Culture - Le CNC dessine la géographie du cinéma

Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) publie un dossier consacré à la "géographie du cinéma". Ce document d'une centaine de pages constitue une véritable mine d'informations sur l'implantation des cinémas, la fréquentation, les publics, les pratiques régionales... Cet ensemble de chiffres témoigne de la bonne santé du cinéma. En 2009, la France comptait ainsi 5.472 écrans actifs (hors les 52 écrans VHR équipés uniquement pour la vidéotransmission en haute résolution). Ce chiffre est en hausse de 48 unités par rapport à 2008, correspondant à la fermeture définitive ou provisoire de 98 écrans et à l'ouverture ou réouverture de 146 écrans. Le nombre d'écrans croît de façon quasi-régulière depuis plusieurs années, puisqu'il n'était encore que de 5.142 en 2000 (soit +6,4% depuis cette date). En revanche, le nombre d'établissements diminue, passant de 2.172 en 2000 à 2.068 en 2009 (soit un recul d'environ 5%). Cette double évolution est la conséquence du développement des multiplexes (84 en 2000, 174 en 2009). Au total, les établissements offrent 1.078.088 fauteuils, soit environ un fauteuil pour 60 habitants. Mais cette densité moyenne peut aller jusqu'à un fauteuil pour 20 habitants à La Rochelle, pour 21 habitants à Bourg-en-Bresse et pour 22 habitants à La Roche-sur-Yon, Cherbourg et Compiègne. Des tableaux détaillés permettent de retrouver, pour chaque ville de plus de 50.000 habitants, de nombreuses autres informations comme le nombre de séances, celui des entrées, la recette totale et la recette par fauteuil... Le cas de Paris fait l'objet d'un traitement à part, car la capitale est dans une situation unique au monde, avec 362 écrans qui réalisent 14% des entrées nationales.

Un taux d'occupation de 15,7%

En 2009, 1.662 communes - regroupant 49% de la population française - disposaient d'au moins une salle de cinéma, soit 19 de plus qu'en 2007. La quasi-totalité des villes de plus de 50.000 habitants - à la seule exception d'Armentières - sont ainsi équipées d'au moins une salle et 82% de celles de 20.000 à 50.000 habitants le sont. L'un des chiffres les plus surprenants de l'étude est le taux d'occupation des fauteuils, qui ruinerait instantanément n'importe quel hôtel ou compagnie aérienne. Il est en effet de 15,7%, avec toutefois des pointes dans certaines villes moyennes comme Arras (23,9%), Thonon-les-Bains (23,6%) ou Epinal (22,3%). Le nombre d'entrées par fauteuil présente également une forte dispersion : faible dans les zones rurales (63 entrées par fauteuil), il atteint 285 dans l'agglomération parisienne et même 330 à Toulouse et à Nîmes.
Si l'on raisonne par département, il apparaît que treize départements concentrent le tiers des écrans. Derrière Paris viennent ainsi le Rhône (168 écrans), le Nord (162), les Bouches-du-Rhône (162) et la Loire-Atlantique (137). Mais même les petits départements ne sont pas dépourvus de salles, puisqu'on en trouve douze dans l'Ariège et dans la Creuse, onze dans la Meuse et sept en Lozère. En termes d'indice de fréquentation, Paris arrive largement en tête avec 12,88 entrées par habitant (ce qui s'explique par la fréquentation des Parisiens, mais aussi par le fait qu'une bonne part des spectateurs viennent des départements limitrophes), suivie par la Haute-Garonne (4,64), le Rhône (4,61), la Haute-Savoie (4,19) et la Loire-Atlantique (4,18). Les chiffres sont en revanche beaucoup plus faibles dans les petits départements comme la Corse-du-Sud (1,10), l'Ariège (1,19), la Meuse (1,26), le Cantal (1,26) ou la Haute-Corse (1,27).

Où sont les femmes ?

A côté de ces informations de portée générale, le document consacre également plusieurs monographies à des sujets particuliers, mais toujours sous l'angle géographique : un retour sur dix années d'évolution des salles de cinéma, un focus sur les salles d'art et d'essai, une étude sur les pratiques cinématographiques des Français, ou encore une comparaison entre la petite exploitation (moins de 80.000 entrées par an), la moyenne exploitation (de 80.000 à 450.000) et la grande exploitation. La plus originale concerne toutefois l'analyse du public régional du cinéma en 2009. Chaque région fait ainsi l'objet d'une présentation du profil de son public, avec des écarts qui laissent parfois songeurs. Par exemple, pourquoi les femmes représentent-elles 59,6% des spectateurs en Basse-Normandie, mais seulement 48,7% en Franche-Comté ? De même, la part des catégories socioprofessionnelles supérieures (CSP+) parmi les spectateurs va de 24% en Languedoc-Roussillon à 38,8% en Ile-de-France.
 

 

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