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Fibre - L'échéance de 2022 devrait être respectée, selon l'Observatoire du THD

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Lucas Boncourt / EVS pour Localtis
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Infrastructures numériques, données

Selon l'Observatoire du très haut débit, 80% des locaux devraient être desservis en FTTH en 2022, conformément aux objectifs du plan national THD. La fin des Amel, annoncée par le gouvernement pour le 15 juin, ouvre la voie à une réouverture du guichet THD.

C'est avec une certaine satisfaction que les présidents de l'Avicca et d'Infranum, Patrick Chaize et Etienne Dugas, ont présenté les résultats de l'Observatoire du THD lors de l'ouverture du Trip de printemps, le 21 mai à Paris. Selon l'étude de l'Idate, commandée par les deux associations avec le soutien de la Banque des Territoires et du CGET, 80% des bâtiments (foyers, locaux professionnels) devraient être raccordés à la fibre d'ici à la fin 2022 conformément aux engagements du président de la République. "On en est certain" a assuré le président d'Infranum. Car pour aboutir à cette conclusion, les experts ont analysé les plans d'investissement des réseaux d'initiative publique, les commandes passées aux industriels et les informations des opérateurs sur les zones denses et Amii. 

L'accélération au rendez-vous

Selon cette analyse, l'accélération attendue est bel et bien au rendez-vous. "En 2017, on déployait 2,6 millions de prises par an, ce chiffre est passé à 3,2 en 2018. On devrait atteindre 4,3 millions de prises en 2019 avant un pic de 4,5 millions en 2020, date à partir de laquelle il devrait commencer à décroître" a détaillé le président d'Infranum. Les pénuries de main-d'œuvre et de fibre, évoquées l'an dernier comme des sources d'inquiétude majeurs pour réaliser ces objectifs ne sont plus vraiment d'actualité même si l'accélération de la cadence implique de fonctionner à flux tendu chez les industriels comme dans les collectivités. Reste encore quelques problèmes techniques comme la facilitation de la pose en aérien dans les zones rurales. Collectivités et industriels souhaitent ainsi que les normes de robustesse pour les pylônes électriques soient revues à la baisse. Augmentée à la suite des tempêtes des années 2000, elles imposent en l'état actuel de changer 1 pylône sur 3, ce qui renchérit et ralentit les déploiements.

Fin des Amel au 15 juin

Julien Denormandie, ministre du Logement - mais qui continue de piloter le plan PNTHD au sein du gouvernement - a assuré qu'un nouvel arrêté lèverait bientôt ce blocage en limitant les contraintes aux zones les plus ventées. Le ministre était cependant surtout attendu sur les Amel et la réouverture du guichet de financement de l'État. "Avec 18 mois pour accepter les premiers dossiers Amel, il est difficile de parler d'accélération !" a ironisé Patrick Chaize avant l'allocution du ministre. Ce dernier a assuré qu'au 15 juin, les Amel seraient terminés tout en estimant que cette procédure était "une bonne chose car les Amel ont permis d'économiser de l'argent public avec la construction, sur financements privés, de plus d'un million de prises".

5,7 milliards d'euros pour achever la couverture

Il reste maintenant à boucler le financement pour finaliser la couverture du territoire. Selon l'observatoire, fin 2022 il devrait rester 6,4 millions de prises à déployer. En éliminant les prises déjà financées, l'institut estime à 3 millions, le nombre de prises n'ayant pas encore trouvé de financement. Comme il s'agit de raccordements "longs" – dans des zones particulièrement difficiles d'accès – l'Idate évalue à 5,7 milliards l'investissement nécessaire. Du fait des mécanismes de cofinancement (public, privé, Europe...), l'institut estime le besoin de subvention de l'État à 800 millions d'euros. "Un montant très en dessous de ce qui était annoncé il y a quelques mois" a souligné le président Chaize dans l'attente d'un geste du ministre. "Le guichet réouvrira, a promis ce dernier, une fois la procédure Amel terminée. Pendant l'été nous évaluerons le besoin de financement, la réouverture du guichet pouvant intervenir à l'automne." Le ministre a reconnu qu'on devrait être en dessous du milliard d'euros, sans avaliser le chiffre avancé par l'Avicca et Infranum.

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