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Les petites villes proposent un "fonds national de solidarité" pour les territoires

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C. Mallet / Localtis
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Organisation territoriale, élus et institutions

"Nous ne sommes pas surpris. Nos territoires sont souvent à la lisière des grandes agglomérations. Nous avons régulièrement tiré la sonnette d'alarme face aux dangers d'une métropolisation non maîtrisée". C'est ce qu'a souhaité rappeler Christophe Bouillon, le président de l'Association des maires de petites villes (APVF) qui présentait ses vœux ce 15 janvier, quelques heures avant qu'Emmanuel Macron n'aille à la rencontre des maires de Normandie pour lancer le grand débat.

Comme beaucoup d'autres élus locaux, les maires de petites villes sont prêts à être des "facilitateurs" de ce débat. Mais pas d'en être les "organisateurs". "On a des choses à dire. On ne peut pas se priver du débat et priver les habitants du débat", mais l'idée n'est pas d'être là pour "passer les plats", d'autant plus que les doléances exprimées jusqu'ici concernent surtout l'Etat, a poursuivi le président de l'APVF, député socialiste de Seine-Maritime.

Dans ce cadre, l'association a d'ores et déjà préparé un certain nombre de propositions, qu'elle devait présenter ce mardi après-midi au président du Sénat. Parmi ces propositions, celle d'un "nouveau contrat territorial". Ce contrat reposerait notamment sur un "fonds national de solidarité pour les territoires", a expliqué Christophe Bouillon, précisant que l'APVF avait travaillé et "fait évolué" la proposition de "1% Métropoles" (flécher 1% des recettes de la fiscalité économique des métropoles les plus riches vers le financement de projets structurants dans les territoires environnants) qu'elle porte depuis plusieurs années déjà. Ce fonds répond à la même logique que le 1% métropoles : les métropoles créent de la richesse, les citoyens y travaillent, puis rentrent dans leurs territoires périphériques qui, eux, ne profitent pas des services liés à cette création de richesses... "Le ruissellement territorial, ça ne fonctionne pas", tranche Christophe Bouillon, évoquant désormais une solidarité financière qui impliquerait "1 euro de la métropole, 1 euro de l'Etat et 1 euro de l'Europe", au profit en priorité de projets liés au numérique, aux transports et au développement économique.

L'APVF se veut à la fois "exigeante et constructive", a assuré son président, citant un certain nombre de dossiers sur lesquels s'exprimeront ses exigences : les dotations, pour davantage de "prévisibilité" ; la taxe d'habitation avec le récent "pas de deux" du gouvernement ("on voudrait atterrir", clame Christophe Bouillon) ; la revitalisation des centres-bourgs ("nous avons salué le programme Action Cœur de ville et ses 22 villes mais on voudrait élargir un peu le cercle, 300 à 400 petites villes sont concernées") ; la "modernisation des conditions d'exercice" des mandats locaux. Sur le côté "constructif", il a rappelé que son association avait participé à la Conférence nationale des territoires et fait des propositions pour la faire évoluer, s'est impliquée dans les Assises de la mobilité, a travaillé sur les questions de santé et prépare d'ailleurs un nouveau livre blanc sur le sujet…

C'est l'ancien président de l'APVF, Olivier Dussopt, qui représentait le gouvernement mardi pour cette cérémonie de vœux. Le secrétaire d'Etat a lui aussi listé un certain nombre de "rendez-vous" et sujets de discussions pour 2019 : les questions de santé justement avec la feuille de route d'Agnès Buzyn, les mobilités, la création de l'Agence nationale de cohésion des territoires, la fiscalité locale pour "trouver la bonne compensation", la fonction publique avec un projet de loi qu'il souhaite voir adopté "d'ici l'été"…

L'APVF, qui représente environ 4.000 villes de 2.500 à 25.000 habitants,  fêtera cette année ses 30 ans et prévoit de célébrer cet anniversaire les 19 et 20 septembre à Uzès.

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