Tourisme / Finances - Euro 2016 : des hôteliers menacent de ne pas reverser la taxe de séjour aux collectivités

Dans les dix villes qui accueilleront du 10 juin au 10 juillet le championnat d'Europe de football, des hôteliers menacent de "consigner" la taxe de séjour qu'ils collecteront durant la compétition. L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) et le Groupement national des chaînes hôtelières (GNC) les appellent à procéder de la sorte pour dénoncer le fait que les sites de location de meublés ne collectent toujours pas la taxe, alors que la loi de finances pour 2015 a rendu possible l'opération. Ce n'est pas la première fois que les deux organisations professionnelles protestent. Cette fois, elles ont initié une action-choc en réaction à l'annonce par la plateforme Abritel-Homeaway de la conclusion d'un partenariat avec l'UEFA pour l'Euro 2016.
L'Umih et le GNC dénoncent l'iniquité fiscale que subissent les hôtels français. Alors qu'ils n'hébergent que 50% des touristes, ces derniers collectent 95% de la taxe de séjour en vue de la reverser aux collectivités et aux EPCI à fiscalité propre.
Dans un communiqué, Vincent Wermus, directeur général de HomeAway France se dit "surpris" par un débat qui témoigne d'une "méconnaissance manifeste du fonctionnement des plateformes de locations de vacances". Sur un plan technique, Abritel-HomeAway "n'est pas en mesure de déterminer le montant de la taxe de séjour applicable ni de la collecter", souligne-t-il. En outre, la plateforme se défend de manquer de bonne volonté sur ce sujet. Elle en veut pour preuve sa collaboration avec la mairie de Paris et les pouvoirs publics pour la mise en place d'une "collecte simplifiée de la taxe de séjour".
Si l'appel lancé par l'Umih et le GNC est entendu, 7,5 millions d'euros pourraient manquer provisoirement dans les caisses des dix villes hôtes de l'Euro de football, estime l'Association nationale des élus des territoires touristiques. Son président, le député-maire d'Evian-les-Bains, Marc Francina déclare, dans un communiqué, manifester "sa plus vive désapprobation" quant à l'initiative des hôteliers, qu'il juge "illégale, contre-productive et déraisonnable".
Les dix villes dans lesquelles se dérouleront les matchs du championnat d'Europe sont Bordeaux, Lens, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Paris, Saint-Denis, Saint-Étienne et Toulouse.

 

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