Canicule - La sécheresse s'aggrave sur tout le territoire

Après trois semaines de canicule, la sécheresse s'est étendue à 80 départements et 49 d'entre eux ont dû prendre des mesures de limitation des usages de l'eau.

La canicule persistante sur une grande partie du pays depuis trois semaines a aggravé le déficit en eau et les prévisions de Météo France qui tablent sur des températures supérieures à la moyenne pour les trois prochains mois n'incitent guère à l'optimisme. Le comité Sécheresse, qui s'est réuni le 27 juillet pour la quatrième fois depuis février, n'a pu que constater une brusque dégradation de la situation ces dernières semaines, même si la sécheresse actuelle reste moins importante que l'an dernier et qu'en 1976 à la même époque. 80 départements sont aujourd'hui touchés et 31 connaissent une "situation préoccupante", selon le ministère de l'Ecologie et du Développement durable. Les zones les plus affectées sont le Sud-Est qui connaît un déficit de précipitations persistant depuis février, le Bassin parisien où les nappes phréatiques sont à leur plus bas niveau depuis vingt ans, le Sud-Ouest qui conjugue un manque de pluies sur les trois derniers mois et des prélèvements importants pour l'irrigation, et la région Poitou-Charentes en raison d'une surexploitation de ses ressources en eau.

Les milieux aquatiques fragilisés

On constate une baisse générale des débits des cours d'eau depuis juin, en particulier dans le Bassin parisien, le Sud-Est, les Pays-de-la-Loire, en Poitou-Charentes, dans le quart Sud-Ouest et l'Est. Les débits sont redescendus à des niveaux que l'on n'observe en moyenne qu'une fois tous les dix ans, voire tous les vingt ans dans le cas de la Garonne, du Tarn et de l'Aveyron. Le remplissage des barrages est globalement satisfaisant et meilleur qu'en 2005 mais les lâchers d'eau sont réduits de façon à garder des réserves pour un éventuel étiage tardif en septembre-octobre. Si aucune coupure d'eau n'est signalée à ce jour, les conséquences de la sécheresse se font cruellement sentir pour les milieux aquatiques. Les assecs de cours d'eau ont nettement progressé, entraînant une dégradation de la qualité des eaux et des mortalités ponctuelles de poissons comme en 2005. De tous les secteurs économiques, c'est naturellement l'agriculture qui souffre le plus du manque d'eau, avec de sérieuses difficultés pour l'approvisionnement en fourrage.
Actuellement, 49 départements - contre 34 au début du mois - ont pris des mesures de restriction d'eau, avec des interdictions d'arroser les espaces verts, de laver sa voiture, de remplir les piscines et bien sûr d'irriguer.

Economiser l'eau

La ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, a envoyé une nouvelle circulaire aux préfets pour leur demander de maintenir la plus grande vigilance face à une situation qui pourrait être aussi grave qu'en 2005, voire en 2003, si l'absence de pluies et la canicule continuent. A l'issue du comité Sécheresse, la ministre a rappelé la nécessité de gérer l'eau comme une ressource rare. Cette obligation s'impose à tous les citoyens, au monde agricole, aux industriels, sans oublier les collectivités territoriales qui arrosent encore trop souvent les espaces verts avec de l'eau potable, a regretté Nelly Olin.
En partenariat avec les agences de l'eau, le ministère de l'Ecologie vient de lancer une grande campagne de sensibilisation aux économies d'eau qui sera diffusée à la radio et sur différentes chaînes de télévision jusqu'au 22 août. Par de petits gestes comme prendre une douche plutôt qu'un bain, fermer les robinets qui gouttent ou laver sa voiture dans une station de lavage, le ministère estime que l'on peut économiser chaque jour en France 3 milliards de litres d'eau, soit quatre fois la consommation quotidienne de Paris. Il faudra sans doute inscrire ces comportements dans la durée car beaucoup d'experts redoutent que les périodes de canicule et de sécheresse se renouvellent souvent à l'avenir.

Anne Lenormand

 

EDF autorisée à rejeter des eaux plus chaudes  

La ministre de l'Ecologie a autorisé EDF à rejeter des eaux plus chaudes pour trois de ses centrales thermiques : Aramon (Gard), Cordemais (Loire-Atlantique) et Richemont (Moselle). "Ces dérogations ne sont déclenchées qu'en cas d'absolue nécessité afin de maintenir la sécurité du réseau de distribution électrique et sont accompagnées de mesures relatives au respect de l'environnement", précise un communiqué du ministère en date du 28 juillet. Trois autres centrales thermiques se sont vu refuser une demande similaire. Le 23 juillet, un arrêté publié au Journal officiel a autorisé les centrales nucléaires effectuant des rejets d'eau dans les bassins fluviaux de la Garonne, du Rhône, de la Seine, de la Meuse et de la Moselle à rejeter des eaux plus chaudes que la réglementation ne l'autorise.

 

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