Le premier TER hybride diesel/électrique/batterie expérimenté début 2021

Un TER va être modifié début 2021 pour lui permettre de fonctionner avec des batteries en plus des modes électrique et diesel, ont indiqué ce 3 décembre le constructeur ferroviaire Alstom, la SNCF et les quatre régions impliquées dans l'expérience.

Après une phase d'essais, la production du premier TER hybride en France vient d'être lancée pour une expérimentation "dès début 2021", ont annoncé ce 3 décembre le constructeur ferroviaire Alstom, la SNCF et les quatre régions parties prenantes de l'opération (Grand Est, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, et Centre-Val de Loire). La mise au point de ce TER hybride a pris un an de retard par rapport au calendrier avancé en septembre 2018, au moment de sa première annonce (lire notre article).

 

Essais du prototype du système de stockage avant l'expérimentation

Au final, les essais du prototype du système de stockage conduits à l'usine Alstom de Tarbes pendant plusieurs mois ayant été jugés "réussis", un TER Regiolis a été prélevé sur le parc de la région Occitanie pour être modifié début 2021 à l'usine de Reichshoffen (Bas-Rhin). Concrètement, le passage à un modèle hybride va consister à remplacer la moitié des moteurs diesel du train par un système de stockage d'énergie composé de batteries lithium-ion. "Les essais se dérouleront dans le courant de l'année (2021). L'expérimentation se poursuivra ensuite en service commercial à partir de 2022 pour valider en conditions réelles les fonctionnalités et les performances de la solution, dans la perspective de son déploiement en série", selon un communiqué commun des acteurs ferroviaires et des régions.

 

Un objectif de réduction des coûts d'exploitation sur les petites lignes

L'idée est de combiner, en fonction des situations, l'alimentation électrique par caténaire, la mise en route des moteurs thermiques et l'utilisation de l'énergie stockée dans les batteries --par exemple lors d'arrêts prolongés en gare. Elle s'inscrit dans la recherche de solutions - comme la mise au point du train à hydrogène - visant à réduire le coût d'exploitation des trains sur des liaisons qui ne sont pas électrifiées de bout en bout ou quand la remise à niveau d'installations électriques fatiguées coûterait trop cher, en particulier sur les petites lignes. 

"L'objectif d'un transport 'zéro émission' est un moteur d'innovation puissant. Le ferroviaire est déjà un mode qui émet peu de CO2, il sera bientôt encore meilleur grâce au TER hybride", a commenté Carole Desnost, directrice de l'innovation et de la recherche à la SNCF, citée dans le communiqué. "Les essais et la validation du système de stockage d'énergie menés dans notre centre d'excellence traction à Tarbes démontrent déjà que l'hybridation de trains thermiques est une solution réaliste tant techniquement qu'économiquement pour réduire les émissions et les coûts", a ajouté Jean-Baptiste Eyméoud, le président d'Alstom France. La solution devrait de toute façon être temporaire, la SNCF entendant sortir du diesel d'ici 2035.

 

Les présidents de région demandeurs de "trains plus propres"

Les présidents de région voient quant à eux de nombreux avantages dans cette solution hybride. "L’enjeu de la mobilité sur l’ensemble de la région Centre-Val de Loire est notre priorité. Il passe par la sauvegarde et la rénovation des lignes de desserte de proximité, sur lesquelles nous nous sommes fortement engagés avec l’État, mais aussi par l’enjeu primordial du renouvellement du matériel roulant, a souligné François Bonneau. C’est donc avec ambition que nous avons décidé de nous engager en faveur de l’hybridation de matériels existants. Le passage à la phase de production de ce programme en démontre toute la pertinence et permet d'entrevoir, dans un avenir proche, des trains plus propres, au plus près des territoires et des habitants."  

"Avec cette initiative commune, nous développons une nouvelle alternative aux locomotives trains 100% carburants fossiles sur les lignes non électrifiées, ajoute Jean Rottner, président de la région Grand Est. Grâce à l’hybride, la mobilité ferroviaire franchit une étape décisive de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. C’est un nouveau défi technologique réussi et un vrai pas en avant vers la décarbonation de la mobilité."

"Le verdissement du parc des rames TER est un des objectifs majeurs décidés dans la feuille de route de la région Nouvelle-Aquitaine, Néo Terra, destinée à accélérer la transition écologique, poursuit Alain Rousset. Notre objectif : sortir les TER du diesel d’ici 2030. Pour y parvenir, diverses technologies sont envisagées en région : train à batteries rechargeables, train à hydrogène, train au BioGNV et évidemment train hybride, pour lequel je me réjouis du lancement de production." 

"Hybridation, train à hydrogène ou à batteries rechargeables, tous les développements doivent être soutenus pour engager notre réseau ferroviaire dans une démarche encore plus vertueuse, a souligné pour sa part la présidente de la région Occitanie, Carole Delga. Certes le train est le transport le plus propre, mais nous devons maintenir une exigence absolue pour garder notre position de leader. Et outre l’acquisition de matériel moins polluant, nous devons également collectivement nous battre pour le développement du réseau. Que le train soit accessible sur tous les territoires, que le TGV permette aux habitants de Toulouse et Perpignan de rejoindre Paris, que le train de nuit retrouve ses lettres de noblesse."

 

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