Développement durable - Emissions de carbone : ces stations de ski qui cherchent à se blanchir
Les stations de ski sont propres, ce sont les touristes qui polluent ! Ce pourrait être, en résumé, le message de l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM) et de l'Ademe qui, mercredi 13 janvier au Sénat, ont présenté pour la première fois le "bilan carbone" de 10 stations*… Selon cette étude menée par le cabinet de conseil Solving Efeso, les remontées mécaniques, les dameuses et les canons à neige, ne représentent que 2% des émissions de gaz à effet de serre (GES) des stations. En revanche, le transport de personnes génère plus de la moitié des émissions (57%). Les visiteurs étrangers représentent à eux seuls 44% des émissions de carbone. Par ailleurs, les usages énergétiques des bâtiments représentent 27% des GES : 11% émanent des résidences et 16% des bâtiments liés au tourisme (hébergements, commerces, restauration).
Les déplacements constituent donc un enjeu majeur, a souligné Guy Fabre, directeur de l'Ademe Rhône-Alpes. De nombreuses solutions existent : forfaits combinés avec l'utilisation de transport en commun, covoiturage, sans parler du "vélo-ski", une pratique de plus en plus répandue chez les skieurs de randonnée qui rejoignent leurs montagnes à vélo, skis sur le dos ! "Une dizaine de territoires tracent la voie pour la centaine d'autres. C'est un moyen de sensibiliser les collectivités territoriales… mais surtout pas une façon de comparer un territoire à un autre", a expliqué Guy Fabre. Un outil de diagnostic carbone en ligne devrait d'ailleurs prochainement être mis en ligne sur le site de l'ANMSM.
Ces premiers bilans carbone s'inscrivent dans le cadre de la "Charte nationale en faveur du développement durable" lancée par l'ANMSM en 2007. 52 stations, soit plus de la moitié des stations de ski en France, l'ont signée à ce jour. Par ce geste, elles entendent afficher leur engagement en matière environnementale : changement climatique, aménagement et urbanisme durables et écoresponsabilité. Plusieurs communes ont déjà entrepris d'importants aménagements visant à réduire leur impact. A l'image de Chamrousse (Isère) qui inaugurera le 15 janvier une nouvelle télécabine en remplacement du téléphérique de la Croix de Chamrousse construit en 1957. Le chantier a permis de supprimer 20 pylônes, 8 km de câbles et 4 gares… Le sommet de la Croix de Chamrousse, aujourd'hui défiguré par de nombreuses installations (antenne-relai, station météo, gare, etc.) va lui-même s'offrir un lifting avec des équipements beaucoup mieux intégrés au paysage. Le mois dernier, la station de La Plagne (Savoie) a de son côté inauguré une chaufferie biomasse d'une puissance de 9.800 kW qui alimente en énergie 47 bâtiments (habitations, hôtels, commerces, etc.) pour un investissement de 4 millions d'euros. "C'est 4.000 tonnes de CO2 rejetées en moins dans l'atmosphère", a assuré Richard Broche, le maire de Mâcot-la-Plagne, lors de la présentation de ces résultats. A Saint-Lary Soulan (Pyrénées), dont le territoire est à 90% situé en zone protégée, une nouvelle télécabine vient d'entrer en service pour permettre aux vacanciers de relier le village à la station située 11 km plus haut, sans emprunter la route. Coût total : 14 millions d'euros.
Michel Tendil
*La Bresse (08), Les Deux Alpes (38), Le Corbier (73), Courchevel (73), Saint-Martin de Belleville (73), Morzine-Avoriaz (74), Les Orres (05), Saint-Lary Soulan (65), Valberg (06) et Val d'Isère (73).