En Creuse, une association teste avec succès la réouverture de l’auberge communale (23)

Bien décidés à redonner vie à l’auberge de Saint-Martin-Château (151 habitants), la municipalité et des habitants créent une association pour tester le temps d’un été la possibilité de l’ouvrir de nouveau. Le succès est immédiat. La dynamique est lancée et d’autres projets sont en cours.

Propriétaire des murs de l’auberge de la Cascade et d’un logement attenant, la commune de Saint-Martin-Château (151 habitants) l’a louée pendant plus de 20 ans à une dizaine de gérants successifs. Jusqu’en 2008-2009, où l’activité n’est pas reprise... "Les locaux commençaient à être vétustes, il fallait repenser un vrai projet", souligne le maire, Nicolas Derieux. Fin 2013, une trentaine d’habitants créent une association pour organiser des animations dans ce lieu emblématique du village. Au-delà, l’objectif est de réfléchir aux moyens de rouvrir l’établissement et de ne pas perdre la licence IV.

Le test durant l’été consolide le projet de réouverture 

"Pourquoi ne pas ouvrir l’auberge durant un été afin de tester son attractivité et de mobiliser les habitants autour du projet ?" Cette idée toute simple fait son chemin, et la trentaine de bénévoles de l’association décide d’ouvrir l’auberge durant l’été 2015 après y avoir effectué quelques travaux de rafraîchissement, grâce à une aide de 10.000 euros de la commune. L’association recrute alors deux cuisiniers et deux serveurs à mi-temps, auxquels les bénévoles apportent des coups de main réguliers, tout en poursuivant les animations régulières. Le test dépasse les espérances, avec une moyenne de 38 repas servis par jour. À l’issue de la saison, la municipalité invite les habitants à débattre les perspectives de ce lieu. Constatant que sa réouverture est fortement attendue, les élus et les membres de l’association recherchent un couple de gérants et décident de réaliser des travaux complémentaires. 
Après un premier échec en 2016, la mairie reprend les recherches, plus motivée que jamais. Elle se lance même dans des travaux plus ambitieux (150.000 euros, dont une aide de l’État via la DETR et du parc naturel régional de Millevaches en Limousin) afin de mettre l’auberge et le logement aux normes pour l’accueil de personnes handicapées, installer une chaudière à granulés, changer les huisseries... C’est finalement un jeune couple du territoire qui est sélectionné. Depuis deux ans, il a grandement fait ses preuves. 

Gérants et association des habitants ensemble pour animer le lieu

"Cette fois-ci, par précaution, nous avons d’abord signé avec le couple de gérants un bail précaire d’un an, renouvelé en bail commercial. Avec, la première année, un loyer très modeste (150 euros par mois), puis 400 euros pour les années suivantes, le tout pour la location du local commercial et du logement", poursuit le maire. Le couple ré-ouvre l’auberge au printemps 2017, et au fil des mois, le bouche-à-oreille consolide la clientèle. Depuis deux ans, le village a retrouvé l’animation apportée par ce lieu. Et même davantage qu’auparavant. Les animations, spectacles, concerts...- organisées par l’association peuvent attirer jusqu’à 150 personnes certains soirs. Un vrai soutien pour les gérants qui jouent la carte de la complémentarité de leur activité avec celle d’autres professionnels, comme un camion à pizza qui s’y installe chaque jeudi soir. Au-delà de la clientèle très locale, des habitants n’hésitent pas à parcourir 25 à 30 kilomètres pour participer aux animations. Les ouvriers qui travaillent sur les chantiers dans le secteur viennent aussi y déjeuner. 

Des logements temporaires pour personnes âgées et saisonniers 

La dynamique étant maintenant lancée, la municipalité a de nouveau sollicité l’avis des habitants sur le devenir des neuf chambres d’hôtel à l’étage, inoccupées depuis fort longtemps. "Il a été décidé de les transformer en trois logements intergénérationnels et temporaires : les personnes âgées, isolées dans leur habitation, pourront y passer l’hiver. Les saisonniers y trouveront un accueil adapté à leurs besoins." La mairie réinvestit pour cela 150.000 euros, soutenue par la région, une fondation et peut-être l’État (une demande de DETR a été déposée). Les travaux s’achèveront au printemps 2020. 

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