Évolution vers une mobilité durable

Les mobilités du quotidien ont un impact direct sur le climat et la qualité de vie des Français. Elles représentent ainsi un enjeu important pour les collectivités et les entreprises qui imaginent des solutions concrètes pour aller vers des mobilités plus durables et plus inclusives, au service de territoires plus attractifs.

Comprendre les enjeux et convaincre

S'engager dans la transition écologique 

Alors que la dépendance à l’automobile reste majeure sur de nombreux territoires, les collectivités font face à plusieurs enjeux :

  • Réduire les impacts climatiques et de santé publique (pollution atmosphérique, bruit)  liés à l’utilisation de la voiture et, plus largement, des véhicules thermiques, y compris utilitaires et de transport collectif ;
  • Faciliter les déplacements individuels et collectifs du quotidien en développant notamment une palette complète de services de mobilité ;
  • Gérer de nouvelles formes de mobilité en centre-ville.

Ces enjeux communs à tous les territoires deviennent des obligations dans les « zones à faible émission mobilité » (4 métropoles déjà concernées).
 

Une mobilité décarbonée

La décarbonation passe par :

  • la réduction des émissions produites par les véhicules. L’un des principaux enjeux est le passage à l’électrique, autant que possible avec des véhicules d’une taille adaptée au besoin de mobilité, mais aussi au biogaz et à l’hydrogène pour les mobilités plus lourdes (bus, véhicules utilitaires…) ,
  • la réduction de l’usage des véhicules,
  • le développement de toute forme de mobilité partagée (transports en commun, covoiturage, free-floating, etc.),.
  • une optimisation des circuits de la logistique urbaine.  

Cette décarbonation des mobilités constitue d’autant plus un défi dans certains territoires à faible densité.

La loi TECV a également créé des obligations, depuis le 1er janvier 2020, pour les autorités organisatrices de la mobilité en termes de renouvellement de leurs flottes de véhicules de transport collectif, dès lors qu’elles dépassent une certaine taille, pour concentrer leurs acquisitions, à 50 % minimum, puis à 100 % à compter du 1er janvier 2025 sur des motorisations moins émissives (notamment électrique, GNV et hydrogène pour les autorités organisatrices de plus grande taille).
 

L'enjeu des territoires peu denses

La notion de « territoire peu dense » reste difficile à objectiver :

  • Selon l’INSEE,  il s’agit d’une « commune n’appartenant pas à une unité urbaine ». L’unité urbaine étant traditionnellement définie par la contiguïté de l’habitat
  • Selon la littérature académique, il s’agirait d’un secteur « à faible densité » - avec de fortes variations des densités retenues (inférieures à 30 hab/km2 ou à 65 hab/km2).

Les territoires peu denses sont divers : périurbain, rural polarisé ou rural isolé.

Ils connaissent des dynamiques démographiques différenciées et n’ont donc ni les mêmes besoins ni les mêmes moyens.

L'objectif de mobilité propre est d'autant plus ambitieux dans ces territoires que la voiture y est le premier mode de transport. En effet, selon le baromètre des mobilités, les habitants des communes peu denses ont environ deux fois plus tendance à opter pour ce mode de transport.

À l'inverse, les communes très denses observent une tendance à la diversification des pratiques de mobilité (transports communs, marche à pied, vélo, etc.).

Il est donc difficile de s’appuyer sur des dispositifs préconçus, d'où l'importance de travailler des solutions sur mesure, pensées avec les habitants et en dialoguant avec les territoires limitrophes.

Aux termes de la LOM, les collectivités (communes et EPCI) des zones peu denses ne faisant pas partie du ressort territorial d’une autorité organisatrice de la mobilité locale ont jusqu’au 31 mars 2021 pour opter pour la prise de la compétence mobilité, qu’elles devront exercer, le cas échéant, à compter du 1er juillet 2021.
 

Les outils numériques au service d’une mobilité intelligente

Le premier rôle que peut jouer le numérique est celui de la facilitation et de l’amélioration de la gestion des flottes : réduction des coûts, maintenance prédictive, etc. C’est un levier de transformation qu’il importe de ne pas sous-estimer, en particulier pour les entreprises de transport et les collectivités qui les mandatent.

S’ajoutent à cela les différents types de service que l’on peut apporter aux clients. Il y a quelques années, l’information voyageur était perçue comme un service additionnel. Elle est aujourd’hui devenue un élément nécessaire, pour ne pas dire indispensable, dans les contrats de délégations de services publics que les collectivités passent avec les opérateurs.

Parmi les nouveaux services rendus possibles avec l’arrivée du digital :

  • les services liés à la géolocalisation via son smartphone pour mieux se situer,
  • le partage d’informations,
  • le suivi en temps réel du trafic pour fluidifier les déplacements,
  • le coût et le bilan carbone des offres de mobilité,.
  • l’ensemble des outils d’informations sur les services de mobilité, d’accès à ces services et des outils de tarification.

 

Une demande forte de transports en commun

Selon les chiffres du baromètre des mobilités du quotidien, les Français sont prêts à changer leurs habitudes sous certaines conditions :
 

  1. Une plus forte proximité des infrastructures de transports en commun 
    Pour qu’ils puissent davantage prendre les transports en commun, les Français déclarent qu’il leur faudrait en moyenne :
    • un arrêt de bus ou de car à 8 minutes de chez eux,
    • un arrêt de tramway à 14 minutes,
    • une gare à 16 minutes,
    • une station d’autopartage à 20 minutes,
    • une station de covoiturage à 15 minutes.
  2. Une offre de transport en commun plus accessible et plus confortable
    Une partie assez importante de la population déclare qu’elle serait prête à privilégier les transports en commun à la voiture si :
    • la fréquence des transports en commun était plus élevée
    • un titre de transport unique était proposé pour se rendre à un endroit en utilisant des moyens de transports différents
    • les transports en commun étaient modernisés, avec plus de confort, de places assises et avec un accès au Wi-Fi.

Les bénéfices multiples des mobilités alternatives

Le covoiturage, les transports urbains, la trottinette, le vélo, la marche à pied, etc., il existe une grande variété de mobilités alternatives et plus douces.

Avec la crise sanitaire, le vélo est devenu en quelques mois un incontournable de la mobilité du quotidien. Les collectivités se sont saisies de cette situation en accompagnant le développement d’aménagements cyclables.

Au-delà de ce nouvel engouement, les arguments en faveur de ces mobilités dites douces sont multiples :

  • la baisse des émissions de gaz à effet de serre,
  • un enjeu de santé publique : adopter une mobilité alternative peut permettre d’allier déplacement et pratique sportive dans le cas du vélo ou de la marche à pied par exemple,
  • un gain de temps : les embouteillages se multiplient en ville. Bien souvent un même trajet effectué en voiture sera plus long qu'en transport en commun.

Il paraît toutefois essentiel que la collectivité garde une certaine maîtrise du déploiement de ces services, de leurs interactions et de leur acceptabilité.

Pour aller plus loin