délégué d'Intercommunalités de France, a d'ailleurs rappelé ce 15 janvier lors d'une conférence de presse que son association avait plaidé pour une extension du fléchage aux communes de moins de 1.000 habitants lors de la récente réforme du mode de scrutin, et que cela avait "failli" être adopté. Il relève d'ailleurs que selon le sondage Ifop, "85% des Français le souhaiteraient".

Intercommunalités de France a interpelé le service d'information du gouvernement (SIG) pour que l'État lui aussi communique sur la double vocation des élections de mars prochain. Et porte un vœu : que les professions de foi des candidats incluent, sous la forme d'un encart réservé, leurs propositions liées aux compétences intercommunales. Ce serait un pas important en termes de lisibilité. D'autant plus que les candidats sont nécessairement amenés, durant leur campagne, à évoquer leurs ambitions sur des sujets qui ne se géreront pas à l'échelle municipale mais bien à celle du bassin de vie.

De même d'ailleurs, en vue de ce que l'on nomme généralement "le troisième tour", autrement dit l'élection du président et vice-présidents de l'intercommunalité – qui doit avoir lieu au plus tard le quatrième vendredi suivant l'élection de tous les maires du territoire intercommunal, soit cette année le vendredi 24 avril –, il "serait utile que les candidats à la présidence le fassent savoir pendant la campagne municipale", estime Sébastien Miossec. Là encore, le sondage indique que 88% des Français sont de cet avis. L'association y voit "une exigence très forte de transparence sur une fonction clé mais encore peu incarnée politiquement".

Parmi les autres enseignements de ce sondage, dont a rendu compte ce 15 janvier Laurent Trogrlic, secrétaire national de l'association : le fait que le président de l'interco n'affiche pas d'étiquette politique est le plus souvent jugé positivement et l'importance accordée au programme et au bilan plus qu'à cette étiquette ; la fameuse "prime au sortant" vaut quasiment autant pour le président d'interco que pour le maire.

En termes d'enjeux thématiques jugés prioritaires par les sondés, Laurent Trogrlic constate une "évolution" : l'apparition "pour la première fois", en quatrième position, de l'enjeu "prévention de la délinquance". Les enjeux liés à l'environnement et aux mobilités restent toutefois dominants avec, dans l'ordre : distribution de l'eau, voirie, assainissement, déchets ménagers, transports urbains, prévention des inondations et sécheresses, rénovation énergétique des bâtiments…

 

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