Île-de-France : le recours massif au télétravail le vendredi perturbe les transports en commun

La pratique du télétravail a des incidences notables sur la fréquentation des transports en commun franciliens, confirme une étude publiée ce 20 octobre. Mal répartie sur la semaine, elle contribue ainsi à accentuer le phénomène des "jours de pointe".

"L’épidémie de Covid-19 relâche progressivement son emprise sur le quotidien des Franciliens, mais elle a entraîné de forts changements dans leurs comportements de mobilité, liés en particulier au télétravail", constate une étude réalisée en partenariat par l’Institut Paris Région, la Mass Transit Academy, Transilien SNCF, les bureaux d’études Hove (ex-Kisio) et Sustainable Mobilities, et publiée ce 20 octobre.  En Île-de-France, où 68% des emplois sont concentrés sur 6% du territoire, 43% des actifs télétravaillent en moyenne 2,4 jours par semaine et cette proportion monte à 55% pour les utilisateurs réguliers du Transilien.

Conditions de transport rendues plus difficiles certains jours

Si la fréquentation dans les transports en commun et en particulier le "mass transit" (RER, trains, métro...), oscille entre 80 et 85% de son niveau de 2019, certains jours sont bien plus saturés que d'autres en raison du choix des actifs quant aux jours télétravaillés. "Il y a un écart de 18% entre le mardi - jour le plus fréquenté - et le vendredi dans le mass transit", a indiqué la directrice du Transilien, Sylvie Charles, lors de la remise de l'étude, qui a été menée au printemps. "Cela vient diminuer les avantages qu'on peut obtenir du télétravail avec des transports moins surchargés par exemple", a-t-elle indiqué. "Un tel différentiel n'est bon pour personne et l'intérêt est de mieux lisser car dès qu'il y a surcharge, il y a des risques de bousculade, les conducteurs ne peuvent pas respecter le temps de stationnement et par effet boule de neige, le système de transport est moins efficace", a insisté Sylvie Charles.

Comment faire revenir plus de monde au bureau le vendredi ?

Selon l'étude, les actifs qui le peuvent choisissent de télétravailler le vendredi car "c'est plus reposant de ne pas avoir à se déplacer le dernier jour de la semaine", "cela permet de réaliser des tâches domestiques avant le week-end" ou bien "cela permet de partir plus tôt ou plus facilement en week-end". Mais pour Sylvie Charles et Nicolas Bauquet, directeur général de l'Institut Paris Région, il faudrait plutôt inciter les actifs à venir au bureau le vendredi "pour éviter la sur-occupation" des transports certains jours.

D'après une enquête menée par BVA, si un quart des salariés affirment que rien ne les ferait venir sur leur lieu de travail le vendredi, un tiers y seraient prêts s'il y a "davantage de collègues ou de réunions en présentiel le vendredi". L'étude suggère aussi l'organisation d'événements conviviaux (petit-déjeuner, déjeuner…). Le deuxième facteur de motivation le plus cité serait le fait que l’employeur assouplisse les règles sur les jours de présence obligatoire, ou autorise à varier les jours de télétravail suivant les semaines et les besoins. Le troisième facteur concerne les opérateurs de transport, avec une meilleure communication auprès des usagers sur les jours et les heures d’affluence dans le "mass transit".

 

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