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Développement durable - Investissements d'avenir : plus de 1 milliard d'euros engagés par l'Ademe

Publié le
par
Anne Lenormand
dans

Environnement

Energie

Développement économique

Emploi

L'Ademe vient de publier le bilan des quatre programmes qui lui ont été confiés depuis 2010 au titre des Investissements d'avenir. Plus de 1 milliard d'euros ont déjà été engagés dans 139 projets. Les entreprises bénéficiaires prévoient déjà un chiffre d'affaires induit de plus de 10 milliards d'euros et plus de 10.000 emplois directs à l'horizon 2020, selon l'Agence.

Au 31 décembre 2013, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) avait engagé plus de 1 milliard d'euros sur les 2,45 milliards d'euros de crédits des quatre programmes d'investissements d'avenir (PIA) qui lui ont été confiés en 2010 par le Commissariat général à l'investissement, selon un bilan publié par l'Agence le 17 avril. Ces quatre programmes couvrent vingt thématiques liées à l'"innovation verte" : dix intégrées au programme "Démonstrateurs et plateformes technologiques en énergies renouvelables et décarbonées et chimie verte" (1.125 millions d'euros), un programme dédié aux réseaux électriques intelligents, les fameux "Smart Grids" (165 millions d'euros), deux thématiques financées par le programme "Economie circulaire" (210 millions d'euros) et sept thématiques couvertes par le programme "Véhicules du futur" (950 millions d'euros). Sur les 35 appels à manifestations d'intérêt (AMI) lancés sur chaque thématique, six sont encore en cours. 575 projets ont été reçus, associant plus de 2.000 entités, et 139 ont été retenus. "Les entreprises bénéficiaires prévoient déjà un chiffre d'affaires induit de plus de 10 milliards d'euros et plus de 10.000 emplois directs à l'horizon 2020", indique l'Ademe.

Les entreprises, principales bénéficiaires

Ce bilan à fin 2013 montre que les entreprises sont les principales bénéficiaires des investissements d'avenir, avec 85% des montants attribués (879 millions d'euros). 149 millions d'euros sont allés à 229 organismes de recherche et 14 millions d'euros à 33 collectivités. 44% des entreprises bénéficiaires sont des TPE, des PME ou des entreprises de taille intermédiaire (de 250 à 4.999 salariés et moins de 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires). "Au total, plus de 500 entreprises sont d'ores et déjà financées et plus de 200 millions d'euros ont été versés", précise l'Ademe, qui ajoute que "pour un euro de crédits d'investissements d'avenir mobilisés, les partenaires, principalement les entreprises, apportent en moyenne 2,3 euros". Un tiers des crédits PIA sont disponibles sous forme de subventions "prioritairement destinées aux PME, aux organismes de recherche et aux collectivités", souligne l'Ademe tandis que les deux tiers de ces crédits "génèrent des actifs pour l'Etat sous forme de retours financiers (aides d'Etat remboursables et prises de participation) dans une logique de partage des risques et des gains".

Structuration de filières

Le bilan insiste sur la capacité des programmes confiés à l'Ademe à "transformer les filières". Sur les filières émergentes (solaire photovoltaïque, à concentration, hydrogène, énergies marines, nouvelles filières de recyclage, nouveaux services de mobilité), le PIA "permet l'émergence de projets structurants et de nouveaux acteurs qui n'auraient pas pu voir le jour seuls, compte tenu des risques", estime l'Ademe. Sur les "filières en construction, c'est-à-dire en phase de structuration avec les acteurs en place, l'impact du PIA est d'accélérer cette structuration", note-t-elle. C'est le cas sur l'amont ou l'aval du photovoltaïque, sur la géothermie électrogène, le grand éolien ou encore les véhicules électriques et leurs infrastructures de recharge. Sur les "filières établies en mutation rapide, le PIA permet d'accompagner des basculements de marché", observe l'Ademe, qui cite comme exemples l'hybridation des véhicules et l'aval de la gestion de l'énergie. Quant aux "filières établies en mutation plus lente", elles bénéficieraient d'un impact du PIA de plus long terme "avec des effets de réplication potentiellement forts, les secteurs étant déjà très structurés". Les navires du futur, le secteur ferroviaire, la réhabilitation des bâtiments et la gestion de l'énergie entrent dans cette catégorie.

