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Financement de l'ESS : pour 2019, l'Udes demande au gouvernement de la cohérence entre le discours et les actes

Après la baisse drastique des "contrats aidés", l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire a exprimé des doutes, le 18 janvier, sur l'engagement du gouvernement en faveur de l'économie sociale et solidaire. Elle incite ses membres à s'impliquer dans le grand débat national.

À l'occasion du grand débat national, l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire (Udes) "demande que les attentes des employeurs sociaux et solidaires soient mieux entendues par le gouvernement". L'Udes va contribuer de différentes manières au débat, a expliqué le 18 janvier son président, Hugues Vidor, lors d'une conférence de presse.

Grand débat : des propositions pour davantage de "cohésion sociale dans les entreprises et sur les territoires"

Avec ses antennes régionales, l'Udes va mener une réflexion avec les chambres régionales de l'ESS (Cress), dans le but de formuler des propositions "pour une meilleure cohésion sociale dans les entreprises et sur les territoires". L'occasion notamment d'"inventorier des pistes qui pourraient servir de modèles" dans le domaine de l'emploi. Les groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification (Geiq) sont notamment cités, de même que l'expérimentation prévue par la loi Avenir professionnel visant à permettre l'embauche d'un salarié pour plusieurs remplacements dans le cadre d'un seul CDD.
Alors qu'elle rassemble 24 groupements et syndicats d'employeurs dans 16 branches et secteurs professionnels, et représente à ce titre quelque 60.000 entreprises, l'Udes incite également les employeurs de son réseau à participer au dialogue. Elle les encourage notamment à s'inscrire dans les démarches animées par les conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (Ceser).

Une année 2018 "extrêmement difficile" pour les entreprises de l'ESS

Au niveau national, l'Udes entend surtout continuer à promouvoir et défendre les entreprises de l'ESS, après une année 2018 jugée "extrêmement difficile" par son président. Le contexte budgétaire aurait été notamment "plombé par la baisse drastique des contrats aidés, une loi de finances peu ambitieuse pour le secteur et une augmentation en trompe-l'œil des moyens consacrés à l'ESS dans la loi de financement de la sécurité sociale".
L'Udes dénonce ainsi un "décalage entre les bonnes intentions affichées par le gouvernement et la réalité des mesures" effectivement adoptées. Dans le cadre des lois Avenir professionnel et Pacte, "l'ESS et ses entreprises n'ont pas été suffisamment prises en compte", illustre-t-elle. Dans le projet de loi Pacte notamment, "le compte n'y est pas", selon Hugues Vidor, qui souligne aussi l'absence de lien avec l'autre "pacte", le pacte de croissance pour l'ESS.

Vigilance sur le financement des politiques sociales  

Pointant certaines mesures mises récemment en avant par le gouvernement (voir notamment notre article du 30 novembre 2018 sur le "plan associations" annoncé par Gabriel Attal), il alerte sur le risque d'un "glissement vers une philanthropie à l'anglosaxonne" et d'un "désengagement de l'État sur les politiques sociales". Pour le président de l'Udes, il est également "essentiel de maintenir la distinction entre la responsabilité sociale des entreprises et l'ESS", ce qui implique de "ne pas aligner les fiscalités" - notamment entre les entreprises de l'ESS et les futures "entreprises à mission" qui seront issues de la loi Pacte.
En ce début 2019, "la crise que traverse le pays doit annoncer un tournant dans la politique du gouvernement en faveur des entreprises sociales et solidaires", souligne l'Udes. "Le financement du secteur devra être cohérent avec les objectifs affichés par le gouvernement", poursuit-elle. Ce qui implique, "a minima", un respect des engagements pris dans le pacte de croissance pour l'ESS.
L'Udes se mobilisera en outre dans le cadre des réformes de l'assurance chômage et des retraites, ainsi que sur la prise en charge de la dépendance. Elle souligne à ce sujet que les "fonds annoncés par le gouvernement - 360 millions d'euros pour les Ehpad et 100 millions pour l'aide à domicile - sont insuffisants". Tout en demandant "de nouvelles réponses plus réalistes", l'Udes plaide pour un financement fondé sur "un principe de solidarité nationale intergénérationnelle".