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Sans-abrisme / Santé mentale - Le "Logement d'abord" pour les personnes sans-abri souffrant de troubles mentaux, au Canada, ça marche...

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Logement

Santé, médico-social, vieillissement

Social

L'approche "Logement d'abord", qui prévoit l'accès immédiat à un logement permanent et un suivi intensif ou d'intensité variable pour les personnes sans-abri souffrant de troubles mentaux "met un terme à l'itinérance rapidement", conclut le rapport final du projet "Chez soi" canadien. Selon ce rapport, qui a étudié le comportement de 2.000 personnes, dans cinq villes, sur deux ans, cette méthode représente un "investissement judicieux", avec des économies substantielles réalisées et des "effets bénéfiques" pour les personnes prises en charge.

"Les conclusions d'une nouvelle étude publiée par la Commission de la santé mentale du Canada mettent en avant l'efficacité manifeste de l'approche 'Logement d'abord' dans la lutte contre le sans-abrisme auprès des personnes à la rue souffrant de troubles psychiques sévères", estime, en France, la Dihal (Délégation interministérielle à l'hébergement et à l'accès au logement), après la parution du rapport final du projet "Chez soi" canadien.
Alors que, chaque année, pas moins de 200.000 Canadiens se trouvent en situation d'itinérance, que 30.000 "passent la nuit dans la rue" et que les coûts de cette "problématique sociale" se chiffrent à sept milliards de dollars annuels, le projet canadien constitue la "plus vaste étude" réalisée dans le monde sur le modèle du "Logement d'abord". Elle a suivi de près plus de 2.000 personnes, pendant deux ans, dans cinq villes canadiennes (1).

Le Canada, chef de file

Si c'est New York qui est reconnue comme la première ville ayant expérimenté cette approche dans le cadre du projet "Pathways to Housing", le Canada fait aujourd'hui figure de chef de file mondial. Son approche "Logement d'abord" propose, avant toute chose, un logement permanent, accompagné de services de soutien globaux, à des personnes itinérantes aux prises avec une maladie mentale. Ce modèle aurait notamment "inspiré [le programme] 'Un chez-soi d'abord' piloté par la Dihal", dont la publication des premiers résultats et attendu fin 2014, avant les résultats finaux en 2016.
Principales conclusions du rapport canadien : cette approche "est bénéfique tant pour les personnes itinérantes que pour le système de services et la collectivité. […] Bien que certaines questions à propos [du] modèle demeurent entières, [son] potentiel […] est évident". Il permet notamment de faire entrer plusieurs paramètres tels que la qualité de vie, le fonctionnement en société ou le rétablissement et de comparer l'efficacité du programme en fonction des particularités des participants. Il apporte enfin des pistes dans le domaine de la formation ou de l'assistance technique à apporter aux personnels.

10 dollars investis, 22 dollars d'économies

Selon l'étude, chaque tranche de 10 dollars investis dans les services du "Logement d'abord" se traduit par des économies moyennes de 21,72 dollars. "Les principaux éléments de compensation de coûts sont les séjours à l'hôpital psychiatrique, les séjours à l'hôpital général, les consultations, à domicile ou en cabinet, […] les jours de détention, les démêlés avec les services policiers, les visites aux urgences", etc. "On note [en revanche] une hausse des coûts dans deux catégories de services", poursuit l'étude : "l'hospitalisation dans une unité de soins psychiatriques d'un hôpital général et le séjour dans un centre de réadaptation psychiatrique".
"Favoriser le respect de tous les éléments du modèle et investir dans la formation et le soutien technique s'avèrent rentable du point de vue des résultats", conclut l'expérimentation.

AEF Habitat et Urbanisme

(1) Les cinq villes sont Vancouver, Winnipeg, Toronto, Montréal et Moncton. La collecte de données a commencé en octobre 2009 pour terminer en juin 2013. Le participant type provient "de refuges ou de la rue", il est "de sexe masculin et au début de la quarantaine", mais les caractéristiques démographiques sont très diverses et on compte par exemple 32% de femmes. Beaucoup ont été entraînés vers l'itinérance suite à des "traumatismes subis en bas âge et la fuite du domicile familial pour échapper à la violence dans bien des cas". Leur période moyenne d'itinérance s'élève à 4,8 ans.

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