Grenelle de l'environnement - Les comptes du Grenelle 1 passés au crible : 440 milliards d'investissement d'ici à 2020

Lors du passage de l'avant-projet de loi Grenelle 2 en comité de suivi, le 6 novembre dernier, le dossier préalablement transmis aux acteurs du Grenelle de l'environnement comprenait une étude ministérielle portant sur les coûts et bénéfices directs des 268 mesures arrêtées par la loi programme, dite Grenelle 1, adoptée le mois dernier par les députés. Ces coûts et bénéfices sont évalués tant d'un point de vue économique que social ou environnemental. Selon cette étude d'impact d'une cinquantaine de pages, la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement devrait nécessiter 440 milliards d'euros d'investissement et créer ou maintenir 535.000 emplois. Et ce sur la période 2009-2020, choisie "compte tenu de l'impact à long terme d'un grand nombre d'engagements".
Les quinze premières pages de l'étude sont consacrées à l'approche méthodologique. En complément y figure une évaluation réalisée suivant la méthodologie de "reconnaissance" des projets territoriaux de développement durable, de type Agendas 21. Cette première partie ne fait d'ailleurs pas l'impasse sur les incertitudes de chiffrage, notamment dues à l'évolution du coût des énergies ou à la difficulté de monétariser des biens et services environnementaux non marchands, tout particulièrement en matière de biodiversité. De même, les impacts des engagements sur la réduction des risques d'inondations ou ceux liés au plan national santé-environnement restent délicats à chiffrer. Dès lors, au même titre que la gouvernance et le pilotage des actions à mettre en oeuvre, l'évaluation "reste à ce jour un point de vigilance à mieux définir, dans ses objectifs comme dans sa méthode", précisent les auteurs de l'étude.
Le coeur du Grenelle reposant sur une nouvelle politique d'urbanisme et d'aménagement, il n'est pas surprenant de constater que le bâtiment est le secteur destiné à soulever le plus de fonds : 205 milliards d'euros, dont 192 pour la seule rénovation thermique des bâtiments existants. L'objectif fixé d'ici à 2020 est de faire chuter d'au moins 38% la consommation d'énergie du parc de logements existants. Côté transports, le cumul des impacts économiques sur 2009-2020 atteint 97 milliards d'euros, dont près de la moitié concerne la création de lignes à grande vitesse (LGV). Les gains environnementaux sont alors exprimés en tonnes d'émissions de carbone évitées. Côté énergies renouvelables, les investissements à déployer devraient atteindre 115 milliards d'euros de 2009 à 2020. Et la protection des milieux aquatiques nécessitera 23,2 milliards de fonds. Au final, ce sont ainsi 35 millions de tonnes de CO2 de moins par an qui seront rejetées à compter de 2013, soit une baisse de 10% par rapport à l'heure actuelle. Pour le seul secteur du bâtiment, l'économie réalisée est estimée à 12 millions de tonnes de CO2 par an à l'horizon 2013.

 

Morgan Boëdec / Victoires Editions

 

 

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