L’AMF recommande aux habitants de se confectionner et porter des masques artisanaux

Les Français vont devoir progressivement apprendre à se masquer. L’Association des maires de France (AMF) a recommandé aux maires, mercredi 8 Avril, "de conseiller à la population de porter un masque artisanal ou chirurgical sur la bouche et sur le nez durant les sorties autorisées". Une décision qui suit les recommandations du professeur Philippe Juvin, maire de La Garenne-Colombes, chef du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou à Paris, a indiqué l’association, dans un communiqué. Elle s’inscrit aussi en conformité "avec la recommandation du 2 avril de l’Académie nationale de médecine concernant l’usage des masques dits ‘alternatifs ‘".

Le masque artisanal en tissu "peut être réalisé par tous moyens et confectionné par chaque utilisateur" et il "doit être lavé à 60° tous les jours". Le recours à des masques artisanaux est un moyen de se protéger mais aussi de préserver les masques chirurgicaux au profit des "personnes les plus exposées, soit du fait de leur activité professionnelle, soit du fait de leur fragilité particulière".

Afnor, qui avait déjà mis en ligne un référentiel pour la confection de masques barrières, a justement mis à disposition, ce même jour, sa plateforme solidaire masques-barrieres.afnor.org   "pour favoriser les mises en relation entre les confectionneurs ou fabricants qui s’engagent à offrir leurs masques barrières et les demandeurs que sont les villes et les employeurs souhaitant équiper leurs salariés ou agents".

Cette recommandation s’inscrit dans un changement de doctrine important. À Sceaux (Hauts-de-Seine), le maire UDI Philippe Laurent a annoncé lundi avoir pris un arrêté obligeant les habitants de plus de dix ans à se couvrir le nez et le visage avant de sortir (voir notre article du 6 avril). L'édile, également secrétaire général de l'Association des maires de France (AMF), espère que cet arrêté, le premier à sa connaissance, agira comme une "incitation morale" auprès des autres maires de France. La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a indiqué avoir saisi la justice pour demander la suspension de cet arrêté du maire de Sceaux (Hauts-de-Seine), jugé attentatoire aux "droits et libertés de l'ensemble de la population de la commune". L'association estime que "les pouvoirs de police générale des collectivités territoriales ne permettent pas à l'autorité municipale de prendre des mesures plus restrictives que celles édictées dans le cadre de l'état d'urgence" et qu'aucune "circonstance locale particulière" ne justifie cette mesure.

À Nice, le maire LR Christian Estrosi a annoncé que tous les Niçois allaient recevoir d'ici une dizaine de jours "un masque réutilisable pendant un mois", soit la version en tissu et lavable du masque de protection. "Dès lors je pourrai prendre un arrêté qui impose à tous ceux qui seront dehors sur le domaine public de porter un masque dans les rues de la cinquième ville de France", a ajouté Christian Estrosi sur TF1.

Alors que pendant longtemps, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquait que le port du masque devait être réservé  aux personnels de santé et aux malades – ce que le gouvernement a également clamé face à une pénurie criante – elle s’est ralliée, vendredi, à un usage élargi pour limiter la propagation du virus. Ce à quoi les pays asiatiques sont habitués de longue date.

 

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