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Culture / Tourisme - Intermittents : le gouvernement prêt à tout faire pour sauver la saison des festivals

Publié le
par
Jean-Noël Escudié / PCA
dans

Tourisme, culture, loisirs

Emploi

Alors que les négociations sur la réforme du régime des intermittents du spectacle sont au point mort - dans le cadre plus général de la nouvelle réforme de l'assurance chômage -, la pression commence à monter sur les festivals de l'été. La question n'a rien de théorique, puisque la CGT - très en pointe sur ce dossier contre tous les autres syndicats et qui tient actuellement congrès à Marseille - déclarait il y a deux mois, à l'ouverture des négociations : si on touche aux intermittents, "c'est la guerre !" (voir notre article ci-contre du 24 février 2016).
Dans une longue interview au quotidien Libération, Audrey Azoulay préfère prendre les devants en affirmant que "l'Etat ne laissera pas tomber les intermittents" et "ne permettra pas que ce régime soit dans l'impasse", tout en indiquant avoir "bon espoir qu'un accord sera trouvé fin avril".
Interrogée sur les menaces pesant sur les grands festivals comme Cannes ou Avignon, la ministre de la Culture estime que "les gens savent que les festivals sont fragiles et ont eu du mal à se remettre des crises précédentes". Pour éviter d'en arriver là et donner des gages aux intermittents, elle juge que le cadrage adressé par le Medef au monde du spectacle - soit une économie de 185 millions d'euros sur le régime - "est une provocation" et que cela constitue "clairement un appel explicite à ce que ce soit le gouvernement qui finance une bonne part des économies, comme il l'avait fait lors des négociations de 2014 (voir notre article ci-contre du 20 juin 2014).
La proposition du Medef est toutefois cosignée par les syndicats réformistes (CFDT, CFTC et CFE-CGC) et une fin de non-recevoir - telle que l'esquisse Audrey Azoulay - pourrait inciter les intéressés à quitter la table, laissant le gouvernement assumer seul la réforme du régime. Pour mémoire, le déficit du régime des intermittents du spectacle atteint un milliard d'euros, soit le quart du déficit total de l'assurance chômage, pour seulement 114.000 personnes indemnisées. A quelques semaines de l'été, le dossier reste donc explosif.
A noter : la ministre se dit à nouveau "inquiète pour la saison qui s'annonce quand [elle] voit le désengagement important de certaines collectivités locales". Une inquiétude pourtant infirmée par le tout récent Barofest 2016, le baromètre des festivals réalisé par la Sacem, le CNV et l'Irma. Cette étude montre en effet que le nombre de festival a continué de croître depuis la précédente vague de 2013, même si le rythme s'est ralenti en 2014-2015 (voir notre article ci-contre du 18 avril 2016).  

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