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En bref - Le CSA relève une "représentation stéréotypée des grands ensembles" à la télé

Publié le
par
Valérie Liquet pour Localtis
dans

Politique de la ville

À la télévision, un habitant de grand ensemble est forcément jeune, inactif et "non-blanc". C'est en tous les cas ce qui ressort du dernier Baromètre de la diversité française du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) qui, pour sa vague 2018, a intégré pour la première fois un nouveau critère sur l'image des quartiers de la politique de la ville et de leurs habitants dans les médias télévisuels. Il suivait en cela une recommandation du Conseil national des villes (CNV) remis en juillet 2016 au ministre de la Ville de l'époque, Patrick Kanner, dans son avis "Images des quartiers dans les médias".

Le baromètre 2018 du CSA note clairement une "représentation stéréotypée des grands ensembles de banlieues populaires". Ainsi, "les personnes évoluant dans les grands ensembles de banlieues populaires sont essentiellement perçues comme 'non-blanches', inactives et âgées de moins de 20 ans" et "ce profil de personne se retrouve davantage dans les fictions et l’information". Le CNV estimait en 2016 que "les jeunes sont à la fois victime des clichés et porteurs de ces mêmes clichés".
Le CSA estime plus généralement que la "diversité des territoires" français est "peu visible à l'antenne". Ainsi, "les personnes résidant dans les grands ensembles de banlieues populaires sont très peu représentées à l’antenne (3 % des lieux de résidence connus)". Ceux qui viennent de quartiers périphériques composés de pavillons et de petits immeubles sont mieux représentées (17 %), ainsi que ceux qui vivent dans des villages (26%) et en centre-ville historique (45%).

"Le discours médiatique est un reflet des mécanismes de distinction sociale, la dévalorisation permettant de masquer l’ignorance face aux réalités complexes et multiformes qu’abritent les quartiers", estimait le CNV en 2016. Il se félicite aujourd'hui de la publication du baromètre 2018, estimant qu'il est "plus que jamais un enjeu républicain de cohésion sociale que les quartiers populaires et leurs habitants fassent l’objet d’une présentation objective - sans fards, mais juste et équilibrée".

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