Enquête Génération 2017 du Céreq : des diplômes plus fréquents, toujours décisifs dans l’insertion professionnelle

Jusqu’à la crise sanitaire, les jeunes sortis en 2017 de formation initiale étaient globalement mieux insérés dans l’emploi que leurs aînés de 2010 : c’est ce qu’il ressort de l’enquête Génération 2017 du Céreq dont les premiers résultats ont été présentés ce jour. Si cette génération est plus diplômée que la précédente, ce qui explique en partie les meilleurs taux d’insertion vers un emploi stable, un tiers de ces jeunes étaient "en suspens" – pour des raisons diverses – ou "aux marges de l’emploi".   

"Plus diplômée que les précédentes, la génération 2017 est aussi mieux lotie en termes d'insertion professionnelle. Taux d'emploi, accès au CDI, salaires, les indicateurs virent au vert jusqu'au coup d'arrêt, temporaire, imposé par la crise sanitaire." Le Centre d’études et de recherche sur les qualifications (Céreq, ministères de l’Éducation nationale et du Travail) a présenté ce 10 mai 2022 les premiers résultats du nouveau volet de son enquête Génération. Ce dernier porte sur les "746.000 individus primo-sortants de formation initiale durant l’année scolaire 2016-2017, des sorties de l’enseignement secondaire sans diplôme aux sorties de l’enseignement supérieur avec un doctorat". L’enquête a consisté à interroger, entre septembre 2020 et mars 2021, 25.000 jeunes représentatifs de cette génération 2017 sur leur scolarité et leurs trois premières années de vie active. Le dernier volet de l’enquête portait sur la génération 2010, interrogée en 2013, en 2015 et en 2017.

Près de la moitié de cette génération 2017 est diplômée du supérieur 

Le Céreq observe que la génération 2017 est "encore plus diplômée" que celle de 2010 : "près d’une moitié (47%) des sortants sont diplômés de l’enseignement supérieur et presque quatre sur cinq (78%) sont a minima bacheliers". Entre les générations 2010 et 2017, la part des non-diplômés est passée de 16% à 12%, la part des titulaires d’un CAP ou BEP a diminué également "essentiellement au profit des bacheliers professionnels" et le poids des plus diplômés (bac+3 et plus) est passé de 30 à 36%. Les jeunes femmes sont "particulièrement concernées par ce mouvement", observe le Céreq, qui indique que ces dernières "représentent 60% des diplômés de master mais restent minoritaires à ce niveau dans les spécialités scientifiques et techniques (45%) ainsi que dans les écoles d’ingénieurs (38%)". Les formations en alternance concernent près d’un quart des jeunes représentatifs de la génération 2017, et ce désormais à tous les niveaux.

"L’accès aux études supérieures reste très marqué socialement : 57% des enfants de cadres sortent diplômés du supérieur long contre 8% des enfants d’ouvriers", ajoute le Céreq, qui analyse différents motifs de poursuite ou d’abandon des études – ressources financières, contexte personnel, accès au logement, préférences.

36% des jeunes "en suspens" ou "aux marges de l’emploi"

Neuf types de trajectoires ont été identifiés par le Centre d’études, dont "trois sont marqués par des configurations d’emploi dominant (64% des jeunes), quatre par une rupture dans le parcours (20%), deux par la faible présence de l’emploi (16%)". Parmi les deux tiers des jeunes qui entrent dans l’emploi, 30% "trouvent un emploi pérenne en 2 mois en moyenne et vont le conserver", 15% mettent en moyenne 18 mois pour accéder à un emploi pérenne, tandis que 19% travaillent "au travers d’une succession d’expériences reposant sur des statuts temporaires (CDD, intérim, emplois aidés...)". Cette dernière trajectoire "se retrouve peu ou prou à tous les niveaux de diplôme", alors que l’accès à l’emploi durable plus ou moins rapide concerne "plus des deux tiers des diplômés du supérieur long" et seulement 35% des diplômés du secondaire et 12% des non-diplômés. L’alternance est un accélérateur d’insertion, puisque 43% des jeunes issus de cette voie accèdent à un emploi durable, contre 25% pour les autres. 

20% des jeunes interrogés sont considérés comme "en suspens" pour des raisons variées : accès tardif à l’activité, du fait par exemple d’un service civique, "rupture" liée à une sortie d’emploi, reprise d’études ou démarrage d’une formation – qui concerne surtout les jeunes sortis sans diplôme professionnel. Enfin, "16% des jeunes demeurent aux marges de l’emploi", avec un parcours dominé par le chômage pour 12% d’entre eux et "une situation durablement hors du marché du travail" pour 4%. "Près de la moitié des non-diplômés sont dans l’un ou l’autre cas, qui ne concernent que 5% des diplômés du supérieur long", précise le Céreq. 

"Toutes trajectoires confondues, les deux tiers des jeunes auront été accompagnés" par les acteurs publics de l’emploi, les missions locales ayant suivi "presqu'un quart des jeunes, 7% bénéficiant de la Garantie jeunes".

Bientôt un nouveau volet sur la génération 2021, entre Covid et "explosion de l’apprentissage"

Jusqu’au premier confinement lié à la crise sanitaire, la génération 2017 était globalement "mieux insérée" que celle de 2010, du fait d’un taux de diplômés plus important mais aussi d’un contexte économique plus favorable. Le Céreq analyse l’impact de la pandémie, ayant frappé davantage les jeunes que le reste de la population active. Les non-diplômés ont été les plus "pénalisés dans leurs parcours" mais également ceux qui ont le plus profité du rebond estival de 2020.    

La cohorte 2017 sera réinterrogée en 2023, tandis que la génération 2021, celle des jeunes qui "auront fini leurs études et commencé leur vie active en pleine période du Covid" mais qui auront aussi "profité de l’explosion de l’apprentissage", donnera lieu à une nouvelle enquête à partir de 2024.

 

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