France

Anne Lenormand avec AFP pour Localtis

Lancement des travaux du quatrième plan national Santé-Environnement

Environnement

Santé, médico-social, vieillissement

Le gouvernement a lancé ce 14 janvier les travaux d'élaboration du 4e plan national santé environnement et ouvert la consultation publique sur le projet de nouvelle stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. 

En ouverture des Rencontres nationales Santé-Environnement ce 14 janvier à Bordeaux, François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, ont officiellement lancé les travaux d'élaboration du 4e plan national Santé-Environnement (PNSE), intitulé "Mon environnement, ma santé" et la consultation publique sur le projet de nouvelle stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens.  "Chacun d'entre nous vit dans un milieu où l'Homme et la nature sont intimement liés : dégrader l'environnement, c'est affecter durablement notre santé, a déclaré François de Rugy. Les territoires sont en première ligne pour lutter contre les pollutions et mettre en oeuvre des actions au service des citoyens. C'est la raison pour laquelle le gouvernement entend construire avec eux un plan national Santé-Environnement ambitieux qui d'ores et déjà s'incarne à travers une stratégie de lutte contre les perturbateurs endocriniens."

Renforcer la protection des populations

Jouets, tickets de caisse, plastiques, peintures, vêtements, produits phytosanitaires... ces composés chimiques présents dans de nombreux produits de consommation courante sont encore mal connus. Mais la liste des maux qui leur sont attribués est longue (problèmes de fertilité, croissance, comportement, origine possible de certains cancers...), alimentant l'inquiétude de la population et des ONG. Il y a un an, un rapport commun de plusieurs organismes publics, dont l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), avait estimé que la France n'avait pas mis en oeuvre les moyens suffisants pour surveiller et étudier ces substances, malgré la première "Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens" (SNPE) de 2014.
La deuxième SNPE 2019-2022, soumise à consultation publique jusqu'au 8 février, vise notamment à renforcer la protection des populations. Dans ce but, l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) devra publier d'ici 2021 une liste de perturbateurs endocriniens, classés en trois catégories, "suspecté", "présumé" et "avéré".
"La première phase, c'est de tenir à jour une liste exacte de ce qu'on appelle un perturbateur endocrinien, puisqu'il y a aujourd'hui encore des flous sur certaines molécules, et des débats à l'échelon international", a expliqué à la presse à Bordeaux la ministre de la Santé Agnès Buzyn. "Nous n'avons pas encore la preuve scientifique de toute la toxicité de chacune de ces molécules, a ajouté la ministre, donc il est important, au fur et à mesure, d'alimenter les connaissances pour que les Français puissent eux-mêmes être acteurs de leur santé et se protéger progressivement, s'il apparaît qu'un risque est avéré".

Projet de site d'information grand public sur les produits chimiques

Le projet présenté par Agnès Buzyn et François de Rugy prévoit également la création en 2019 d'un site d'information grand public sur les produits chimiques, dont les perturbateurs endocriniens, une meilleure formation des personnels de santé et le financement de recherches scientifiques spécifiques sur le sujet. Selon Agnès Buzyn, "le site internet qui va être créé sur les perturbateurs endocriniens, sera tenu par l'Agence de santé publique, et mis à jour régulièrement, avec notamment des consignes à tenir. On commencera par les populations les plus vulnérables, les femmes enceintes, les enfants, mais petit à petit on élargira à tous les publics".

Implication des collectivités territoriales

La nouvelle stratégie prévoit un accompagnement des collectivités locales pour faciliter la rédaction des cahiers des charges et la prise en compte de l'exposition aux perturbateurs endocriniens dans la commande publique. Son plan d'actions implique les collectivités de plusieurs manières. Elles sont invitées à participer à l'organisation des "journées nationales sur les perturbateurs endocriniens" qui se dérouleront chaque année pour sensibiliser la population et les relais d'opinion aux risques liés à ces substances. Le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) devra aussi développer une stratégie de formation sur cette thématique à destination des différentes familles de professionnels de la fonction publique territoriale (professionnels de santé et de la petite enfance, de la restauration collective, agents de propreté, agents des espaces verts, acheteurs publics…). Les actions et bonnes pratiques mises en place par des établissements accueillant de jeunes enfants et les collectivités territoriales pour réduire l'exposition aux perturbateurs endocriniens seront aussi valorisées. Un rapport sur les produits à proscrire dans les collectivités, les jouets pour enfants et les objets utilisés par les personnes sensibles devra aussi être établi.

Quatre priorités pour le 4e PNSE

Le 4e plan national Santé-Environnement, qui s'accompagnera de la création d'une boîte à outils pour encourager et mutualiser des actions locales réussies en la matière, va quant à lui être élaboré durant l'année 2019.  Les ministres ont fixé quatre priorités pour ce plan : "mieux connaître les expositions et effets de l'environnement sur la santé des populations" ; "informer, communiquer et former les professionnels et les citoyens" ; "démultiplier les actions concrètes menées dans les territoires" ; "réduire les expositions et les inégalités environnementales".

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