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La collaboration entre CCI France et Régions de France passe à la vitesse supérieure

Une convention de partenariat a été signée ce 6 mars entre CCI France et l'association Régions de France. Cette convention vise, entre autres, à renforcer la co-construction, par les deux acteurs, des politiques économiques sur le terrain. Parmi les volets de la convention, l'internationalisation des entreprises et la formation professionnelle.

"Cette convention est la consécration, au niveau national, de tout ce que réalise en région le duo région-CCI", s'est enthousiasmé Pierre Goguet, président de CCI France. La convention de partenariat, signée ce mardi 6 mars 2018 entre Régions de France et CCI France, est "le symbole d'une co-construction des politiques économiques publiques", a pour sa part expliqué Hervé Morin, président de Régions de France. Dans ce cadre, les deux acteurs ont défini six chantiers de coopération communs à portée nationale : la formation, l'accompagnement des porteurs de projet, le développement des entreprises, avec l'industrie du futur, l'innovation et la digitalisation des entreprises, l'internationalisation des entreprises, l'intelligence économique territoriale et la coopération européenne
Côté entreprises, l'enjeu est de taille : il s'agit d'aider les entreprises à se développer, à grandir et s'exporter mais aussi à relever les défis de la réforme de l'apprentissage et de la formation professionnelle. Pour le président de CCI France, l'exemple parfait de cette co-construction avec les régions concerne la refondation du dispositif public de soutien à l'internationalisation des entreprises et le lancement, depuis février, du dispositif de la "Team France Export" avec un stratège, la région, et une équipe autour réunissant les acteurs autour du tandem CCI-Business France. Dans ce cadre, un guichet unique au plan régional doit être mis en place, sous l'autorité stratégique des régions. La Normandie et Provence-Alpes-Côte d'Azur ont été désignées par le gouvernement comme régions pilotes de ce dispositif. Les régions et le duo CCI-Business France travaillent ensemble dans l'élaboration de ces guichets qui, d'après Hervé Morin, doivent "être construits avec l'ensemble des acteurs économiques".
Sur la présence des régions françaises à l'international, le réseau des CCI françaises à l'international (CCI FI), qui bénéficie d'une présence dans 90 pays, peut constituer un point d'appui pour les régions pour leur promotion et leur représentation. "Régions de France s'engage à faire connaître, dans le cadre des opérateurs retenus par pays, l'offre des CCI et notamment l'offre packagée qui permettrait à la région de bénéficier d'une domiciliation à l'étranger, du portage de collaborateurs de la région ou d'une affectation de temps de collaborateurs locaux de la CCI FI et d'une stratégie de promotion-communication-événementiel", précise le document.

Post-création, transmission et reprise, formation professionnelle

Dans le domaine entrepreneurial, les deux acteurs comptent aussi travailler particulièrement sur le sujet de la post-création, notamment au sein du groupe de travail de l'Agence France Entrepreneur (AFE). Les CCI investissent déjà beaucoup le sujet. "Avec l'appui des régions, elles pourraient renforcer leurs actions de suivi post-création, d'hébergement des entreprises, de mise en relation, de mentorat et de parrainage", indique la convention. Même topo pour la transmission et la reprise d'entreprises : les deux parties pourraient engager des actions et mettre en œuvre des outils pour mettre à disposition des capacités d'engagements et de parcours de reprises, financement compris.
Autres points majeurs sur lesquels les deux acteurs vont renforcer leur partenariat : la formation professionnelle et l'apprentissage, qui sont en pleine refonte. Pour les CCI, l'apprentissage devrait rester à la décision des régions "afin de préserver des centres de formation d'apprentis (CFA) au plus près des attentes de terrain", comme l'a souligné Pierre Goguet. Un avis partagé par Hervé Morin mais qui ne correspond pas à l'orientation choisie par le gouvernement dans sa réforme, celui-ci décidant notamment de transférer l'apprentissage aux branches professionnelles. Quoi qu'il en soit, l'idée de développer, en parallèle des développeurs de l'apprentissage, un dispositif "d'impulseurs de l'apprentissage" émerge dans le cadre de la convention. Leur rôle consisterait à appuyer les entreprises dans le recrutement et l'intégration des apprentis pour éviter les ruptures : diagnostic court pour déterminer les besoins, sécurisation du contrat, préparation de l'accueil de l'apprenti et des conditions de la réussite du parcours, suivi de l'intégration du jeune.