Transports - Grand Paris Express : le rapport Auzannet continue à faire des vagues

Le rapport de Pascal Auzannet sur le calendrier de réalisation et de financement du projet de métro automatique Grand Paris Express remis à Cécile Duflot le 13 décembre continue à susciter des réactions très contrastées chez les élus franciliens. "Je tiens à saluer cette méthode qui permet enfin de présenter un projet assorti de perspectives de financement stabilisées", a déclaré dans un communiqué Claude Bartolone, président (PS) de l'Assemblée nationale, élu de Seine-Saint-Denis. Pour lui, "la perspective d'un rééquilibrage des infrastructures de transport reste plus que jamais une priorité si l'on veut avancer vers un développement de la métropole francilienne".
"Ce rapport confirme l'importance des moyens financiers à engager pour réaliser ces infrastructures et les connecter au réseau existant, et propose plusieurs scénarios par étape pour lancer les chantiers du Grand Paris Express", a estimé pour sa part Jean-Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France. "Ce rapport technique ne peut être un point d'arrivée, a-t-il ajouté. Le Grand Paris Express, qui a fait l'objet d'un large accord entre l'Etat, la région et les collectivités territoriales, devra être réalisé dans son intégralité." Pour Alexis Bachelay, député PS des Hauts-de-Seine, "le projet du Grand Paris (...) nécessite un plan de financement clair et crédible que le précédent gouvernement n'a jamais mis en place (...). Cet état de fait impose aujourd'hui au gouvernement de mettre en place un plan d'actualisation, d'organisation, de phasage des tronçons et de financement pluriannuel du Grand Paris".
Mais d'autres élus craignent une sérieuse remise en cause du projet. Pour Patrick Ollier, député UMP des Hauts-de-Seine, "la parution du rapport tombe comme une sinistre nouvelle pour la mise en oeuvre de la ligne de métro intérieure du Grand Paris Express". "La proposition du report à 2026, au mieux, du secteur de Pont de Sèvres à Nanterre (...) est tout simplement inacceptable", a-t-il jugé dans un communiqué. "Ce projet est indivisible, il doit être commencé jusqu'au moment où il sera terminé dans l'intérêt de toutes les communes desservies par la ligne rouge."
Christian Favier, sénateur PCF et président du conseil général du Val-de-Marne, voit dans ce rapport "une véritable déclaration de guerre contre Orbival et le métro du Grand Paris Express". "En s'appuyant sur un constat financier qui demande à être vérifié, il propose ni plus ni moins au gouvernement de détricoter totalement le projet validé il y a deux ans, déplore-t-il dans un communiqué. Sous des atours pseudo-sérieux, ce rapport (...) générerait une remise en cause totale des étapes franchies ces deux dernières années".
Quant au député-maire de Versailles, François de Mazières (apparenté UMP), il a estimé qu'à l'exception de Saclay, l'ouest francilien était "complètement oublié" dans le rapport de Pascal Auzannet. "Ce rapport est fait à charge pour démontrer qu'il faut tout faire au Nord, au Sud et à l'Est", a dénoncé l'élu à l'AFP. "Il n'y a pas un mot sur le plateau de Satory, qui fait pourtant partie de l'opération d'intérêt national de Saclay, il n'y a pas un mot sur le Mantois, même sur La Défense il y a juste une liste des trains qui y arrivent pour dire qu'il n'y a pas besoin de faire plus", a-t-il ajouté. "On va créer à nouveau des territoires déséquilibrés", a averti François de Mazières, qui regrette que ce "beau projet se vide de sens".

 

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