Les grandes métropoles retrouvent leur pouvoir d’attraction en matière de création d’emploi

Le septième Baromètre Arthur Loyd constate un retour gagnant des métropoles dans la géographie des créations d’emplois en France, loin de "l’effet Covid" souvent mis en exergue ces dernières années. Les grandes métropoles tirent leur épingle du jeu et concentrent désormais l’essentiel des créations nettes.

Dans son dernier Baromètre de l’emploi en France, Arthur Loyd décrit une "nouvelle géographie de l’emploi" qui rebat quelque peu les cartes avec, comme grandes gagnantes, les "aires d’attraction régionales" que constituent les principales métropoles françaises. Cependant, au sommet de la pyramide, la région Île-de-France se taille la part du lion et pèse désormais autant que l’ensemble de ces métropoles régionales avec 38% des quelque 451.710 créations d’emplois nettes répertoriées entre le quatrième trimestre 2021 et le deuxième trimestre 2023. Soit un volume équivalent à l’ensemble des grandes métropoles régionales. Dans ce panorama, l’étude souligne que les départements franciliens sont "un moteur économique majeur" qui concentre désormais un tiers des emplois créés alors qu’ils ne représentaient qu’à peine 15% du total entre 2020 et 2021.

"C’est comme si le desserrement de l’emploi vers la banlieue parisienne avait subitement pris fin"

La région capitale, estime Cevan Torossian, directeur du département Études & Recherches de Arthur Loyd, bénéficie à ce titre de ses liens avec les flux internationaux qui l’irriguent. Paris représente à elle seule la moitié des créations nettes en Île-de-France (54%), soit près de 50.000 emplois. Une concentration "inédite sur les trente dernières années", souligne l’étude. "C’est comme si le desserrement de l’emploi vers la banlieue parisienne (...) qui a caractérisé l’Île-de-France depuis les années 1990 et qui a accompagné l’étalement urbain autour de Paris, avait subitement pris fin", commente Cevan Torossian. Un phénomène qui s’explique en partie par le comportement des entreprises tertiaires qui recherchent aujourd’hui davantage cette "centralité".

Quid dans ces conditions de "l’effet Covid" et du phénomène d’exode urbain largement mis en avant ces dernières années ? Arthur Loyd observe clairement un renversement de tendance avec "un phénomène notable de concentration vers les grandes métropoles". En résumé, densité urbaine rime avec création d’emplois. Ainsi, 24 départements métropolitains concentrent 82% des créations nettes d’emplois, a fortiori ceux qui bénéficient "du rayonnement d’une métropole régionale comptant plus de 500.000 habitants". À noter que parmi ceux-ci, 12 sont des départements franciliens.

A contrario, le baromètre d’Arthur Loyd pointe "un essoufflement de la dynamique des départements dépourvus de grandes métropoles" : les villes moyennes et départements ruraux qui avaient tiré leur épingle du jeu à l’occasion de la crise sanitaire perdent aujourd’hui du terrain. En d’autres termes, "la taille de l’aire d’attraction" est plus que jamais déterminante dans la dynamique de création d’emplois. Le solde redevient même négatif dans certains territoires tels que le Gers, le Tarn, les Vosges ou encore l’Yonne. Un constat moins prégnant dans les territoires bordant la façade Atlantique et plus globalement les zones côtières qui maintiennent mieux leurs positions.

Les métropoles, arme anti-déclin de l’économie française ?

Dans le top 20 des aires d’attraction régionales, on retrouve sans surprise Lyon, Toulouse, Marseille-Aix-en-Provence, Bordeaux, Nantes ou encore Rennes. Ce qui fait dire à Cevan Torossian que "à l’heure d’un nouveau ralentissement de la conjoncture, les métropoles apparaissent plus que jamais comme l’arme anti-déclin de l’économie française !"

L’observatoire aborde également la question des créations d’emplois à travers le prisme du développement des filières "vertes", qualifiées "d’espoir des petites villes". Les territoires localisés hors des grandes métropoles, concentrent actuellement les trois quarts des investissements observés dans ces filières. Un montant global qui atteint 12,8 milliards d’euros au premier semestre 2023. Et Arthur Loyd observe que "l’essor des projets industriels liés à l’économie verte offre l’espoir d’une redistribution des cartes dans le dynamisme des territoires".