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Cour des comptes - La Poste invitée à réduire son parc de boîtes jaunes... et à recourir aux drones

Constatant un manque de rentabilité de La Poste dans un contexte de baisse continue du courrier et d'accroissement de la concurrence dans le colis, la Cour des comptes invite le groupe à diminuer ses coûts de distribution, notamment en réduisant le parc de boîtes postales.

La baisse du courrier s’amplifie et pourrait tomber, en volume, de 9 milliards 2018 à 5 milliards en 2025, prévient la Cour des comptes dans son rapport annuel, qui encourage La Poste à accélérer sa mue commencée depuis six ans. Si la livraison de colis connaît un fort développement en raison de l’essor du e-commerce (le nombre de Colissimo a ainsi progressé de 19% entre 2014 et 2018), la concurrence se fait aussi de plus en plus rude avec Amazon et les "expressistes" - UPS, DHL, FedEx… - qui proposent des délais de livraison records. "Le service public postal ne peut être préservé qu’à la condition de diminuer son coût, d’accroître sa part dans les colis distribués (…) et de gagner des parts de marchés dans de nouveaux secteurs stratégiques", estiment les magistrats.

Pour accroître les gains de productivité, ils recommandent tout d’abord une baisse des coûts de distribution. Car ces derniers ont diminué moins vite que le courrier (les effectifs de facteurs ont diminué de 14% depuis 2014 quand le courrier a chuté de 23,5%). Et pour la première fois en 2018, le service universel postal a été en déficit (-365 millions d’euros).

L’augmentation des tarifs n’est pas tenable à moyen terme (le prix du timbre a déjà augmenté de 50% en cinq ans), en particulier pour le colis soumis à vive concurrence. Alors les magistrats recommandent tout d’abord de limiter les déplacements des facteurs, en accélérant la suppression des boîtes aux lettres de rue. Celles-ci sont au nombre de 131.000 (ce qui en fait l'un des parcs les plus denses d'Europe). "Cette adaptation devrait, le cas échéant, être réalisée en associant les collectivités territoriales", précise le rapport. Les magistrats proposent dans le même temps de faciliter l'accès des facteurs aux boîtes aux lettres des particuliers, notamment dans les propriétés en zones rurales. Le surcoût lié à la desserte de points de distribution situés à l’intérieur des propriétés (2,15 millions soit environ 8,5 % des points à desservir) représenterait 37,8 millions d'euros par an", précisent-ils. Une "charte de raccordement postal" est envisagée mais elle était encore en discussion en octobre 2019.

Drones, chariots autonomes...

Ils suggèrent aussi d’adapter le service postal universel et questionne l'opportunité de maintenir une livraison à J+1 du courrier (tarif rouge), rappelant que le Danemark est déjà revenu dessus, ou d’une livraison 6 jours sur 7 (les Pays-Bas étant passés de 6 à 5 jours en 2014).

La Cour préconise par ailleurs l’usage de nouvelles technologies : drones dans les zones difficiles d’accès, smartphones Facteo (qui gèrent les recommandés et les colis), chariots autonomes de livraison capables de transporter 150 kilos de courrier et de colis en une seule livraison.

En revanche, la cour s’interroge sur la rentabilité des nouveaux services de proximité proposés par le groupe comme "Veiller sur mes parents" - service lancé en 2017 qui comprend l’installation d’une téléassistance  et une visite hebdomadaire voire quotidienne chez les personnes âgées ayant souscrit un contrat -, les portages de repas à domicile, l’aide à la déclaration d’impôt, la livraison de médicaments depuis une pharmacie (Porteo), la collecte de déchets de bureau (Recygo)… Sans parler de l‘examen du passage du permis de conduire. La contribution de ces services payants aux résultats du groupe est en croissance mais ne représente encore que 1% du total.

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