Le Val d'Alzette dessine les contours d'une éco-agglomération transfrontalière avec le Luxembourg

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Organisation territoriale, élus et institutions

Moselle

Le projet d'éco-agglomération transfrontalière de la communauté de communes du Pays Haut Val d'Alzette (Lorraine) figure parmi les treize dossiers éco-cités retenus par le ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire (Meeddat). Elaboré avec le Luxembourg, ce plan d'aménagement concerne la revalorisation de 800 hectares actuellement occupés par des terres agricoles et des friches industrielles. Le site accueillera plus de 100.000 habitants d'ici à 2025.

Située à la frontière du Grand Duché du Luxembourg, la communauté de communes du Pays Haut Val d'Alzette (huit communes, 27.000 habitants) est engagée dans une coopération transfrontalière pour le développement urbain et économique du secteur d'Alzette-Belval. Ce projet d'éco-agglomération concerne la reconversion de 800 hectares actuellement partagés entre la friche de Micheville (site minier à ciel ouvert de 333 hectares) et la plaine de Russange (450 hectares) à dominante agricole. En novembre 2009, il a reçu le label éco-cité décerné par le ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire (Meeddat). Ce label est attribué à des territoires urbains entreprenant des projets d'innovation architecturale, sociale et énergétique entraine, sur la base d’un partenariat entre l'Etat et la collectivité concernée, l’attribution de subventions et d'allégements fiscaux spécifiques. "Aujourd'hui, la frontière n'existe plus avec le Luxembourg. Avec 85.000 habitants, nous constituons un bassin de vie significatif pour développer un projet de cette ampleur", souligne indique Emmanuel Brandenburger, directeur des services de la communauté de communes du Pays Haut Val d'Alzette. "Au-delà de l'aspect environnemental, nous souhaitons requalifier le bâti existant et améliorer le cadre de vie pour attirer de nouveaux actifs." D'ici à quinze ans, l'éco-agglomération devrait accueillir plus de 100.000 habitants.

Un conseil communautaire transfrontalier se réunit tous les six mois

Après des années de déclin dû à la fermeture de sites industriels et miniers, la communauté du Pays Haut Val d'Alzette connaît un sursaut démographique grâce à la croissance économique du Luxembourg : +6,6% d'habitants depuis 1999, contre 3,83% au niveau national. Près de 70.000 Français travaillent de l'autre côté de la frontière, avec une majorité de professions qualifiées. "Le dynamisme luxembourgeois est une formidable opportunité. Actuellement, il est engagé dans la reconversion des friches de Belval en un site tertiaire qui attirera, à l'horizon 2020, près de 35.000 nouveaux habitants dont 20.000 actifs", explique Emmanuel Brandenburger. Si le Grand Duché propose un vivier d'emplois important, il manque de place et souffre d'une très forte pression foncière. Du côté français, même si les prix ont augmenté, l'accès à l'habitat demeure plus abordable. "Attention, l'idée n'est pas de devenir la 'cité-dortoir' du Luxembourg, mais de profiter de sa croissance en élaborant un programme d'aménagement cohérent et durable pour chacun", précise Emmanuel Brandenburger. En cinq ans, les deux partenaires ont structuré leurs relations à travers plusieurs rencontres (création d'un conseil communautaire transfrontalier qui se réunit tous les six mois) et engagements formels (signature d'une charte de développement durable en 2009). Ils seront bientôt réunis au sein d'un groupement européen de coopération transfrontalière (GETC), afin de mener à bien leurs projets.

150 hectares seront aménagés en éco-quartiers de 5.000 nouveaux logements

Avec le soutien de l'Etat, du conseil régional et des conseils généraux de Moselle et de Meurthe-et-Moselle, la communauté a mené des études, de 2005 à 2009, pour identifier les potentialités du versant français. "Le territoire est marqué par son passé minier et certaines zones, comme le site Micheville, restent difficiles à reconquérir pour cause de pollution. Il s'agit d'évaluer la qualité des sols et d'identifier les ressources foncières constructibles", indique Emmanuel Brandenburger. Actuellement, trois cabinets d'études travaillent au plan d'aménagement. Pour désenclaver la vallée de l'Alzette et désengorger le trafic du secteur, une voie de contournement de 6 km traversera le site d'ici à 2012 (38 millions d'euros, dont 20% financé par le Luxembourg). "Pour mieux intégrer cet axe au paysage, une coulée verte sera aménagée. Enfin, nous favoriserons les modes de transports doux et l'intermodalité", précise Emmanuel Brandenburger. En plus de réhabiliter le bâti existant et de valoriser le patrimoine naturel (cours d'eau et forêts), 150 hectares seront aménagés en éco-quartiers de 5.000 nouveaux logements, complétés par une zone d'activité de 4 hectares. "Nous n'avons pas encore une appréciation définitive des coûts, indique Emmanuel Brandenburger, mais une chose est sûre : cela dépassera largement les 26 millions d'euros des financements du contrat de projet Etat-région 2007-2013."

Laura Henimann / PCA, pour la rubrique Expériences du site Mairie-conseils

Communauté de communes du Pays Haut Val d'Alzette

17, rue Maréchal Foch
57710 Aumetz

Emmanuel Brandenburger

Directeur des services
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