La nouvelle Stratégie nationale sport et handicap met l'accent sur l'accessibilité des lieux de pratique

La Stratégie nationale sport et handicap pour 2026–2030 multiplie les angles d'action pour donner envie aux personnes handicapées de pratiquer. Plusieurs mesures visent à faciliter l'accessibilité des lieux de pratique sportive, à travers des outils de financement et de recensement. 

Marina Ferrari, ministre des Sports, et Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, ont dévoilé le 30 janvier la Stratégie nationale sport et handicap (SNSH) 2026–2030. Cette deuxième SNSH, après une première qui a couvert la période 2020-2024, affiche l'ambition de développer l'accès et la pratique du sport et de l'activité physique pour les personnes en situation de handicap. Et, plus que la précédente, elle insiste sur l'accessibilité de la pratique et des lieux de pratique.

Dans la présentation de cette SNSH, Charlotte Parmentier-Lecocq se fait l'écho du taux de 53% de non-pratique d'activité physique ou sportive chez les personnes handicapées – contre 20% dans l'ensemble de la population – pour affirmer que l'ambition de la SNSH est de "donner envie de pratiquer, rendre accessibles la pratique, les lieux et les événements sportifs, et accompagner l'ensemble des acteurs du mouvement sportif au médicosocial, de l'école aux collectivités".

Objectif numéro un : donner envie

Donner envie de pratiquer, c'est l'objectif numéro un et le but des deux premières actions du plan. La première vise à informer les personnes concernées des bienfaits de la pratique et de l'offre de pratique "para-accueillante", la deuxième entend soutenir l'événementiel comme vitrine du parasport. Autre objectif majeur : accompagner et former les acteurs, qu'ils viennent du milieu sportif, éducatif, du champ médicosocial ou du sport-santé.

Mais le pilier central de la SNSH 2026-2030 est à chercher du côté de l'accessibilité, tant à la pratique, aux lieux de pratique et qu'aux évènements sportifs. La question de l'accessibilité n'était pas absente de la précédente stratégie, mais les actions prescrites ne visaient alors que l'information et la sensibilisation des acteurs.

Soutien à la mise en accessibilité des équipements

Changement de cap, donc, avec cette fois un leitmotiv : garantir un parcours sportif fluide, sécurisé et inclusif. Pour fluidifier la pratique sportive des personnes en situation de handicap, la SNSH annonce d'abord un appel à projets pour soutenir les clubs et associations proposant un accompagnement humain vers et dans la pratique sportive. Ensuite, elle rappelle les possibilités de financement de matériel et de véhicules adaptés à travers une enveloppe dédiée de l'ANS (Agence nationale du sport). Enfin, elle encourage la mutualisation de matériel sportif adapté, facilitée par le Handiguide des sports, qui référence l'ensemble des quelque 6.000 structures sportives accueillant des personnes en situation de handicap.

Afin de garantir l'accessibilité des équipements sportifs – et alors que l'on recense actuellement 6.500 lieux de pratique accessibles –, la stratégie prévoit quatre actions. Premièrement, un soutien renforcé à la mise en accessibilité des équipements sportifs, via un fonds dédié de 2,5 millions d'euros par an. Deuxièmement, l'élaboration d'un référentiel interministériel d'accessibilité des équipements sportifs, pour harmoniser et fiabiliser l'information disponible. Troisièmement, le développement d'outils spécifiques pour l'accessibilité des espaces naturels, avec l'objectif de recenser quatre cents sentiers accessibles d'ici à 2030. Et quatrièmement, la mise en place d'un autre référentiel, cette fois dédié aux stations de montagne, dans la perspective de l'accueil des Jeux d'hiver dans les Alpes en 2030.

Gouvernance territorialisée

Quant à l'ambition de faire de l'accessibilité un standard durable pour l'ensemble des événements sportifs soutenus par l'État, elle s'appuiera sur le renforcement des critères d'accessibilité obligatoires dans les financements publics, l'accompagnement des organisateurs, la mise à disposition d'un guide et d'outils pratiques, et l'implication directe des personnes en situation de handicap pour garantir une expérience inclusive aux sportifs, spectateurs et bénévoles.

On note enfin un dernier grand objectif dans cette SNSH 2026-2030 : celui de "territorialiser" la gouvernance. Ainsi, la stratégie nationale sera déclinée à l'échelle régionale sous le pilotage des Drajes (directions de région académique à la jeunesse, à l'engagement et aux sports), en lien avec le CPSF (Comité paralympique et sportif français) et les collectivités locales, tandis qu'à l'échelle départementale, des instances du parasport, fédérant collectivités, mouvement sportif, MDPH (maison départementale des personnes handicapées), associations et structures médicosociales, seront mises en place afin de coordonner l'action publique et développer une offre sportive inclusive de proximité.

 

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