La Maison de l'éducation à l'alimentation durable diffuse le savoir-faire de Mouans-Sartoux (06)

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Claire Lelong
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Environnement

Développement économique

Alpes-Maritimes

Avec sa régie agricole et sa cantine scolaire 100 % bio, la ville de Mouans-Sartoux inspire depuis plus de dix ans de nombreuses collectivités. En 2016 les élus ont mis sur pied une Maison de l'éducation à l'alimentation durable (MEAD). Elle vient aussi de créer un diplôme universitaire "chef de projet alimentaire durable" option collectivités locales avec l’université de Côte d’Azur.

En 2012, Mouans-Sartoux devient la première commune française de 10.000 habitants à franchir le cap du 100 % bio en restauration scolaire. Trois agriculteurs municipaux produisent 85 % des légumes consommés par les écoliers, la commune soutient l'installation d'agriculteurs bio et 13 % des ménages se sont convertis au 100 % bio, une proportion qui a doublé en trois ans.

Située à mi-chemin entre Cannes et Grasse, dans les Alpes-Maritimes, cette ville pionnière attire de plus en plus de délégations de techniciens et d'élus, venues décrypter cette réussite pour s'en inspirer. Soucieux de mesurer l'impact réel des visites sur les politiques alimentaires des territoires accueillis, les élus municipaux réalisent une enquête. Elle met alors en lumière que les visiteurs d'un jour bougent finalement assez peu, parfois découragés par l'ampleur de la tâche. "Nous avons alors décidé de passer d'un lieu de visite à un véritable centre d'accompagnement au projet, qui serve à la fois notre projet local et sa diffusion efficace", indique le maire adjoint à l’éducation de Mouans-Sartoux, Gilles Pérole.

Espaces pédagogiques, d'expérimentation et de formation

En 2016, grâce au soutien financier du Programme national alimentaire (PNA) et de la fondation Carasso, la Maison d'éducation à l'alimentation durable (MEAD) voit le jour sur le domaine de Haute-Combe, site de production de la régie agricole municipale. Autour d'un mas rénové, elle propose une grande salle d'accueil et de formation, une cuisine pédagogique et une parcelle de maraîchage à visée éducative. L'équipe d'animation du projet alimentaire territorial - six salariés, dont quatre financés par l'Europe ou l’État - y prend ses quartiers autour de cinq domaines : le soutien à l'installation d'agriculteurs bio, la conservation et la transformation des aliments, la sensibilisation à l'alimentation durable, le soutien à des projets de recherche-action et l'extension d'un réseau national et international sur les modèles alimentaires de demain.

Transfert de compétences structuré

Pour faire évoluer les pratiques alimentaires sur d'autres territoires, la Mead met aussi en place deux supports principaux de formation et de diffusion de sa pratique alimentaire durable, tous deux lancés en janvier 2018. D'un côté, le projet européen BioCanteens permet de transférer les bonnes pratiques en matière de restauration scolaire bio auprès de six villes européennes dans le cadre d'un parcours de deux années. D'ici septembre 2019, la démarche va s'élargir à sept villes françaises de tailles variées. "L'objectif est de prouver que le 100 % bio est possible à toutes les échelles de collectivités", précise l'élu.

Diplôme universitaire pour acculturer plus largement

Deuxième outil, le diplôme universitaire "chef de projet alimentaire durable" option collectivités territoriales, proposé avec l'université de Côte-d'Azur dans le cadre des financements Idex. "C'est une formation atypique, qui s'appuie sur notre cas pratique, décortiqué et mis en perspective par des universitaires" pointe l'adjoint. Chaque session accueille 12 étudiants, employés de collectivités locales, futurs consultants ou étudiants se spécialisant. Les six mois de formation articulent deux temps de trois mois de stage et de deux semaines de formation au sein de la Mead. "A l'issue du cursus, nos étudiants ont posé les bases d'un projet alimentaire durable sur le territoire qui les accueille et enclenché la dynamique locale". A l'heure où la deuxième promotion termine ses travaux, la formation a déjà pris une ampleur nationale.

Trouver le bon équilibre entre diffusion globale et locale

Plusieurs financements arrivant à leur terme fin 2019, Mouans-Sartoux doit aujourd'hui trouver de nouvelles solutions pour continuer ce travail de diffusion. "Le volet de transfert de compétences vers l'extérieur ne se poursuivra que si nous obtenons des financements externes. Avec un écueil majeur à éviter : ne faire que de la formation/diffusion sans faire progresser le volet local qui est notre ressource essentielle", note l'élu. La Mead accompagne donc aussi l'approfondissement du projet alimentaire local dans plusieurs directions : création d'un atelier de transformation des légumes de la régie agricole, défis des "familles à alimentation positive", projet de hameau agricole pour installer des agriculteurs bio sur la commune, travail avec le club d'entreprises sur l'alimentation durable... Mouans-Sartoux accueille aussi toujours beaucoup de visiteurs : "ces premiers contacts sont des points de départ pour enclencher des prises de conscience", conclut l'élu.

Commune de Mouans-Sartoux

Nombre d'habitants :

9510
Hôtel de ville- Place du Général-de-Gaulle
06370 Mouans-Sartoux

Gilles Pérole

maire-adjoint chargé de l'enfance et de l'éducation
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