Transports - Le prochain patron de Réseau ferré de France présente ses priorités au Parlement

Proposé à la présidence de RFF par le gouvernement, Jacques Rapoport était entendu le 12 décembre par les commissions développement durable du Sénat et de l'Assemblée nationale. Cet homme-clé de la réforme du rail français a fait le point sur les priorités. Dans un secteur en pleine mutation, Jacques Rapoport a fait part de sa détermination à poursuivre les efforts entrepris par Hubert du Mesnil, dont le mandat de président a pris fin en septembre. "Je suis optimiste, le travail déjà accompli facilitera la tâche de son successeur", a-t-il assuré devant les députés. Cette tâche n'en reste pas moins d'ampleur et consistera, entre autres, à contenir la dette. Abyssale, celle-ci dépasse les 30 milliards d'euros et s'accroît chaque année de 1,5 milliard d'euros. "Laisser l'endettement croître et le réseau vieillir, sans agir, ce serait la voie de la facilité. Il faudra au contraire inverser la courbe." Sans préciser quels seront les moyens pour y parvenir, il a toutefois glissé qu'il serait nécessaire "d'intensifier l'utilisation du réseau". Notamment pour réveiller le fret : "Dans le système actuel, le fret passe après le transport de voyageurs. Il faudra investir pour moderniser les équipements afin de faire à la fois passer sur les voies du fret et du transport de passagers."
Malgré la spirale de l'endettement, le chantier de rénovation et de modernisation du réseau doit, selon lui, s'accélérer. Un objectif qu'on retrouvera certainement inscrit au coeur du prochain plan pluriannuel de l'établissement, prévu au printemps 2013. "Ce réseau, c'est notre patrimoine, il faut le préserver et garantir sa pérennité", a poursuivi l'ancien directeur général adjoint de la Poste, qui a effectué une partie de sa carrière dans les transports et notamment à la RATP. Des députés en ont profité pour lui rappeler le manque d'ancrage local de l'établissement et des difficultés rencontrées par les élus locaux dès lors qu'il s'agit de le joindre. Rétablir et resserrer ces liens avec les acteurs locaux sera un autre challenge que l'établissement devra relever. 

Préparer 2019

En parallèle, Jacques Rapoport recommande de se préparer à l'ouverture à la concurrence pour le transport national des voyageurs voulue par Bruxelles en 2019. "Ce n'est pas demain mais dès maintenant qu'elle se prépare. Le risque serait qu'elle ne soit pas réglementée, il y aurait des risques de dumping social et technique." Sur un autre volet, de régulation, il a salué le travail de l'Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf), le "gendarme du rail", dont l'une des missions consiste à veiller au maintien du service public. "Même s'il lui reste encore des développements à opérer", relève-t-il.
Autre mission de RFF, sa participation à l'effort d'unification opérationnelle, première pierre de la réforme engagée par Frédéric Cuvillier. En effet, le 30 octobre, le ministre délégué aux transports a confirmé la création d'un gestionnaire d'infrastructures ferroviaires intégrant RFF et rattaché à la SNCF au sein d'un pôle public unifié. "Si la création d'un tel pôle a de l'intérêt, c'est que le système ferroviaire forme bien un ensemble. Il n'y a pas d'un côté les rails et, de l'autre, les trains qui circulent dessus. Le penser est une vue de l'esprit et ne correspond en rien au fonctionnement réel du système, qui est bel et bien global", estime Jacques Rapoport.
 

 

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