Développement durable - Les agences d'urbanisme ressentent l'appel du large

"Il faut aujourd'hui réinsuffler une stratégie d'aménagement du territoire avec les collectivités car nous avons besoin de mieux valoriser nos grands espaces, en particulier notre façade européenne", a expliqué André Rossinot, président de la Fédération nationale des agences d'urbanisme (FNAU), en présentant le programme de la 29e Rencontre nationale des agences d'urbanisme qui se tiendra au Havre du 22 au 24 octobre prochains. Les 51 agences et leurs partenaires pourront échanger sur le thème de "l'appel du large, de la ville aux grands territoires". Car les agences d'urbanisme ressentent de plus en plus le besoin d'élargir leur horizon de réflexion pour mieux prendre en compte les interactions entre territoires lorsqu'il s'agit, par exemple, de développer une offre de transports collectifs, de prendre en compte les effets de la périurbanisation ou de mener de grands projets culturels. La FNAU vient de décider d'adhérer à la mission opérationnelle transfrontalière, une dizaine d'agences étant aujourd'hui directement concernées par cette dimension. Elle souhaite aussi une forte reprise de l'activité de la Diact sur les réseaux de ville, aujourd'hui en panne.
La Rencontre du Havre sera aussi l'occasion pour la FNAU de signer un protocole d'accord avec le ministère de l'Ecologie sur la base du programme du Grenelle de l'environnement. L'Etat réédite son soutien aux agences d'urbanisme mais désormais 20% des crédits qu'il leur apporte seront négociés au niveau régional et une clause de revoyure est prévue au bout de deux ans.
Ces financements seront destinés à la mise en place d'un programme d'action décliné en cinq axes : "maîtriser l'urbanisation et renouveler la ville au travers d'outils de planification rénovés et de projets de quartiers bien intégrés dans leur environnement ; développer une offre de logements adaptée aux besoins de la population, au travers d'une évaluation précise des besoins, dans leur diversité, et d'une programmation permettant d'y répondre ; introduire et développer la nature dans les espaces urbains au travers de la mise en place de trames vertes et bleues et d'une plus grande coopération ville campagne ; promouvoir des politiques durables de mobilité au travers d'une articulation étroite entre urbanisme, développement économique et transports ; construire des outils partagés d'observation et d'évaluation au travers du renforcement des systèmes d'information dans le champ de l'environnement".

 

Dans l'attente du Grenelle 2

Les agences d'urbanisme entendent aussi apporter leur contribution aux nombreuses réformes en cours (mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement, urbanisme commercial, transfert du PLU au niveau intercommunal, etc.). Le bureau de la FNAU, qui vient d'être renouvelé suite aux dernières élections municipales, va tenir des réunions thématiques tous les deux mois sur ces différents chantiers, en les ouvrant à tous les élus et responsables d'agences intéressés. Le premier séminaire de ce type s'est tenu ce 15 octobre autour du futur projet de loi Grenelle 2. La FNAU a ainsi arrêté un certain nombre de propositions ciblées. Elle souhaite notamment que le texte renforce la portée stratégique des schémas de cohérence territoriale (Scot) tout en évitant qu'ils deviennent des "super PLU" et soient alourdis par des questions ne relevant pas de leur échelle. Elle défend aussi le principe des PLU communautaires ou intercommunaux afin de faciliter la cohérence des politiques d'urbanisme, de logement, de transport, d'économie et d'environnement. Elle souhaite également que les documents d'urbanisme aient une dimension de programmation pour renforcer leur portée et leur articulation avec les autres cadres de politique publique comme le plan local de l'habitat (PLH) ou le plan de déplacement urbain (PDU). Autre mesure défendue par la FNAU : instaurer une fiscalité qui favorise la densification et le renouvellement urbains et soit plus dissuasive par rapport à l'étalement urbain. Enfin, il faut selon elle soutenir le développement d'éco-quartiers conçus comme des projets urbains, avec un corpus de référence commun, mais éviter toute démarche normative qui se révélerait en contradiction avec leur objectif initial.

 

Anne Lenormand

 

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