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Incendie de l'usine Lubrizol à Rouen : le Sénat vote à l'unanimité la création d'une commission d'enquête

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Anne Lenormand / Localtis avec AFP
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Environnement

France

Normandie

Le Sénat a voté à l'unanimité ce 10 octobre la création d'une commission d'enquête "afin d'évaluer l'intervention des services de l'État dans la gestion des conséquences environnementales, sanitaires et économiques de l'incendie de l'usine Lubrizol" qui s'est produit le 26 septembre à Rouen. L'Assemblée a pour sa part mis en place une mission d'information.

Deux semaines après le gigantesque incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, classée Seveso seuil haut, le Sénat a voté à l'unanimité ce 10 octobre la création d'une commission d'enquête afin d'évaluer l'intervention des services de l'État dans la gestion des conséquences environnementales, sanitaires et économiques du plus grave accident industriel survenu en France depuis l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en 2001.
Mise en place pour une durée maximale de six mois, la commission se penchera aussi sur "les conditions dans lesquelles les services de l’État contrôlent l’application des règles applicables aux installations classées et prennent en charge les accidents qui y surviennent ainsi que leurs conséquences (…), afin de tirer les enseignements sur la prévention des risques technologiques". Ses 21 membres seront désignés mercredi. Le groupe LR a également indiqué la semaine dernière que trois "grands cabinets scientifiques" seraient mandatés pour "l'accompagner dans ses travaux".

Responsabilités à déterminer

Les causes de l'incendie qui a détruit le 26 septembre 5.253 tonnes de produits chimiques chez Lubrizol et a aussi touché trois entrepôts de son voisin Normandie Logistique qui stockait plus de 9.000 tonnes de produits ne sont pas encore connues. Les populations alentour s'inquiètent toujours des conséquences sanitaires de la catastrophe et s'estiment mal informés, tandis que les agriculteurs voient leur production affectée par les retombées de suie de l'incendie de l'usine chimique.
"Nous votons cette résolution des deux mains", a déclaré la sénatrice centriste de Seine-Maritime Catherine Morin-Desailly, qui habite Rouen. "Elle doit apporter la totale transparence pour les Rouennais mais aussi pour les habitants de toutes les communes concernées", a-t-elle ajouté, faisant part notamment du "désarroi des agriculteurs et des éleveurs". Au nom du groupe socialiste, Didier Marie, également sénateur de Seine-Maritime et habitant de la métropole rouennaise, a aussi salué la création de la commission d'enquête. "L'enquête judiciaire déterminera les causes de l'incendie et les responsabilités des uns et des autres, mais la commission d'enquête pourra dire si un éventuel relâchement de l'application des consignes de précaution et si les mesures de simplification qui ont mené le préfet à autoriser l'augmentation des capacités de stockage, ont joué un rôle dans le déclenchement de l'incendie, a-t-il déclaré. Nous verrons aussi s'il n'était pas possible d'alerter plus vite les maires et les habitants."

Mission d'information à l'Assemblée

L'Assemblée nationale a, elle, mis en place une mission d'information, qui a tenu une première réunion ce 9 octobre. "Aux pouvoirs moins élargis qu'une commission d'enquête parlementaire que j'appelais de mes voeux, elle n'en demeure pas moins un instrument qui peut s'avérer efficace si elle se dote des moyens nécessaires", a déclaré dans son communiqué son président, Christophe Bouillon (PS), élu de Seine-Maritime. Il a créé une adresse mail (transparencelubrizol@gmail.com) pour permettre "à chacun de pouvoir s'exprimer et de faire remonter les inquiétudes de la population". Mais la mission d'information créée par l'Assemblée aura moins de prérogatives que la commission d'enquête sénatoriale. Les personnes que celle-ci souhaitera auditionner seront ainsi tenues de répondre à la convocation et de prêter serment.
 

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