Saône-et-Loire

Faire vivre la candidature Unesco du Charolais-Brionnais : un projet mobilisateur (71)

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En 2011, le Pays du Charolais-Brionnais s'est lancé dans une candidature Unesco pour faire reconnaître son "paysage culturel" façonné par l'homme pour élever la vache charolaise. Une démarche de longue haleine qui constitue un puissant outil de mobilisation locale.

"La candidature Unesco du Pays Charolais-Brionnais s'inscrit dans le prolongement de démarches antérieures : labellisation comme Pays d'Art et d'Histoire en 2007, élaboration d'une charte de qualité paysagère en 2011 et schéma de cohérence territoriale. La décision a été validée, fin 2011, à l'unanimité des élus du syndicat mixte représentant les 128 communes, soit 90.000 habitants. Avec deux objectifs : mettre en valeur notre paysage unique, et améliorer la notoriété et l'attractivité de notre territoire", indique le vice-président du pays Charolais-Brionnais, Jean Piret.

Reste que la démarche prend toute sa puissance dans la mesure où le dossier est porté, soutenu, reconnu par la population. La candidature  se décline en deux grands volets : le montage scientifique du dossier d’une part, et la mobilisation de la population d’autre part.

Faire entendre la voix du territoire

Parallèlement à la démarche scientifique (voir en fin de texte), les élus du pays ont choisi de faire entendre la voix du territoire par un programme varié : défis créatifs lancés en France et à l’étranger, partenariats avec les événements du territoire et les organismes agricoles…. "Même si le projet se base sur une analyse scientifique, il est essentiel de ne pas perdre le lien avec les habitants et les agriculteurs qui sont aussi des ambassadeurs de la candidature", indique la directrice du pôle d'équilibre territorial et rural (PETR), Tania Rizet.

"Défis créatifs" adressés à tous les natifs et amoureux du Charolais-Brionnais

Durant l'année 2012, le pays a proposé 12 "défis créatifs" autour de la candidature Unesco : chaque mois, centres de loisirs, Ehpad du territoire, mais aussi natifs ou amoureux du Charolais-Brionnais étaient invités à créer une œuvre sur le thème du bocage et de la race charolaise : peinture, photo, musique, textile… Chaque défi donnait lieu à un classement des œuvres et une remise de prix. Cette opération a connu un véritable succès : plus de 600 participants dans plus de 20 pays.
"Depuis 2013, nous proposons un défi créatif par an pour maintenir la mobilisation sur ce projet de longue haleine." Dès que possible, dans le cadre d'un partenariat avec des structures du territoire (offices de tourisme, entreprises, etc.). L'un de ces défis a donné lieu à l'édition d'un timbre, réédité en 2014, tiré à 85.000 exemplaires. Les créations des participants sont ensuite exposées dans différents lieux en Charolais-Brionnais.

Partenariat avec le monde agricole

Côté professionnel, "il fallait rassurer la profession agricole sur le fait qu'une candidature Unesco ne signifie pas que nous allons mettre le territoire sous cloche" souligne l'élu. En 2012, les agriculteurs ont été invités à un défi "A vos arbres ? Prêts ? Plantez !". Cent exploitants se sont engagés à replanter des arbres. Résultat : une filière bois bocager est désormais en cours d'étude. "C’est un projet directement issu de la candidature" souligne la directrice du PETR.
Les événements agricoles sont mis à profit pour rappeler le lien entre élevage et paysage : exposition en 2014 lors du Mondial Charolais qui rassemble les organismes de promotion de la race à travers le monde, animations dans les fêtes agricoles... "Alors que la crise de l'élevage fait rage, la candidature a permis de revaloriser nos agriculteurs qui se sentent plus reconnus", note l'élu.

"La candidature a beaucoup fait pour notre identité"

Alors que les communautés de communes du territoire s’engagent dans l’élaboration de PLUi, la prise de conscience nouvelle, chez les élus comme les habitants, de la qualité de l’architecture et des paysages, se traduit par une volonté forte de les préserver transcrite dans les documents d’urbanisme.

L'élu va encore plus loin : "La candidature a beaucoup fait pour notre identité, elle a dévoilé notre histoire, et le Charolais-Brionnais s'est mis à véritablement exister à partir de là." Seul bémol selon lui : "Le territoire d’un "bien" selon l’approche de l’Unesco se définit sur la base de critères scientifique. Conséquence : l’inscription ne pourra pas concerner tout le périmètre administratif du pays."

Résultats en 2017

En octobre 2016, le Charolais-Brionnais doit présenter son dossier à l’Etat français pour émarger à la liste indicative française, antichambre d'une sélection ultérieure du dossier au titre de l'Unesco. Il espère bien franchir cette étape indispensable.

Dans tous les cas, la démarche aura été un bel outil d'animation territorial. Et ce territoire bocager, jusque-là surtout repéré pour ses églises romanes, est désormais visité pour son paysage naturel façonné par l'homme.

Etudes approfondies menées par un comité scientifique
Le Charolais-Brionnais est candidat à l'Unesco dans l'objectif de faire reconnaître la valeur universelle exceptionnelle de son "paysage culturel évolutif vivant". Dans cette catégorie, sont notamment inscrits le bassin minier dans le Nord, l'agropastoralisme dans les Cévennes ou les vignobles de Champagne.
Après une étude de faisabilité menée en 2013 et 2014, le pays s'est engagé dans une série de travaux scientifiques approfondis : étude paysagère et des paléo-paysages, inventaires patrimoniaux (murets, mares, bâti, etc.) et étude comparative avec des biens, inscrits ou non au patrimoine mondial.
Encadrés par un comité scientifique, ces travaux de recherche sont menés par des chargés de mission du PETR, des universitaires et des membres du comité scientifique à titre bénévole. Le pays est aussi conseillé par un expert du patrimoine mondial.

Claire Lelong pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

Contact(s)

Pôle d'équilibre territorial et rural du Pays Charolais-Brionnais (syndicat mixte)

32 rue Desrichard
71600 Paray-le-Monial
03 85 25 96 36
03 85 81 13 36
Nombre d'habitants : 90000
Nombre de communes : 128
Nom de la commune la plus peuplée : Paray-le-Monial (9029 hab.)

Jean Piret

Vice-président, chargé de la culture, du tourisme, du Pays d'art et d'histoire et de la candidature
mairesuin@orange.fr

Tania Rizet

Directrice
tania.rizet@charolais-brionnais.fr

Dominique Fayard

Chargée de mission Unesco
dominique.fayard@charolais-brionnais.fr

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