Le secteur du tourisme recrute et veut le faire savoir

A l’occasion du lancement de la 4e édition de la Semaine des métiers du tourisme, le ministre Serge Papin a rappelé que 61.000 postes restaient non pourvus dans l’hôtellerie, la restauration et le reste des métiers du secteur du tourisme en France. 

Le ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a donné mardi 27 janvier à Angers le coup d’envoi de la 4e édition de la Semaine des métiers du tourisme qui se tiendra partout en France du 2 au 8 février prochains. But de l’opération : attirer les talents vers des métiers souvent décriés mais où les opportunités sont réelles, a martelé l’ancien homme fort de Système U.

En présence du maire d’Angers et ancien ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu (Horizons), ainsi que des représentants du réseau des instituts universitaires du tourisme (INNTO), Serge Papin s’est adressé depuis les bords de la Loire en priorité aux jeunes entre 14 et 25 ans - ainsi qu’à leurs familles -, la première cible de cette campagne qui cherche à redorer le blason d’un secteur souvent pointé du doigt pour les conditions de travail qu’il propose.  Jouant sur l’ambiguïté d’un terme qui renvoie aussi à une forme de nonchalance, le ministre a expliqué que le tourisme, "c’est tout sauf de l’improvisation", préférant mettre en avant l’exigence, le talent, le travail ou encore l’engagement qui font selon lui du secteur du tourisme "un vrai business". Au-delà de la terminologie choisie, le discours de Serge Papin vise à déconstruire une image souvent négative des métiers du tourisme, loin des opportunités réelles d’un secteur marqué par sa variété. Il n’a pas hésité à faire appel à sa propre expérience professionnelle, entamée à  "la superette du camping de mon père sur la côte vendéenne" et qui l’aura propulsé à la tête du groupement Super U avant de devenir ministre.

Entre 15.000 et 20.000 recrutements attendus

L’objectif de la Semaine des métiers du tourisme est donc clair : attirer les talents vers des activités qui représentent 7,5% du PIB national et qui emploient près de 2 millions de personnes dans plus de 300 métiers différents "accessibles à tous les niveaux de qualification du CAP au Master", a souligné le ministre. A compter du 2 février et jusqu’à la fin du mois de mars, des événements ciblés à destination des jeunes mais aussi des demandeurs d’emplois et des personnes en reconversion professionnelle vont se dérouler sur l’ensemble du territoire national. A date, 1.500 d’entre eux sont déjà labellisés et programmés, le cabinet du ministre rappelant que l’objectif pour 2026 a été fixé à 3.000. L’an dernier, 2.400 événements répartis sur l’ensemble des régions métropolitaines ainsi que dans les outre-mer avaient attiré plus de 200.000 participants, jeunes ou demandeurs d’emplois. Une séquence à l’issue de laquelle 14.000 recrutements avaient été enregistrés. Cette année, à travers une édition qualifiée de "plus ambitieuse que les années précédentes", le ministère espère ainsi voir se concrétiser "entre 15.000 et 20.000 recrutements".

En amont de la visite vendéenne de Serge Papin, son cabinet avait souligné la nécessité "de lutter contre tous les stéréotypes" qui affectent l’image des métiers du tourisme auprès des jeunes et de leurs parents, qu’il s’agisse des conditions de travail ou de la rémunération. Le ministre, lors de sa prise de parole, a embrayé en rappelant que dans le secteur du tourisme "le travail paye", évoquant des salaires de plus de 2.000 euros pour un réceptionniste de nuit ou encore de 4.000 euros pour un directeur d’hôtel. Un secteur dans lequel, a-t-il insisté, "l’ascenseur social est encore en marche".

Afin de mieux toucher le jeune public, la Direction générale des entreprises (DGE) qui pilote la Semaine des métiers du tourisme a choisi comme parrain de l’évènement le chef colombien Juan Arbelaez, formé en France dès l’âge de 18 ans, devenu depuis cuisinier star des réseaux sociaux et chroniqueur TV. Elle a mobilisé en parallèle l’ensemble du réseau des professionnels du secteur, que ce soit France travail, INNTO France ou encore les fédérations professionnelles de l’hôtellerie et restauration (Umih) ou du secteur des parcs de loisirs et d’attraction. Cette 4e édition se tiendra partout en France du 2 au 8 février "avec une tolérance pour les événements organisés à partir du 26 janvier et jusqu'au 1er mars 2026, et une extension jusqu'au 26 avril pour la Corse et les outre-mer", précise la DGE.

 

 

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