Transports - Ferroviaire : la Fnaut plaide pour "l'ouverture à la concurrence à tous les niveaux"

La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) a présenté le 28 septembre un "Manifeste des usagers pour le renouveau de la mobilité ferroviaire". A travers ce document, elle entend "alerter les candidats à l'élection présidentielle" sur la "situation gravissime" du système ferroviaire français, qui est "à la veille d'un effondrement", a déclaré à l'AFP son président, Bruno Gazeau. "Il faut que le rail réagisse", a-t-il souligné.
"Le train est pertinent pour répondre aux besoins des usagers d'aujourd'hui et de demain", commence par affirmer l'association, en égrenant ses différents atouts (déplacement rapide sur longue distance, qui privilégie le temps utile, mode de transport adapté  aux déplacements du quotidien, qui permet de limiter la pollution, etc.). Plaçant "en première priorité" la régénération du réseau, "essentielle à la sécurité ferroviaire et à la fiabilité des circulations", elle demande qu'un effort supplémentaire d'1,5 milliard d'euros par an y soit consacré, en plus des 2,5 milliards actuellement investis par l'Etat et la SNCF. Le gouvernement s'est toutefois engagé à porter cette somme à 3 milliards d'ici 2020.
La Fnaut mise aussi beaucoup sur la "révolution numérique" comme "outil indispensable" de la transformation de la relation au voyageur. "Elle permet l'individualisation de la réponse au cas particulier de chacun, l'émancipation du voyageur qui devient acteur de son déplacement, qui s'enrichit de la base de données collective d'informations en temps réel, estime-t-elle. Elle permet aussi au public de juger la qualité à tout instant."

Multiplier les appels d'offres

Parmi les pistes évoquées pour améliorer "la qualité de service et la maîtrise des coûts" du secteur ferroviaire, l'association mentionne en premier lieu "l'ouverture à la concurrence à tous les niveaux", à la fois pour les opérateurs de transports, les entreprises de maintenance des voies et les constructeurs de matériels. L'association s'est déjà prononcée pour "une concurrence équitable et régulée entre les opérateurs". Elle milite aussi pour que les pouvoirs publics passent "des appels d'offres plus fréquents, plus petits" pour l'achat de trains et "incluant pour les TER une maintenance régionale également mise en concurrence". Pour l'entretien du réseau, "la concurrence serait aussi une façon d'en faire plus", alors que la SNCF "manque de bras" pour maintenir les voies en bon état, a expliqué Bruno Gazeau. L'association a demandé en outre à l'Etat de commander davantage de trains Intercités et de "s'engager sur 1,5 milliard supplémentaire", en complément de l'enveloppe de 1,5 milliard annoncée par le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, pour les lignes qui seront reprises par les régions.
Pour "réduire et rendre lisibles les coûts des déplacements", la Fnaut suggère également la négociation, dans le cas des conventions signées sans mise en concurrence, de contrats de performance avec les autorités organisatrices régionales et nationales qui déterminent des engagements de gains de productivité. Elle rappelle sur ce point que le nombre de trains-kilomètres par agent est inférieur de 25% en France par rapport à l'Allemagne.

 

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