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Les missions locales se préparent à une réouverture "progressive" à partir du 11 mai

Les missions locales envisagent de premières réouvertures à partir du 11 mai, date officielle du début de déconfinement que le gouvernement doit confirmer jeudi 7 mai. Les structures devront alors faire face aux demandes d’emploi et de formation des jeunes.

Une réouverture "pas à pas". Suite au déconfinement annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe, l’Union nationale des missions locales (UNML) a publié avec les partenaires sociaux, jeudi 30 avril, une méthode d’organisation de réouverture des sites. Si la première phase de sortie du confinement est confirmée ce jeudi 7 mai, un accueil sur site sera possible pour les seules "situations d’urgence" dans les départements classés "verts" à partir du 12 mai. Dans le reste des cas, "le télétravail doit être maintenu partout où c’est possible, au moins pendant la première phase, c’est-à-dire jusqu’au 2 juin", préconise ce document, qui sera régulièrement remis à jour.

Depuis la mi-mars, cette obligation de travailler à distance, dans le contexte inédit de la pandémie, a transformé les conditions d’exercice du métier de conseiller en mission locale. Alors que le contact en chair et en os est habituellement privilégié avec les jeunes, ces relations ont dû être cultivées exclusivement à distance. Sur les quelque 1,1 million de jeunes accompagnés chaque année par les missions locales, "les conseillers ont maintenu le contact, en télétravail, avec 635.000 jeunes la première semaine et 413.000 jeunes la deuxième semaine de confinement", selon l’UNML.

Contacts par mails et SMS

Pour rester à disposition des jeunes en cas de difficultés financières ou sociales, certaines missions locales ont multiplié les sollicitations. Un effort nécessaire pour maintenir la même fréquence d’entretiens qu’avant le début de la crise sanitaire. "Il faut les stimuler", reconnaît Marc Zimmermann, directeur de la mission locale du Bord de Marne, à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). E-mails et SMS ont été privilégiés dans un premier temps pour insister sur l’importance du confinement et se rappeler aux nouvelles des moins de 26 ans.

A la mission locale rurale Nord Ouest Rhône située à Tarare (Rhône), chaque conseiller était déjà joignable avant le confinement sur un numéro de portable dédié. "Les jeunes ont déjà l’habitude de communiquer par SMS avec leur conseiller. Le lien est plus direct", explique son directeur, Thierry Receveur. "Quand on appelle avec le progiciel qui n’affiche pas de numéro, les jeunes ne décrochent même pas", souligne-t-il.

"Peu de retours" sur les outils de formation à distance

Dans cette période de confinement, l’enjeu pour les conseillers a aussi été d’animer leurs échanges avec les jeunes ne souhaitant pas ou ne pouvant pas travailler. "On a beaucoup travaillé sur la stimulation intellectuelle. Notre référent culture a envoyé des e-mails à 5.000 jeunes, avec des propositions pour les éveiller" telles que des films gratuits ou des cours d’anglais ou de français à distance, explique Marc Zimmermann.

Début avril, l’Union nationale des missions locales a recensé une série d’outils numériques utilisables à distance pour permettre aux jeunes de s’instruire ou de se cultiver. "On essaie de communiquer sur ces choses là, mais il y a très peu de retours", remarque Marc Zimmermann. En particulier pour ces jeunes, de nombreux freins existent, dont en premier lieu une mauvaise connexion internet ou un manque d’équipement. Pour remédier à ce problème, "on va proposer de participer à l’équipement numérique des jeunes, afin de faire de la visio, de s’auto-former et de jouer aussi", abonde Thierry Receveur, de la mission locale Nord Ouest Rhône, qui cherche à obtenir des financements auprès de collectivités pour ce projet.

Des difficultés à venir pour l’emploi des jeunes

Maintenant que la réouverture se profile, d’importantes questions demeurent : la fréquentation des missions locales va-t-elle fortement augmenter en raison des difficultés sociales des jeunes ? Quels seront leurs besoins et comment sera-t-il possible d’y répondre ?

Thierry Receveur s’attend surtout à une forte attente en emplois de nature alimentaire qu’il sera difficile de satisfaire en raison de la crise économique. Et ce d’autant plus que les emplois aidés, servant dans le passé de soupape, se sont fortement réduits… "On a de grosses inquiétudes sur l’apprentissage. Avec l’intérim, ce sont deux variables d’ajustement en période de crise", craint de son côté Marc Zimmermann.

"Il y aura des jeunes en situation sociale très difficile, mais certains secteurs économiques, comme le sanitaire ou le social, auront beaucoup de besoins", veut croire Jean-Patrick Gille, le président de l’UNML. Selon lui, il est encore trop tôt pour se projeter, vu le caractère inédit de la crise.  

 

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