Le bilan présente également six exemples thématiques illustrant l'impact des interventions au titre du PIA. L'AMI Grand Eolien a ainsi "permis de structurer la filière au niveau national avec six projets sélectionnés" avec plus de 2.000 emplois induits en 2020, estime l'Ademe. Dans les énergies solaires (thermique, thermodynamique et photovoltaïque), les trois AMI qui se sont déroulés en 2011 dans un contexte difficile (concurrence asiatique, baisse des tarifs d'achat du photovoltaïque) ont malgré tout connu "un réel succès" selon l'Ademe avec 64 projets déposés et 16 sélectionnés pour un coût de 346 millions d'euros et une intervention du PIA de 157 millions d'euros. "Ces projets pourraient engendrer un impact économique d'environ 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2020, induisant plusieurs milliers d'emplois", estime l'Agence.

Un Smart Grid départemental en Vendée

Dans les réseaux électriques intelligents, 18 projets représentant plus de 300 millions d'euros d'investissement sont soutenus par le PIA à hauteur de 90 millions d'euros. Parmi eux : Smart Grid Vendée, un démonstrateur lancé en juin 2013 aux Sables-d'Olonne, qui intègre 6 parcs éoliens, 36 sites photovoltaïques et des bâtiments publics (mairies, piscines, écoles…). Pendant 5 ans, cette expérimentation menée à l'échelle du département avec 150 collectivités locales, des industriels, des start up, des chercheurs et des enseignants vise à définir de nouveaux outils de pilotage du réseau électrique pour tirer le meilleur parti des énergies renouvelables tout en s'adaptant aux variations de la consommation électrique du territoire.

Innovations boostées dans les transports

Dans le domaine des transports, six projets ont été retenus à l'issue de l'AMI "Chaîne de traction thermique" pour un budget total de 693 millions d'euros et 207 millions d'euros d'intervention financière du PIA. L'essentiel des projets portent sur des formes d'hybridation du moteur thermique et sont portés essentiellement par de grandes entreprises. "Ils devraient permettre de repositionner les constructeurs français comme leaders mondiaux sur un certain nombre de technologies innovantes", pronostique l'Ademe, qui estime le chiffre d'affaires annuel induit à l'horizon 2020 à environ 1 milliard d'euros, permettant le maintien et la transformation d'environ 5.000 emplois. Autres exemples mis en exergue : les deux AMI "Mobilité" et "Chaînes logistiques" qui visent à favoriser le développement d'une offre globale de déplacement en agissant sur les véhicules, les infrastructures, les systèmes d'information et les services. Au total, 37 projets ont été reçus et cinq financés, issus majoritairement de PME innovantes pour un coût total de 47 millions d'euros et une intervention du PIA de 19 millions d'euros. "En 2020, les expérimentations financées devraient concerner plus de 2,5 millions de personnes et éviter l'émission d'environ 600.000 tonnes de CO2/an, tout en améliorant la qualité l'environnement (urbain en particulier)", indique l'Ademe qui table sur un chiffre d'affaires annuel de 170 millions d'euros à l'horizon 2020 et sur plus d'un millier d'emplois induits. Parmi les projets retenus figure Optimod'Lyon, piloté par le Grand Lyon. D'un coût de 6,8 millions d'euros dont 2,8 millions d'euros apportés par le PIA, il vise à centraliser toutes les données de la mobilité (réseaux routiers, transports en commun, vélos en libre-service, autopartage, covoiturage…) pour mettre à disposition des usagers des informations en temps réel sur l'ensemble des modes de transport. Il vise notamment deux grandes premières : l'une à l'échelle mondiale, avec un navigateur sur téléphone mobile offrant toute l'information en temps réel sur la mobilité urbaine, l'autre à l'échelle européenne avec la prévision de trafic à 1h en contexte urbain.

Déchets et écologie industrielle

Enfin, dans le domaine des déchets et de l'écologie industrielle, les deux premiers AMI qui ont été lancés ont mobilisé majoritairement des PME. Le PIA est intervenu à hauteur de "plus de 50 millions d'euros pour accompagner plus de 150 millions de projets de solutions innovantes sur des marchés encore incertains et risqués", pointe l'Ademe. Cinq projets relèvent des filières de responsabilité élargie des producteurs (REP) – dont un sur les pneus usagés, porté par Michelin –, cinq autres concernent le recyclage des matériaux stratégiques, des déchets organiques ou des composites, deux la valorisation énergétique et deux autres l'écologie industrielle. Leur impact sur l'emploi est particulièrement fort (plus de 1.000 emplois induits à l'horizon 2020, notamment dans le recyclage), assure l'Ademe, qui souligne également "un impact stratégique en terme d'indépendance d'approvisionnement pour la France" et "un impact en terme d'émission de gaz à effet de serre, particulièrement pour la valorisation énergétique." 

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