Les diplômés en sport et animation s'insèrent mieux sur le marché du travail

Près de quatre diplômés du sport et de l'animation sur cinq en 2024 avaient trouvé un emploi neuf mois plus tard. Les collectivités territoriales demeurent un débouché important pour ces nouveaux diplômés.

14.475 personnes ont obtenu un brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJeps) entre mai 2023 et avril 2024, et 78% d'entre eux avaient un emploi rémunéré début 2025, soit 4% de plus qu'un an plus tôt, nous apprend une note de l'Injep (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire) récemment publiée.

Dans le détail, 77% de ces diplômés BPJeps le sont dans la spécialité éducateur sportif – dont 32% en activités physiques pour tous, 28% en activités de la forme et 11% en activités aquatiques et de la natation – quand 23% ont obtenu leur diplôme dans la spécialité animation – dont 61% en loisirs tous publics et 27% en animation sociale.

À propos du diplôme, et de sa préparation en particulier, l'Injep précise encore que 61% des lauréats avaient reçu une aide financière pour suivre leur formation – 71% en filière animation et 58% en filière sport. Les subventions provenant de conseils régionaux sont les plus répandues : elles ont concerné 30,5% des diplômés aidés, devant les aides des employeurs et Opca (25%), de l'État et de Pôle emploi (19% chacun).

L'Île-de-France mieux pourvue en éducateurs

Ces nouveaux diplômés sont par ailleurs inéquitablement répartis selon les régions. La Corse ne compte ainsi que 4 diplômés en animation, contre 472 en Île-de-France. En sport, c'est encore l'Île-de-France qui cumule le plus de nouveaux diplômés (1.730), devant l'Auvergne-Rhône-Alpes (1.306), l'Occitanie (1.232) et la Nouvelle-Aquitaine (1.202), quand la Corse n'en compte que 90. 

Toujours en termes de répartition territoriale, les diplômés en sport sont légèrement surreprésentés dans certaines régions : outre la Corse, où ils pèsent pour 96% des diplômés, ils comptent pour 80% en Bourgogne-Franche-Comté, contre une moyenne nationale de 77%. À l'inverse, les diplômés en animation comptent pour 30% dans les Hauts-de-France et le Grand Est, et même 39% dans les territoires d'outre-mer, contre 23% en moyenne nationale.

Les associations, premières employeuses devant les collectivités

Parmi les diplômés de 2023 et 2024 en emploi début 2025, on remarque d'abord que pour 69% d'entre eux, leur emploi est en relation directe avec leur BPJeps (77% pour les diplômés de l'animation,  66% pour les diplômés du sport). De plus, on retrouve davantage de salariés dans le secteur animation (89% des diplômés en emploi) que dans le secteur sport (63%). "La pluriactivité, est une spécificité de l'emploi des diplômés du secteur sportif", précise l'Injep, qui ajoute que "le secteur sportif est aussi marqué par le poids des travailleurs indépendants".

Si l'on considère les emplois occupés par les nouveaux diplômés, on remarque que l'activité la plus fréquente est celle d'éducateur sportif ou de moniteur, pour 35% d'entre eux (dont 43% chez les diplômés du sport et 11% chez ceux de l'animation), devant celle d'animateur socioculturel (17,4% de l'ensemble et 33,1% chez les diplômés de l'animation). On note encore la part importante des diplômés de l'animation occupant un poste de directeur d'un accueil collectif (24,7%). 

Si les associations emploient 34,8% des diplômés occupant une activité rémunérée, les collectivités locales se placent en seconde position au rang des structures employeuses, totalisant 26,1% de l'ensemble, dont 34,3% des emplois du secteur de l'animation et 23,4% des emplois du secteur du sport. Les entreprises privées emploient de leur côté 21,2% des diplômés actuellement au travail et les administrations (hors collectivités), 5,9%, tandis que 3% sont à leur compte.

CDD et temps partiels subis

On relève encore que 3,8% des diplômés d'un BPJeps animation et 5,5% des diplômés d'un BPjeps sport en emploi bénéficient d'un dispositif d'aide à l'emploi. Dans la filière sport, les dispositifs les plus fréquents sont les parcours emplois compétences (CUI-CAE pour les employeurs du secteur non marchand ou CUI-CIE pour le secteur marchand), les emplois subventionnés par l'Agence nationale du sport (ANS) et les emplois d'Avenir. En animation, les parcours emplois compétences sont, de loin, le dispositif le plus sollicité.

Enfin, la note de l'Injep souligne que si la part de l'emploi stable est un peu plus élevée qu'avant la crise sanitaire, seuls 49% des diplômés d'un BPJEPS éducateur sportif en 2023 et 2024 qui ont trouvé un emploi bénéficient d'un CDI (contrat à durée indéterminé), contre 65% parmi les diplômés de l'animation. Une précarité à laquelle il convient d'ajouter le poids du temps partiel subi par 22% des diplômés de l'animation et 25,5% de ceux du sport, dont 49% déclarent souhaiter travailler plus.

 

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