Emploi - Et maintenant... un Conseil indépendant pour la croissance et le plein-emploi

Le ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique, Arnaud Montebourg, a annoncé, jeudi 17 avril, le création d’un Conseil indépendant pour la croissance et le plein-emploi.
Ce conseil sera présidé par Jean-Paul Fitoussi, de l’Institut d’études politiques de Paris, et sera composé "d’économistes internationaux de haut niveau", dont Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, et Peter Bofinger, membre du conseil des sages auprès d'Angela Merkel, précise le ministère de l'Economie dans un communiqué.
Le conseil aura "pour mission principale de nourrir l'action du gouvernement pour renforcer la croissance en Europe". Il fournira "des analyses indépendantes sur des propositions en débat" et "rendra également des avis à la demande du ministre". Ses avis seront confidentiels sauf si le Conseil des ministres en juge autrement. Il se réunira plusieurs fois par an, "au moins une fois par trimestre".
Jean-Paul Fitoussi et Joseph Stiglitz ont déjà travaillé ensemble puisqu’ils siégeaient au sein de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social, installée sous Nicolas Sarkozy.
Présenté comme un néo-keynésien, Joseph Stiglitz avait qualifié de "suicide" les politiques d’austérité appliquées par l’Espagne et la Grèce qui, selon lui, n’ont fait qu’augmenter le poids de la dette publique par l’effondrement des recettes fiscales. Il est également très critique envers l’euro, considérant que la sortie de la monnaie unique pourrait être une voie de salut pour certains pays.
Jean-Paul Fitoussi considère pour sa part que le plein-emploi est atteignable à condition d’investir massivement dans les nouvelles technologies ou les énergies renouvelables et en lâchant du lest à Bruxelles sur le dogme de la concurrence. Deux visions pas tout à fait en accord avec les orientations prises par le Premier ministre, hier.
Peter Bofinger, enfin, est à l’origine du salaire minimum dont l’Allemagne se dotera à partir du 1er janvier 2015. Ce "smic" allemand est fixé à 8,50 euros brut de l’heure, contre 9,53 euros en France. Une caution après les récentes déclarations du président du Medef, Pierre Gattaz, sur le niveau du Smic ou celle de l'ancien directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, préconisant des petits boulots payés en dessous du Smic.

 

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