Eolien terrestre : vers de nouvelles annonces pour renforcer l’acceptabilité sociale

Le groupe de travail, lancé à l’initiative du ministère de la Transition écologique pour répondre aux griefs sur l’éolien terrestre, planche sur plusieurs pistes permettant tout à la fois d’associer pleinement les élus locaux et de lutter contre la saturation paysagère. Une copie très attendue alors que les oppositions font de plus en plus entendre leur voix. 

A l’occasion de l’examen, à l’Assemblée nationale, ce 3 décembre, dans le cadre de la niche réservée au groupe LR, d’une proposition de loi (PPL) visant "à raisonner le développement de l’éolien" présentée par le député Julien Aubert, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili a redit son engagement pour "un éolien apaisé et harmonieux qui s’intègre dans la vie des territoires et des habitants", mesurant "l’importance d’apaiser les clivages locaux, les oppositions parfois fortes des riverains".

Dans une niche parlementaire, le temps est compté. A minuit tout s’arrête. La séance a donc tourné court, sans que la totalité de la PPL ne soit examinée. Un intervalle néanmoins suffisant pour que le député LR du Vaucluse,  qui prône "une position d’équilibre", notamment en ce qui concerne la localisation des éoliennes par rapport aux habitations, croise le fer avec la ministre. Élu d’un territoire où l’éolien est peu développé, Julien Aubert n’en a pas moins blâmé "un développement anarchique", selon une "fausse politique d’aménagement du territoire",  conduite "au petit bonheur la chance", et appliquée par les préfets, tandis que les élus locaux "n’ont pas leur mot à dire". Cible des critiques, la répartition inégale des éoliennes sur le territoire,  - sur les près de 2.000 parcs éoliens implantés en France métropolitaine, un quart sont situés dans les Hauts-de-France et 20% dans le Grand Est -, "avec parfois un effet de saturation important", relève-t-il. Un argumentaire d’ailleurs alimenté par la récente décision du tribunal administratif d’Amiens, venue retoquer un projet de construction d’éoliennes dans la Somme, notamment en raison de l’effet d’encerclement de villages proches (voir notre article). "Oui, nos champs d’éoliennes ont parfois été trop concentrés, donnant parfois localement un sentiment de saturation. Qui le nie ?", a reconnu la ministre, néanmoins pas persuadée que cette PPL donne les moyens de répondre à ces enjeux. 

 

Augmenter la distance avec les habitations : pas la solution

"La loi prévoit déjà au moins 500 mètres d’écart", et rien, a-t-elle insisté, "n’interdit d’imposer au cas par cas des distances plus élevées, ce qui est d’ailleurs le cas, en conséquence de certaines études d’impact". Le ministère travaille, depuis près d’un an, avec l’ensemble des parties prenantes, pour répondre aux griefs adressés à l’éolien terrestre. Des mesures seront annoncées "très vite", promet la ministre, qui assure vouloir "agir concrètement" : "bruits, balisages, empreinte en fin de vie de l’installation, ce sont des réalités dans les territoires et nous devons en tenir compte pour les réduire (…)".

Barbara Pompili s’est également dit convaincue "que les projets les mieux acceptés sont ceux qui favorisent l’implication des collectivités et des citoyens". Rappelant au passage que les élus locaux sont déjà obligatoirement consultés lors de l’enquête publique. Et la loi Asap améliore également l’information de la commune d’implantation et des communes limitrophes. La ministre est toutefois prête à aller plus loin pour "faire en sorte que les territoires puissent se saisir pleinement du sujet des implantations éoliennes et de leur planification énergétique, dans une vraie réflexion territoriale, car la confiance et la prévisibilité sont des enjeux clés".

Des outils peuvent là encore déjà les y aider. A l’exemple des schémas de développement de l’éolien. Lutter contre la saturation est "tout autant indispensable", a-t-elle relevé, tout en soulignant que "plus de 80% du territoire est inaccessible à l’éolien terrestre" (radars militaires ou météo, zones d’entraînement aérien, balises de radionavigation etc.). Libérer de l’espace pour construire de l’acceptabilité et veiller à la qualité de l’intégration paysagère, une vraie gageure. "Là aussi, mon ministère sera au rendez-vous (…) pour parvenir aux meilleures solutions", a-t-elle cependant conclu.

 

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