Grand Narbonne : désimperméabiliser les sols pour réduire crues et sécheresse (11)

Au-delà d’être un moyen de lutter contre les inondations, la désimperméabilisation des sols favorise la biodiversité et la reconstitution des nappes phréatique. Une étude lancée par la DDTM de l’Aude en lien avec le Cerema et le Grand Narbonne définit les actions à mener pour sa mise en œuvre sur le terrain. 

La désimperméabilisation des sols, qui consiste à déconnecter les eaux pluviales des réseaux de collecte et à retirer la partie perméable du sol, est devenue une préoccupation forte de la communauté d’agglomération du Grand Narbonne. L’infiltration des eaux dans les sols présente de nombreux avantages dans ce territoire soumis à des risques importants d’inondation, où 37 % de la population est touchée. 

Atouts de la désimperméabilisation

En pénétrant directement dans le sol et sous-sol, là où elles tombent, les eaux pluviales ne saturent pas les réseaux lors des épisodes d’abondantes précipitations et assurent une meilleure reconstitution des stocks dans les nappes phréatiques. Un atout important lors des périodes de sécheresse que connaît régulièrement cette région. Un atout aussi en faveur de la biodiversité qui se développe plus aisément avec des sols perméables et hydratés. Ce ne sont pas les seuls avantages, nous dit la chargée de mission Planification du pôle Aménagement durable de l’agglomération, Aura Penloup : "La désimperméabilisation conduit à déminéraliser et donc à réintroduire de la nature en ville pour reconstituer des îlots de fraicheur et à minimiser les coûts des ouvrages en réduisant le dimensionnement des réseaux de collecte." 

Intégrer les principes du SDAGE dans les documents d’urbanisme

Sur le terrain la désimperméabilisation n’est pourtant pas facile à mettre en œuvre. La Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de l’Aude, en lien avec le Cerema et les acteurs de l’eau du territoire, dont le Grand Narbonne, conduisent une étude pour en améliorer l’application au niveau local. "Si le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) Rhône Méditerranée Corse prévoit de limiter l’imperméabilisation des sols et de la compenser par des actions de désimperméabilisation, tout l’enjeu est d’intégrer ces principes du SDAGE dans le Schéma de cohérence territoriale (Scot) et dans les autres documents d’urbanisme qui permettront de désimperméabiliser localement", explique la chargée de mission qui considère nécessaire de travailler sur le Scot avec l’Agence de l’eau, ce qui a été fait sur le territoire. 

Mettre en cohérence les documents d’urbanisme

L’idée est donc que les principes édictés par le SDAGE sur la désimperméabilisation soient repris et mis en cohérence par l’ensemble des documents d’urbanisme pour pouvoir être mis en œuvre dans les projets des communes. Cela suppose selon Michel Py, vice-président en charge de l’Aménagement et de l’urbanisme une volonté politique forte : "Leur appropriation par les élus du territoire me semble aujourd’hui totalement acquise. Les fortes précipitations qui impactent régulièrement le littoral méditerranéen, succédant à des épisodes de sécheresse tout aussi réguliers, les ont sensibilisés." 

Indispensable accompagnement des communes

Mais les principes et les prescriptions sont une chose et les applications en sont une autre. Aussi est-il utile de répercuter les dispositions du Scot dans ses documents d’orientations et d’objectifs (DOO) et celles des PLU dans leurs Orientations d’aménagement et de programmation (OAP). En outre, "de nombreuses communes ont besoin d’un accompagnement pour végétaliser et désimperméabiliser, notamment les plus petites qui n’ont pas les moyens de faire appel à un bureau d’étude", précise la chargée de mission. Elles peuvent faire appel à l’Agence de l’eau pour les solutions techniques et aux services du Grand Narbonne pour la partie administrative, l’ingénierie et le financement. 

Financements multiples

Les financements justement sont un point sensible. Ils peuvent être directs via l’Agence de l’eau ou indirects selon la localisation et la nature du projet : zone littorale, quartier prioritaire de la politique de la ville, renouvellement d’une friche urbaine, zone d’expansion des crues… Ils peuvent provenir par exemple de la Région, de l’Anru, de l’Ademe, de l’Europe ou du Plan littoral 21, mis en place par la région Occitanie. 

Mise en place progressive

Plusieurs projets sont à l’étude, en cours ou réalisés sur le territoire de l’agglomération. Narbonne a, par exemple, désimperméabilisé un parking en centre-ville ainsi qu’un autre et un espace public à Narbonne Plage. Une zone urbaine est aussi désimperméabilisée à Port Leucate. La dynamique se met en place progressivement en bénéficiant du travail partenarial accompli depuis plus d’un an par la DDTM, le Cerema, l’agglomération et l’ensemble des acteurs de l’eau. 

Communauté d'agglomération du Grand Narbonne

Nombre d'habitants :

130000

Nombre de communes :

37
12 bd Frédéric Mistral
11100 Narbonne

Michel Py

Vice-président

Aura Penloup

Chargée de mission urbanisme, pôle aménagement durable du territoire

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