En vallée du Loir, les habitants bénéficient directement des économies d'énergie réalisées par les communes (72)

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Claire Lelong
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Environnement

Citoyenneté et services au public

Sarthe

Labellisé "territoire à énergie positive pour la croissance verte" (TEPCV), le pays de la vallée du Loir a mobilisé le dispositif des certificats d'économies d'énergie pour réaliser un vaste programme de rénovation énergétique des équipements publics communaux. Une partie des retours financiers ont été affectés au lancement d'un programme de rénovation énergétique de l'habitat privé. Ce cercle vertueux, né d'une "aubaine" financière ponctuelle, cherche aujourd'hui des solutions pour se pérenniser.

33 communes qui réalisent simultanément des travaux d'isolation des mairies, remplacent les chaudières des écoles ou les menuiseries des salles des fêtes, repensent leur éclairage public... avec 99 projets au total engagés en seulement 18 mois au service de la transition énergétique. C'est le pari relevé par le pays de la vallée du Loir, dans le triangle Le Mans - Angers – Tours. À l'origine de cette opération : le dispositif financier des certificats d'économies d'énergie (CEE).

Certificats bonifiés par le label TEPCV

En février 2017, le pays (PETR) de la vallée du Loir est labellisé TEPCV au titre du troisième et dernier appel à projet de l’État. 16 projets publics d'économies d'énergies sont alors soutenus sur le territoire avec 600.900 € de subventions. "Comme cette dernière vague était moins dotée financièrement que les précédentes, l'État nous a ouvert une enveloppe de 1,3 million d'euros de CEE bonifiés", indique la chargée de mission énergie-climat au sein du pays, Amandine Perriaud. Mis en place en 2005, les CEE permettent aux particuliers, entreprises ou collectivités qui réalisent des travaux d'économies d'énergie de solliciter une aide financière sur travaux auprès des fournisseurs d'énergie. Mais le rendement limité (10 à 15% de la dépense) et la complexité administrative pour les obtenir limitent leur intérêt pour les projets d’envergure limitée. "Bonifier le retour financier les rendait plus intéressants, notamment pour les opérations d'éclairage public, qui pouvaient obtenir jusqu'à 80% de CEE ! La mobilisation de ces primes a été un déclencheur de la dynamique chez nous."

Projets d'éclairage publics fortement financés

Le temps est cependant limité pour réaliser les projets et solliciter les CEE : 18 mois seulement, jusqu'à la fin de l'année 2018. "Nous avions la chance d'être prêts à enclencher directement les projets, souligne la chargée de mission. Depuis 2014, le pays sensibilisait aux économies d'énergie, de nombreux diagnostics des bâtiments et de l'éclairage publics ont été réalisés. Et notre plan Climat acté depuis 2016 a permis de concrétiser la démarche." Par souci d'efficacité, le pays a choisi de recourir à un prestataire pour instruire les demandes de certificats. "Ça a permis à tous de se saisir du dispositif, y compris les plus petites communes." Une fois l'accompagnement du prestataire déduit (300.000 €), l'intégralité de l'enveloppe disponible a été utilisée : 99 projets publics ont été menés, dont 44 pour des opérations d'éclairage public, très fortement pris en charge. À l'image de la commune de Loir-en-Vallée, dont le projet de 128.320 € a été intégralement financé : à 63% par les CEE, le solde étant sollicité au titre de la DSIL auprès de l’État.

Une enveloppe de certificats dédiée à la rénovation de l'habitat privé

Les élus du pays ont aussi fait le choix d'affecter 10% de l'enveloppe CEE (100.000 €) à la mise en œuvre du plan Climat. Objectif : financer une opération de rénovation énergétique de l'habitat privé, autre enjeu du territoire. En septembre 2018, le territoire a ainsi lancé un programme d'intérêt général (PIG) et mandaté un opérateur qui informe, propose des diagnostics gratuits et accompagne le montage des dossiers de subvention. Les CEE permettent de financer 30% de cet accompagnement sur 3 ans, le solde est pris en charge par l'Anah, le département de la Sarthe et un autofinancement du pays. L'objectif est de rénover 300 logements d'ici fin 2021, hébergeant les publics les plus précaires au plan énergétique. Les travaux sont financés par les dispositifs classiques de rénovation énergétique. Les premiers dossiers commencent à se concrétiser.

Pérenniser le cercle vertueux

Le dispositif des CEE bonifiés a lancé une vraie dynamique de rénovation énergétique des équipements publics et de l'habitat privé sur le pays de la vallée du Loir. Il a aussi installé l'énergie comme un sujet du quotidien. "Aujourd'hui, les communes ont pris l'habitude de nous tenir au courant de leurs projets de rénovation énergétique, même si les financements sont plus limités. Et elles s'intéressent également aux autres actions menées dans le cadre du plan Climat" assure la chargée de mission. La fin des CEE bonifiés n'a pas interrompu la dynamique : le pays a signé un nouveau contrat avec son prestataire jusqu'à la fin 2020 pour percevoir des CEE classiques et continue d'affecter 10% des CEE récoltés à la rénovation de l'habitat privé, même si les sommes ne sont pas de même ampleur. En parallèle, les élus négocient avec la région des Pays de la Loire pour intégrer plusieurs projets de rénovation énergétique publics dans le prochain contrat territorial régional.

Pôle d'équilibre territorial et rural de la vallée du Loir

Nombre d'habitants :

74791

Nombre de communes :

57
Rue Anatole Carré
72500 Vaas

Jean-Paul Beaudouin

Vice-président en charge du plan Climat Air Énergie

Amandine Perriaud

Chargée de mission Énergie-Climat
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