Congrès de l'USH - Le "modèle HLM" : jusqu'ici, tout va bien

Le mouvement HLM ne connaîtra pas de crise de liquidités. Le message est distillé tout au long du 73e Congrès de l'Union sociale pour l'habitat (USH), rappelant dans chaque débat le redéploiement du livret A et la participation renouvelée d'Action logement pour au moins trois ans (notamment avec l'aide de 1,5 milliard d'euros dédiés à la construction - voir ci-contre notre article du 25 septembre). Le modèle actuel du mouvement HLM lui permettrait donc de "ne pas se laisser porter par la vague financière", pour reprendre l'expression de Marie-Noëlle Lienemann, la présidente de l'USH, le premier jour du congrès. Pour combien de temps ? "Il n'y a pas de sujet sur la liquidité des fonds d'épargne", a souligné Benjamin Dubertret, directeur des fonds d'épargne de la Caisse des Dépôts, "la question est plus celle des bouclages et des équilibres des plans de financement".
La séance plénière du mercredi 26 septembre, deuxième jour du congrès à Rennes, consacrée au "modèle HLM" et à son adaptation à la situation économique et sociale ambiante, oscillait une fois de plus entre les deux registres : messages rassurants, messages alarmants. Bref : "Chers congressistes, adaptez-vous aujourd'hui ; demain il sera trop tard !"

Mutualiser les trésoreries, développer la conception-réalisation…

L'USH fait son travail de lobbying auprès de l'Etat pour rechercher le milliard d'euros qui lui manquerait pour assurer l'objectif de financement de 120.000 logements par an (détails dans notre prochaine édition). Sur le terrain, des pistes sont ouvertes : mutualiser les trésoreries, mutualiser certains achats, poursuivre les regroupements d'organismes (et en améliorer le processus), réviser les modèles de gestion de proximité, développer la conception-réalisation pour réduire les coûts de construction (Immobilière 3F affiche des gains de l'ordre de 10 à 20% selon les chantiers), développer l'usufruit locatif social, vendre des logements HLM à leurs habitants…
Ce dernier point – qui n'est ni nouveau ni innovant – exige particulièrement d'être mis en oeuvre en accord avec la collectivité locale concernée. Non seulement parce que celle-ci a contribué à la production des logements sociaux en jeu, mais aussi parce qu'une telle démarche doit s'inscrire dans la politique locale de l'habitat. "Nous sommes des acteurs de la ville", a rappelé Thierry Bert, délégué général de l'USH. C'est donc ensemble qu'il faut répondre à la demande sociale, à long terme et pas seulement aux situations d'urgence.
"Nous devons faire face à toutes les insatisfactions", résume Christian Dupuy, sous sa double casquette de maire de Suresnes et de président de l'OPDH92. "Répondre à tous, c'est maintenir et développer le vivre ensemble", estime-t-il, citant les demandes de logements des populations en grande précarité, mais aussi celles des catégories modestes et intermédiaires.

Avec la future loi de Décentralisation

Avec l'acte 3 de la décentralisation, Jean-Yves Le Bouillonnec, député du Val-de-Marne et maire de Cachan, espère bien profiter d'une territorialisation accrue des politiques publiques. Il décrit avec félicité le projet d'un "instrument de gouvernance à l'échelle régionale", au sein duquel la région serait considérée comme "un partenaire, garant d'une stratégie globale", avec, "pourquoi pas, une compétence régalienne en matière de politique du logement". Ce serait, pour Christian Dupuy, "recentraliser à l'échelle régionale ce qui avait été décentralisé au niveau départemental et communal avec efficacité". "Ce serait la tutelle d'une collectivité territoriale sur d'autres, ce qui est contraire à la constitution !", ajoute le maire de Suresnes, également vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine, qui se dit décidé à "aller en QPC" (question prioritaire de constitutionnalité). Et, pour achever de détourner les maires de ce projet d'instance, il brandit la menace de "l'attribution des logements sociaux à l'échelle régionale", ajoutant : "nous nous opposerons à ce qui constituerait une perte d'autonomie des collectivités territoriales !". Ce débat là se poursuivra au Parlement.

 

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