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Hauts-de-France : la SNCF renonce à réduire le nombre de TGV vers Paris

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Anne Lenormand avec AFP pour Localtis
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Transport mobilité durable

Hauts-de-France

La SNCF a annoncé vendredi 1er mars qu'elle retirait sa proposition visant à réduire fortement le nombre de dessertes TGV directes entre Paris et les villes moyennes des Hauts-de-France, devant l'hostilité des élus locaux.

La SNCF a finalement fait marche arrière en annonçant ce 1er mars renoncer à sa proposition de réduire fortement le nombre de dessertes TGV directes entre Paris et plusieurs villes moyennes des Hauts-de-France. Depuis plusieurs semaines, la polémique avait gonflé avec les élus locaux sur son projet de service pour 2020. Le conseil régional des Hauts-de-France avait adopté le 31 janvier une motion d'urgence demandant au groupe public de maintenir les dessertes régionales des TGV, au nom du "droit fondamental de chaque citoyen à la mobilité". Le 7 février, une manifestation avait eu lieu devant la gare de Douai, en présence de nombreux élus, et le maire de cette ville, Frédéric Chéreau (PS), a été à l'origine d'une pétition en ligne, adressée au patron de la SNCF, Guillaume Pépy, qui avait recueilli jeudi près de 10.000 signatures. Malgré la mobilisation des élus,  la compagnie ferroviaire avait encore confirmé ce jeudi vouloir supprimer trois allers-retours directs sur sept sur la liaison Paris-Arras-Douai-Valenciennes. Elle voulait concrètement réaffecter ses rames à des liaisons régionales à grande vitesse (TER-GV) autour de Lille, comme Arras-Lille-Calais-Boulogne ou Amiens-Arras-Lille-Dunkerque.
"Cette proposition (tenait) compte de la fréquentation croissante des liaisons ferroviaires entre les principales villes des Hauts-de-France, beaucoup plus importante en volume que celle des liaisons avec Paris", a-t-elle expliqué dans un communiqué. "Cette évolution (aurait permis) de créer de nouvelles dessertes directes intra-régionales à grande vitesse (...) tout en conservant les relations directes en heure de pointe entre Paris et l'ensemble des villes actuellement desservies, auxquelles s'ajoutent de nombreuses possibilités de correspondances", a-t-elle ajouté.
Constatant cependant que "les seules expressions publiques entendues ont été critiques de cette recomposition et semblent privilégier le maintien de liaisons directes de et vers Paris aux heures creuses", la SNCF a décidé de revoir sa copie. "Le projet ne sera donc pas poursuivi en l'état, et les équipes de la SNCF feront dans les prochains jours aux élus des nouvelles propositions d'évolution de l'offre, afin de répondre aux éléments soulevés et d'améliorer la qualité de service grande vitesse pour les Hauts-de-France", a-t-elle conclu. Cette annonce n'a cependant pas empêché la tenue d'une nouvelle manifestation devant la gare de Douai samedi 2 mars.

Tacle ministériel  

La SNCF - qui prépare sa grille 2020 en même temps qu'elle négocie sa future convention avec la région des Hauts-de-France pour l'exploitation des TER - a aussi été taclée vendredi par la ministre des Transports Elisabeth Borne. Celle-ci a en effet déclaré sur France Info que l'évolution de la desserte TGV devait avoir l'accord des élus et des habitants des villes concernées. "Moi, j'ai dit très clairement à la SNCF que le modèle que je défends, c'est un TGV qui dessert les territoires, pas uniquement les métropoles. Donc cette évolution de dessertes, elle ne peut pas se faire sans l'accord des territoires", a-t-elle expliqué, ajoutant : "Je l'ai dit clairement à la SNCF." "Ce n'est pas la ministre depuis Paris qui va décider des horaires de dessertes dans les territoires", avait-elle toutefois remarqué.
Pour le patron de la SNCF Guillaume Pepy, il reste "de l'ordre de trois à quatre mois" pour caler la prochaine grille horaire, et il faudra que les discussions avec les élus soient bouclées "avant l'été". "Le TGV n'est pas réservé aux grands axes, il va aussi sur des lignes classiques" et il est un "outil d'aménagement du territoire", avait-il indiqué à des journalistes jeudi en marge de la présentation des résultats du groupe. Mais la compagnie ferroviaire n'achetant plus que des TGV à deux étages d'une capacité de 550 personnes, "il faut mettre ces rames dans des endroits où on espère que le potentiel de trafic va pouvoir être suffisant pour avoir un taux d'occupation convenable", d'autant que ces lignes TGV depuis Paris ne sont pas subventionnées, avait-il expliqué.

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