Les habitants de Viens coconstruisent la mairie en matériaux biosourcés (84)

La nouvelle "maison commune" du village de Viens, dans le Vaucluse, a été construite en bois et en paille. Des matériaux biosourcés qui contribuent à réduire l'impact environnemental du bâtiment. Les habitants apprécient et certains ont même participé au chantier.

Le village de Viens, 640 habitants dans le Vaucluse, est perché sur un éperon rocheux, resserré autour de son château. C'est un joli bourg médiéval mais les bâtiments destinés à accueillir du public peinaient à se maintenir aux normes. Pour cette raison, en 2014, les élus décident de construire une nouvelle mairie. Un bâtiment de 150 m2 comprenant une salle des mariages, quatre bureaux dont celui du maire, des archives, une petite cuisine et des toilettes accessibles aux personnes à mobilité réduite. 

Une mairie en bois, briques de terre crue et paille

Ce bâtiment, les élus le veulent le plus économe possible, bien isolé et bien ventilé. Ils souhaitent également utiliser des matériaux naturels et locaux de façon à réduire les dépenses d'énergie grise (c'est ainsi que les professionnels désignent les dépenses d'énergies allant de la production des matériaux de construction au démontage du bâtiment lorsqu'il arrive en fin de vie). Pour cela, il est décidé de construire une ossature bois, isolée en paille pour les murs extérieurs recouverts d’enduits de terre et des cloisons intérieures en briques crues. La construction du bâtiment, implanté à proximité de l'ancienne mairie, commence en mai 2017 par un chantier participatif.

Chantiers participatifs réunissent les habitants

Les habitants de Viens ont une longue tradition d'entraide qui n'a pas été démentie durant la construction de la nouvelle mairie. La maire de Viens, Mireille Dumeste, s'en félicite : "Pour nous, la mairie c'est avant tout une maison commune, c'est donc appréciable que les habitants la bâtissent ensemble." Durant l'année et demie qu'a duré la construction, une demi-douzaine de chantiers de trois à quatre jours ont été organisés. Le week-end, ils ont mobilisé une trentaine d'actifs et en semaine une quinzaine de retraités. D'autres habitants de la commune, qui ne pouvaient pas s'engager sur des journée complètes, ont encouragé les travailleurs en apportant lors de la pause déjeuner qui un gâteau, qui une bouteille.
Le premier chantier participatif a été consacré à la fabrication des briques en terre crue, qui serviraient plus tard à la réalisation des cloisons. C'est une association d'insertion de Cavaillon qui a fourni la machine et encadré le chantier. Les élus auraient souhaité que les artisans locaux profitent de ce chantier novateur pour se former aux techniques de l'écoconstruction, mais ce ne fut pas le cas. Seul un artisan ferronnier a répondu aux appels d'offres et participé au chantier. 

Projet subventionné à 80%

L'écoconstruction n'en est qu'à ses débuts et ils sont prometteurs : le dossier présenté par la commune de Viens afin d'obtenir des subventions a été particulièrement bien accueilli. La préfecture de Vaucluse l'a sélectionné dans le cadre du contrat de ruralité et l'État a contribué à hauteur de 178.500 €. La région Paca a apporté 100.000 € et le département du Vaucluse 59.340 €. Le projet de 418.000 € a donc été subventionné à 80%. Le reste à charge pour la commune s'élève à 83.600 €.
Les élus de Viens avaient pensé que les chantiers participatifs permettraient à la commune de faire des économies, mais cela n'a joué que de façon marginale. L'essentiel n'était pas là, "les chantiers servaient en premier lieu à renforcer le lien social", observe la maire.

En novembre 2019, un an et demi après l’inauguration du bâtiment, ses utilisateurs sont ravis. En pleine canicule, alors que le thermomètre extérieur affichait 42°, la température dans la mairie n'a pas dépassé les 27°. En plus, le bâtiment exhale une odeur agréable, les enduits de terre crue absorbent le bruit et il émane de cette nouvelle construction une sensation de douceur, très appréciable dans un équipement public.

Haut de page