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L’ANCT porte le projet d’une "Académie des territoires"

Présentant devant les députés, jeudi 11 juin, les grandes lignes de la feuille de route de l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) qu'elle préside, Caroline Cayeux a voulu rassurer sur sa capacité à servir les territoires les plus fragiles. Un projet d'"Académie des territoires" est à l'étude. Il s'agirait de faciliter les rencontres entre les élus et de stimuler les idées de projets. L'ANCT se veut également aux "avant-postes" de la relance.

Arrêtée dans son élan par la crise du Covid-19, l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) créée en début d’année accélère son déconfinement. Après avoir inauguré son site internet la semaine dernière, elle s’apprête à tenir son prochain conseil d’administration le 17 juin, date à laquelle sera adoptée sa feuille de route. Une feuille de route que sa présidente, Caroline Cayeux, veut "évolutive", capable de "répondre aux enjeux des territoires, qu’ils soient sanitaires, écologiques, numériques, économiques…" Les préfets départementaux – délégués territoriaux de l’agence – ont à présent en main leur doctrine d’intervention, précisée dans une instruction du 1er juin de la ministre de la Cohésion des territoires, Jacqueline Gourault. Les conventions-cadres d’appui avec les cinq grands partenaires de l’agence (Cerema, Ademe, Anru, Anah, Banque des Territoires) sont toutes finalisées. Et à en croire la présidente, "un certain nombre de projets remontent déjà". Exemples : le "développement de la méthanisation dans le cadre du Pacte Ardennes", l’accompagnement "à la reconstruction de la commune du Teil en Ardèche" frappée par un séisme le 11 novembre 2019, ou encore le lancement d’une étude de faisabilité d’une liaison par funiculaire entre la partie haute et la partie basse du Puy-en-Velay (Haute-Loire) – la ville du président de la région, Laurent Wauquiez –, a développé Caroline Cayeux devant la délégation aux collectivités territoriales de l’Assemblée, le 11 juin. "L’ANCT va s’appuyer pour rayonner sur le fameux couple préfet-maire, consacré depuis la crise et le confinement", permettant un "circuit court décisionnel", a-t-elle souligné.

Dans l’ensemble bien moins critiques que leurs collègues du Sénat qui soulèvent quelques "points de vigilance" quant au fonctionnement futur de l’agence, les députés n’en soulignent pas moins la nécessité de s’adresser en priorité aux petites communes. Plutôt associée aux villes moyennes – en tant que présidente de Villes de France et maire de Beauvais – Caroline Cayeux a annoncé qu'elle voulait répondre à cette attente en lançant "une Académie des territoires", pour "permettre aux élus de se former aux grands enjeux portés par l'agence, aux grandes transitions". Elle a aussi évoqué un "système de promotion annuel des élus".

"Projetothèque"

La députée Yolaine de Courson (Côte-d'Or, EDS), qui a suivi de très près la mise en place de l’agence, regrettant un "retard à l’allumage", a salué cette initiative. "Hors des grands programmes – Action cœur de ville, Petites Villes de demain et autres… –, il va y avoir l’initiative spécifique et particulière de chaque collectivité territoriale. (…) Mais pour faire ces projets, pour les imaginer, il faut stimuler, aider, accompagner… Il faut, de la part des élus, oser. Cette académie va pouvoir aider les élus à imaginer leurs projets ensemble, à faire des collectifs de projets." Selon la députée, ce genre de rencontres existent déjà entre les porteurs de contrats de transition écologique.

Quant à l’idée déjà avancée par Yolaine de Courson de "projetothèque", celle-ci va se faire, a annoncé le directeur de l’agence Yves Le Breton. Le nouveau site de l’ANCT comprendra une "banque d’exemples de projets", qui constituera "la première brique de cette projetothèque". Par ailleurs, le site de l’Observatoire des territoires sera "refondu pour être plus accessible".  "Pour tous ceux qui s’intéressent aux évolutions territoriales, ce site sera une source d’information très importante", a assuré le directeur.

Être aux avant-postes de la relance

En dehors de ces aspects pratiques, l'agence se veut "aux avant-postes de la relance". Des propositions ont été transmises au gouvernement en ce sens. Elles pourraient s'appuyer sur la nouvelle génération de contrats de plan État-région (CPER) qui, selon Caroline Cayeux, doit "inclure de nouvelles thématiques d'intervention comme le soutien au système de soins, la relocalisation de certaines industries grâce aux territoires d'industrie, et l'accentuation de la lutte contre le changement climatique…" À l’échelle infrarégionale, ces nouveaux contrats pourraient être orientés vers des "pactes de résilience" pour les territoires les plus fragiles.

Parallèlement, l'ANCT table sur le renforcement des programmes existants, comme Territoires d'industrie, Action coeur de ville et bientôt Petites Villes de demain ou encore le déploiement du numérique et de la téléphonie mobile. "Il faudrait amplifier les action de soutien au commerce", plaide Caroline Cayeux.

"Le Tour de France a été arrêté par le Covid-19. Votre tour de France à vous commence. Vous avez de nombreuses invitations. Il est important d’aller à la rencontre des élus", a souligné, en conclusion, le président de la délégation, Jean-René Cazeneuve.

 

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