Le marché Edtech scolaire et parascolaire français (2018-2022)

Un secteur prometteur en pleine structuration
Publié le
dans

Jeunesse, éducation et formation

EdTech : peut-être n’avez-vous jamais entendu ce néologisme, contraction des mots éducation et technologie ? La Banque des Territoires a publié le 21 juin 2018 une étude consacrée à la filière EdTech, filière qui concerne les enfants de la maternelle à la terminale. Première du genre, cette étude estime le marché des solutions numériques innovantes pour les écoles, collèges et lycées français à 85 M€ par an

Le marché des services et des ressources EdTech représente 89 millions d’euros en 2017
Dont 85 millions d’euros pour le secteur scolaire.
Les services de gestion des Espaces Numériques de Travail (ENT) représentent 43 millions d’euros
les ressources pédagogiques distribuées dans les classes et achetées par les collectivités territoriales, les établissements scolaires ou les enseignants eux-mêmes, représentent 42 millions d’euros

 

Comme d’autres avant lui, le secteur de l’éducation est appelé à se transformer à l’heure du numérique. Plus de 322 entrepreneurs français consacrent aujourd’hui leur énergie et leurs talents au secteur de l’EdTech alors qu’ils n’étaient que 150 trois ans plus tôt. Parmi ces 322 entreprises, de manière plus ou moins exclusive, près de 200 ciblent le secteur de l’éducation, de la petite enfance au lycée.

Nous avons donc choisi de nous intéresser à la structure et au potentiel de ce marché dynamique, en mettant l’accent sur le segment scolaire et parascolaire qui concerne 12,8 millions d’élèves et 884 000 enseignants en France. Une analyse des principaux ressorts et contraintes de ce marché a permis sa modélisation, afin de répondre aux questions suivantes : quel est le niveau de maturité du marché scolaire et parascolaire en France ? Quelles sont ses perspectives pour les 5 années à venir ?

 

Notre étude révèle que le dimensionnement du marché EdTech français, soit les ressources numériques innovantes pour les 3 à 17 ans, reste modeste aujourd’hui. Estimé à 89 millions d’euros en 2017, il pourrait atteindre 156 millions d’euros en 2022.

Ce marché est structuré autour de 3 grands ensembles :

les services de gestion et les ENT qui s’inscrivent dans un modèle B2B avec des variantes (B2B2C, B2B2B, B2C2B et freemium). Ils représentent aujourd’hui 43 millions d’euros et devraient augmenter de 10 millions d’euros d’ici 2022 ; 

les contenus pédagogiques, distribués en B2B représentent 42 millions d’euros ; leur poids dans ce marché en 2022 devrait atteindre 87 millions d’euros ;

le marché du numérique parascolaire, caractérisé principalement par un modèle B2C est évalué à 4 millions d’euros. Il est projeté à 16 millions d’euros en 2022.

L’écart entre le dimensionnement du marché de l’Edtech pour le scolaire et son potentiel eu égard au nombre d’élèves, d’établissements et d’enseignants, reflète un rythme d’adoption des pratiques numériques en classe assez lent, pouvant s’expliquer notamment par :

le manque d’infrastructures (connectivité et équipements) et d’accompagnement (technique et pédagogique) dans les établissements scolaires, en particulier en primaire ;

l’hétérogénéité et la complexité des circuits de prescription et d’achats ;

le poids des contraintes réglementaires et financières.

 

Ces spécificités font de l’EdTech française un paysage composé d’une part d’une minorité d’acteurs initiés, parfois dans des situations dominantes, et d’autre part, de nouveaux acteurs, relativement nombreux, mais qui dégagent des chiffres d’affaires aujourd’hui modestes (l’effet « forêt de bonsaï »). Face à ces contraintes, nombreuses sont les startups qui pivotent vers le marché de la formation continue ou redéployent leurs efforts vers l’international. Pourtant ces efforts ne leur permettent que trop rarement de passer à l’échelle.

Pour accélérer le rythme de son développement, le marché Edtech scolaire et parascolaire devra bénéficier d’un effet de rupture touchant un ou plusieurs inducteurs :

  • le montant de la part pédagogique de la DGF pour les écoles et lycées ;
  • le rythme de progression du manuel numérique dans les collèges et les lycées ;
  • une augmentation des dépenses d’Etat consacrées au numérique ;
  • le développement des plates-formes d’intermédiation dans le parascolaire.

 

Accéder à l'étude : le marché EdTech scolaire et parascolaire

 

Type :
Etude
Haut de page