Social - Le nombre de bénéficiaires de l'aide sociale des départements a augmenté de 4% en 2012

Comme chaque année, la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux publie son décompte des bénéficiaires de l'aide sociale départementale. Et comme chaque année, ce chiffre est à la hausse. En 2012, le nombre de bénéficiaires des différentes formes d'aide sociale des départements a en effet progressé de 4% pour atteindre 3,612 millions. Depuis 2008, ce nombre de bénéficiaires est passé de 2,906 millions à 3,612 millions, soit une hausse de 24% en cinq ans. Un chiffre qui éclaire les difficultés budgétaires des départements et explique certaines réactions épidermiques comme les arrêtés suspendant l'accueil des mineurs isolés étrangers (voir notre article ci-contre du 20 novembre 2013).

Le RSA tiré par la crise

En termes de populations, la progression la plus rapide concerne l'aide sociale au titre de l'insertion, dont le RSA socle est la composante quasi exclusive. Le nombre de bénéficiaires progresse de 5% en 2012, pour atteindre 1,555 million de personnes. Depuis 2008, la hausse est de 44%, mais le passage du RMI au RSA - avec l'intégration des bénéficiaires de l'allocation de parent isole - biaise en partie la comparaison. Il reste néanmoins que, depuis 2009, les personnes en insertion sont la première catégorie de bénéficiaire de l'aide sociale des départements, devant les personnes âgées qui étaient, depuis très longtemps, la "clientèle traditionnelle" des conseils généraux.
Ces dernières restent toutefois un public important, avec 1,385 million de bénéficiaires en 2012 - dont 1,190 million d'allocataires de l'APA -, soit une hausse de 2% (et de 10% depuis 2008). Même si le rythme de progression tend à se ralentir - après l'explosion de l'APA dans les années 2000 -, il reste difficile de parler d'une stabilisation.
Le troisième groupe est celui des personnes handicapées. Il a, lui aussi, fortement progressé depuis 2008 (+30%), au point de passer devant l'aide sociale à l'enfance et de compter désormais 368.000 bénéficiaires. Après les débuts difficiles de la prestation du handicap (PCH), puis sa rapide montée en charge, la progression tend toutefois à se ralentir, puisqu'elle n'est "que" de 3% en 2012.

Des écarts sur l'hébergement et le maintien à domicile

Enfin, l'évolution de l'aide sociale à l'enfance reflète, comme le RSA, le poids de la crise économique. Le nombre de mineurs pris en charge au titre de l'ASE est resté pratiquement inchangé entre 2008 et 2010, autour de 290.000. Ceci explique la progression modérée de 6% sur l'ensemble de la période 2008-2012. Mais, depuis 2011, les chiffres de l'ASE sont repartis à la hausse. La progression du nombre de jeunes pris en charge est en effet de 2% en 2012 (le tiers de la progression sur cinq ans), pour atteindre 303.470.
Enfin, les tableaux publiés par la Drees mettent en évidence un phénomène intéressant sur la répartition des dépenses entre aide à domicile et aide en établissements. Dans le cas des personnes âgées, ces deux catégories de dépenses ont progressé au même rythme entre 2008 et 2012 (+10% chacune). En revanche, dans le cas des personnes handicapées, les dépenses d'aide au maintien à domicile (+39% entre 2008 et 2012) ont progressé deux fois plus vite que les dépenses d'aide en établissement (+20%).

 

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